CHEVALIER DE RHODES
Chassés de la Palestine, les chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem soutenaient dans File de Rhodes la gloire de leur ordre. Ils défendaient encore avec une valeur qui tenait du prodige ce dernier boulevard du Christianisme dans l’Orient ; mais quatre siècles d’héroïsme et de vertus ne devaient leur laisser que la gloire d’avoir lutté si long-temps contre les forces musulmanes. Les honteuses dissensions des princes chrétiens offrent une occasion trop favorable à l’habile Soliman pour ne pas en profiter. Ses flottes couvrent les mers et vomissent d’innombrables soldats sur les rivages de Rhodes. Les foudres de guerre ébranlent et renversent les remparts d’une ville défendue par une poignée de héros dont le péril réclame en vain les secours des monarques d’Europe acharnés à s’entre-déchirer. Les ossemens de cent mille infidèles attestent vainement les prodiges de valeur des intrépides hospitaliers. Pendant six mois ils bravèrent toutes les horreurs d’un siège dont les annales du monde pourraient à peine offrir un second exemple dans les siècles suivans. Enfin la trahison suppléa à la force : le 20 décembre 1 522 un petit nombre de chevaliers, que le fer et la faim avaient épargnés , fut contraint d’aller mendier un nouvel asile à leur valeur et à leur constance. L’empereur Charles Y leur accorda en i53o l’île de Malthe , et ils prirent alors le nom de Chevaliers de Malthe *.
L’habit de l’ordre fut approuvé, ainsi que je l’ai déjà dit au n° 3o, par Alexandre IY. Il m’a présenté quelques variations dans les monumens. Richard Caraccioli, mort en 1 3q5 , est représenté sur sa tombe dans l’église de Sainte-Marie-Aventine à Rome , avec un ample manteau dont le capu-
Muratori , Annal. d’Ital. , ann. i522 — i53o.
chon est renversé ; ce manteau est agrafé au cou , et ouvert sur le devant. Ce chevalier porte en outre une longue barbe. Il est coiffé d’un petit bonnet.
Le tombeau de Nestor Malvezza , dans l’église de Sainte-Marie du Peuple , offre un costume entièrement semblable à celui que je donne ici. Ce Malvezza mourut l’an 1488.
C’est ce même François Aringhieri dont j’ai donné le portrait au n° 3o , qui , dans un âge plus avancé et vêtu du majestueux habit religieux des chevaliers de Rhodes , figure dans la planche suivante. Il est coiffé d’un bonnet de velours noir orné de petits boutons d’or. Le manteau est de drap noir , et tout ce qui se voit du reste de ses vêtemens est de velours noir. La croix est blanche.
MCCC. — N0 UU.