PAS D’ARMES
Les pas d’armes étaient des combats qui s’entreprenaient par un ou plusieurs chevaliers. Ils choisissaient un lieu ordinairement en rase campagne , qu’ils proposaient de défendre contre tous venans, comme un pas ou passage qu’on ne pouvait traverser qu’avec cette condition de combattre celui ou ceux qui le gardaient *.
Froissart nous a laissé une relation détaillée du pas d’armes défendu pendant trente jours, l’an i3qo, par trois chevaliers français, contre tous venans du pays d’Angleterre ou d’ailleurs. J’en transcris ici le passage, qui peut servir à expliquer la planche suivante, copiée d’après une des miniatures qui accompagnent le récit de cet historien , dans un manuscrit conservé en Angleterre.
« Les trois chevaliers apprenant l’arrivée des plus nobles chevaliers d’An- » gleterre et d’Ecosse , ils envoyèrent tendre sur la place entre St-Juqueluert » et Calais trois pavillons vermaux moult beaux et riches : et à l’entrée de » chacun pavillon, et par devant avoit deux targes qui là pendoient armoyées » des armes des seigneurs : une targe de paix et l’autre de guerre. Et estoit » ordonné que ceux qui courir ou faire armes voudroient , à l’un d’eux de- » voient toucher , ou envoyer faire toucher l’une des targes ou toutes deux * s’il leur plaisoit : et ils seroient recueillis et délivrés de j ouste, selon qu’ils <> demanderoient »
Les chevaliers français conduisirent à fin leur entreprise avec gloire. Pendant quatre jours ils soutinrent , sans vider les arçons , les assauts multipliés de l’élite des chevaliers anglais , et ils attendirent en vain pendant les vingtsix autres jours de nouveaux combattans.
Ducange , Dissertation IV , pag. 166. Hist. de Joinville.
Le chevalier qui frappe sur l’écu de sou adversaire, a le cimier orné de plumes blanches; la cotte d’armes est rouge, l’armure d’acier, et l’écu blanc traversé de deux bandes rouges. L’armure du cou et de la tête du cheval est dorée. La housse est blanche avec doublure bleue , et traversée par des bandes rouges. La bride est ornée de filets blancs et de franges rouges. La selle est de velours bleu , et l’étrier doré est soutenu par une courroie rouge. L’écuyer de ce chevalier a une cotte d’armes verte , l’armure est d’acier , les manches du pourpoint sont rouges et le bonnet est noir. Les harnais du cheval sont rouges avec des ornemens blancs ; la selle est de cuir brun.
Le chevalier dont la lance est brisée porte un écu blanc avec une bande bleue et trois étoiles d’or. Le casque a un dragon doré pour cimier. La selle est rouge et la bride bleue. L’armure du cheval est dorée. L’écuyer porte un bonnet et un pourpoint rouges avec une cotte d’armes bleue.
Le maréchal qui chasse le chien a la partie gauche jusqu’à la ceinture brun rouge, ainsi que la jambe droite : le reste est bleu.
Les trois hérauts des tenans ont des cottes d’armes et des bannières ornées de leurs armoiries : ils sont placés à la barrière de la lice.
DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES.
MCC. — !\° 5.