‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 30 sur 87 · TRIBUNAL DE B A LIA · texte numérisé non relu

TRIBUNAL DE B A LIA

Parmi les monumens et les édifices publics qui appartiennent à l’époque du moyen âge, il en est qui ont des rapports si intrinsèques avec les costumes du temps , qu’il ne sera pas inutile de faire entrer dans ce Recueil ce qu’ils présentent de plus intéressant et de plus utile à la connaissance de l’histoire des républiques italiennes.

Sienne est une ville où la mode et le goût moderne ont j usqu’ici exercé si peu d’influence , que ses palais et ses édifices publics sont encore , à peu de changemens près , tels qu’ils létaient à l’époque où elle était libre. Les salles où siégeaient les magistrats offrent , dans leurs enceintes désertes , des détails pleins d’intérêt, et qui tous rappellent de glorieux souvenirs. C’est une de ces salles, le tribunal de Balia, que j’ai choisie pour faire connaître quelle fut dans les treizième et quatorzième siècles la disposition des tribunaux dans la plupart des villes libres.

Sienne commença à se régir par ses propres lois l’an î o/jo , et perdit sa liberté l’an 1 555. Dans l’origine de cette république le pouvoir fut confié à des consuls , et cent quatre-vingt-treize ans après , par suite des désordres qu’occasionaient les élections, ainsi que je l’ai déjà observé au n° i3 , la forme du gouvernement changea. L’administration passa successivement , et non sans dissensions et effusion de sang, des mains de magistrats élus partie de l’ordre des nobles et partie des plébéiens , tantôt à l’une ou à l’autre de ces deux classes de citoyens , et de ces diverses magistratures se formèrent les ordres ou monts, connus sous le titre de mont et ordre des neuf , des douze, des réformateurs et du peuple, dont les discordes troublèrent souvent l’État.

Enfin la magistrature de Balia fut créée le 27 novembre i4o3 , et sa durée eut pour terme la chute de la république \

A Pérouse, il existe encore une salle publique destinée autrefois au tribunal des marchands , dont la disposition est entièrement conforme à celle que je joins ici. Seulement elle est entourée d’un banc qui règne le long des murs , et dans le fond s’élève une tribune réservée aux orateurs.

Dans la plupart des autres villes , les tribunaux des marchands étaient placés sous d’élégans portiques , et les juges siégeaient sur des bancs de marbre semblables pour la forme à celui qui se voit dans la planche suivante , mais ordinairement ornés de sculptures et d’emblèmes.

* Siena , Archiv. delle riformagioni.

DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCCC. — 36.

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