VII. — ÉDUCATEURS
Nous terminons cet ouvrage par la biographie de trois Bourguignons de la Côte-d'Or qui se sont particulièrement distingués dans la carrière aussi méritoire que laborieuse de l'enseignement.
De Lanneau (1738-1830).
De Lanneau était, à la Révolution, religieux doctrinaire et principal du collège de Tulle. Il prêta le serment civique, fut quelque temps vicaire général d'Autun, puis, renonçant à la prêtrise, se maria et remplit différentes fonctions administratives. Mais il était né pour enseigner : sa vocation fut plus forte que tout et, en 1797, il demanda et obtint l'emploi de censeur au Prytanée Français, devenu depuis le Lycée Louis-le-Grand. Il le garda un an, et le résigna pour fonder une institution dans les bâtiments mêmes de l'ancienne maison de Sainte-Barbe.
Il réussit à tous les points de vue : la nouvelle Sainte-Barbe devint un établissement modèle dont les règlements furent adoptés en partie par l'Etat, lors de la création de l'Université.
A la Restauration, les ennemis de Lanneau le dénoncèrent comme prêtre marié et le firent déclarer indigne tle participer à l'éducation de la jeunesse. Il dut courber la tète devant l'intolérance de ses persécuteurs et s'ell'acer, au moins nominalement, derrière son gendre et son lils. Il resta néanmoins à Sainte-Barbe, où rien ne se lit, comme précédemment, que par son avis. Sa mémoire, chère à tous ceux qui ont été élevés à Sainte- Barbe, est également honorée par tous les amis de l'instruction.
Guéneau deMussy (1776-1835).
Guéneau de Mussy fut l'un dos premiers collaborateurs de Fontanes dans l'organisation de l'Université de France. 11 a rendu des services à ce grand corps public, et, à ce titre, il mérite quelque reconnaissance. C'était d'ailleurs un esprit timide, à qui les nouveautés étaient facilement suspectes et qui ne comprit jamais la grandeur et la portée de la Révolution. En fait de pédagogie, il n'allait pas au delà de Rollin, dont il a écrit le panégyrique. L'un des instigateurs de la réaction anti-philosophique qui marqua les premières années de ce siècle, il fut naturellement en faveur sous la Restauration et il en profita quelquefois pour soustraire aux rigueurs du pouvoir tel universitaire dénoncé comme indévot ou libéral. Cette conduite doit nous rendre moins sévères pour l'étroitesse de ses idées.
Onpeut le louer aussi d'avoir contribuée introduire dans l'enseignement secondaire l'étude de l'histoire et d'avoir protégé les pénibles débuts de renseignement primaire public dans notre pays.