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I. — AGRICULTEURS

L'agriculture bourguignonne ne compte aucun de ces grands noms qui s'imposent au souvenir. Force nous est, puisque nous ne pouvons parler de nos contemporains immédiats, parmi lesquels on trouverait nombre d'agriculteurs distingués, de nous op. tenir à la biographie d'un honnête homme qui, après une curieuse carrière politique, se fit cultivateur (c'était son mol) et vint chercher aux ebamps, avec l'oubli de sis déceptions, un emploi honorable et utile de ses dernières années.

Frochot (1761-1828).

Né à Dijon en 1761, Frocbot était, au moment de la Révolution, prévôt royal et notaire au bourg d'Aignay-le-Duc. Ses compatriotes L'envoyèrenl aux Ftats généraux. Il y devint l'admirateur et le partisan fidèle de Mirabeau, qui l'admit dans son intimité, le voulut de préférence à tout autre à son chevet de mourant, et le nomma son exécuteur testamentaire, mais à titre gratuit, faute de pouvoir lui faire accepter aucun legs.

La Terreur n'épargna pas Frochot; il fut emprisonné jusqu'au 9 thermidor. Devenu à cette date administrateur de la Côte-d'Or, il s'employa de son mieux à apaiser les passions et à ramener le calme avec l'ordre. 11 se trouvait par hasard à Paris aumoment où le Premier Consul remaniait l'organisation des départements et nommait aux préfectures.

cô ie-d'or

Le souvenir de l'amitié qu'il avait inspirée à Mirabeau valut à Frochot d'être mis sur la liste des candidats; la conduite qu'il avait tenue depuis 1793, lui valut d'être nommé préfet de Paris. « Je vous ai choisi, lui dit Bonaparte, parce qu'ayant été maltraité par la Révolution vous n'en êtes pas moins resté attaché à ses principes, et que, membre du directoire de la Côte-d'Or, après avoir été longtemps persécuté , vous n'avez persécuté personne . » Bel éloge et bien mérité ! Frochol se montra d'ailleurs à la hauteur de sa tâche et fut, pendant douze ans, un préfet modèle qui sut entretenir, assainir, embellir la grande ville confiée à ses soins. Mais en 1812 il trouva sa pierre d'achoppement dans la conspiration du général Malet.

Détenu dans une maison de santé pour cause politique, le général Malet s'échappe un beau soir, revêt son uniforme et se présente à la caserne Popincourt où, en vertu d'ordres de service par lui fabriqués, il prend le commandement des troupes. Il se saisit du préfet de police qu'il fait écrouer aussitôt à la Force ; il occupe l'Hôtel de Ville et ordonne au préfet Frochot de tout préparer pour installer dès le lendemain le gouvernement provisoire dont il lui désigne les membres ; il essaye de s'emparer du commandant de la l re division, le général Hulin, et comme celui-ci résiste, il lui décharge son pistolet en pleine figure; il se rend ensuite à l'Etat-Major où il est enfin reconnu et arrêté par l'inspecteur général de la police. Tout cela eut lieu dans la nuit du 23 au 24 octobre 1812. Cette audacieuse tentative servit, malgré son avortement, à montrer combien de faiblesse se cachait sous l'absolutisme du gouvernement impérial. 11 avait suffi

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