‹ Costumes historiques des XIIIe, XIVe et XVe siècles, extraits des monuments les plus authentiques de peinture et de sculpture, dessinés et gravés (volume 2)Chapitre 66 sur 87 · ARCHEVEQUE · texte numérisé non relu

ARCHEVEQUE

Les auteurs ecclésiastiques font remonter à saint Pierre l’ordre présent de la hiérarchie du clergé. Il donna , disent-ils, à ceux de ses disciples. dont la juridiction devait s’étendre sur tout un royaume, le nom de patriarches. Le titre d’ archevêque appartint à ceux qui étaient placés à la tête dune province. Enfin , il désigna sous le nom d 'évêques ceux qui relevaient d’une métropole *.

Le chapeau des évêques était semblable à celui qui fut en usage parmi les anciens Romains. Le père Piscara dit qu’il devait être de deux Sortes. L’un semblable à celui des cardinaux ( nos 2 3 et 55) ; l’autre plus simple , mais tous les deux d’un tissu de -laine noire à l’extérieur, et le dessous doublé de soie verte. Ils étaient retenus par deux cordons de soie verte.

L 'aube est une robe blanche de lin longue jusqu’à terre. Elle devait être retenue par une ceinture de lin entrelacé et tordu.

La dalmatique est une tunique dont l’usage appartient aux évêques ainsi qu’aux diacres. Elle a la forme d’une croix , et est ouverte sur les côtés. Le père Magri dit que la dalmatique était anciennement blanche , ornée de deux raies rouges devant et derrière. Daprès l’ancien rituel romain , il paraît que les évêques devaient porter l’aube avec la ceinture, l’amict (n° 5i ) , la dalmatique majeure et la mineure, et enfin la chasuble (nos 27 et 5i ).

La dalmatique des évêques différait de celle des diacres en ce quelle avait les manches plus larges.

L’anneau ayant été anciènnement un signe de noblesse et d’autorité ,

appartint à ce titre aux évêques et aux archevêques. G’est encore le symbole

* Ughellius , liai. Sac. Tom. I, pag. 4- D.

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de l’union de l’évêque avec l’Église. L’anneau a été constamment d’or et se porte à la main droite qui est celle qui bénit. J’ai déjà parlé des gants au n° 5i .

La mitre est un attribut des évêques dont l’usage commença à une époque assez difficile à préciser. Dans les premiers siècles , elle fut constamment de toile blanche ou de lin; mais dans la suite on commença à la faire de tissu d’or, et à l’enrichir de pierres précieuses. Deux bandelettes terminées par une petite frange pendent de la mitre *.

Les évêques portent trois sortes de mitres , ainsi que l’explique D. André Piscara **. L’une précieuse, formée d’un tissu de soie et or, et enrichie de perles et de pierres précieuses ; la seconde est également de soie et or, et se désigne sous le nom d 'auriphrigiata : enfin la troisième , appelée mitre simple, est de soie blanche.

La crosse est encore un des attributs des évêques. Ce bâton pastoral est souvent désigné en latin par les noms de baculus pastoralis , pedum > ferula et cambuta. La première origine en est incertaine; la forme en varia souvent, car il n’était dans l’origine qu’un simple bâton terminé par une croix ou surmonté d’une boule. 11 est ordinairement de bois recouvert d’une plaque d’argent; son extrémité supérieure est recourbée et richement travaillée. D’après les peintures anciennes , il paraît que les archevêques , indépendamment de la crosse , portaient aussi le bâton pastoral terminé par une croix , comme dans la planche suivante.

Le costume que je donne ici est extrait du tombeau d’un archevêque de la famille Foscari, dans l’église de Sainte -Marie-du-Peuple à Rome, et je l’ai encore enrichi de plusieurs détails fournis par les pierres sépulcrales qui se trouvent en si grand nombre dans les églises. 11 me serait difficile de préciser ici une couleur pour la chasuble et la damaltique , les ayant trouvées si variées dans les peintures et les anciennes miniatures.

* Philip. Bonanni , Gcrarchia ecclesiastica.

** Cerem. Sacr. cap. 4- sess. 5. lib. i“.

ÆCCC, JVf $ (D ,

DES XIII% XIVe ET XVe SIÈCLES.

MCCC. — N° 80.

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