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ÉRUDITION

On appelle érudits de savants hommes dont les

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recherches patientes ont pour but de nous faire mieux connaître les monuments, soit littéraires, soil historiques, de l'antiquité et du moyen âge.

Saumaise (1588-1658).

L'érudition appliquée à la littérature est née en Italie à la Renaissance et a fleuri tour à tour, d'abord dans son pays d'origine et en France, puis en Angleterre et en Hollande, enlin en Allemagne. Parmi les français qui s'y sont le plus distingués, on cite après Scaliger, Henri Estienne et Casaubon, le Bourguignon Saumaise que ses contemporains saluèrent du nom de Grand. Comme il serait trop long d'entrer dans le détail de ses travaux, bornons-nous à rappeler qu'il découvrit dans la bibliothèque de Heidelberg te précieux manuscrit de l'Anthologie de Céphalas, c'est-àdire du recueil le plus complet de la poésie légère des anciens Grecs. Cette découverte lui vaudra toujours de la part des hellénistes un souvenir reconnaissant. L'érudition historique date chez nous de la fin du xvi" siècle et elle y a pris un développement considérable grâce d'abord aux Bénédictins de Saint-Maur et de Saint- Vannes et ensuite à l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres. On trouve parmi les Bénédictins illustres trois Bourguignons de la Côted'Or, DomMartène, Dom Clément, Dom Clémencet. On peut citer à côté d'eux un prêtre séculier, l'abbé Sallier à qui nous devons entre autres travaux la publication des agréables poésies de Charles d'Orléans et surtout deux magistrats qui furent l'honneur du Parlement et de l'Académie de Dijon.

Le parlement de Dijon fut, avec celui de Bordeaux, l'un des plus riches en illustrations. Son

ÉCRIVAINS S

homme le plus célèbre est, sans contredit, le président Jeannin. que nous passons sous silence parce quil n'est pas né dans la Côte-d'Or. Nous le retrouverons en Saône-et-Loire. Restent les présidents Bouhier et de Brosses qui, l'un à la fin du xvu* siècle l'autre à la fin du xvni , furent à la tête de cette grande compagnie judiciaire et y brillèrent, non seulement par leurs qualités professionnelles, mais par 1 étendue de leurs connaissances et par leurs lumières. Ils prirent l'un et l'autre une pari active aux travaux de 1 Académie de Dijon.

On se moque volontiers des Académies de province et on répète souvent à leur endroit ce que Voltaire disait de celle de Soissons qui se qualifiait de fille de l'Académie française. « C'est une honnête fille, et qui n'a jamais fait parler d'elle. » On peut être honnête et faire parler de soi : l'Académie de Dijon en est la preuve. C'est elle qui. par ses sujets de concours, a enflammé l'imagination et l'éloquence de Jean-Jacques Rousseau et révélé ce grand écrivain à lui-même et à la France. En posant ces deux questions :1°« Si les arts et les sciences ont plus servi que nui au bonheur et à la vertu des hommes; » 2° « Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes », elle donna à Rousseau le moyen de se faire connaître et commença cette gloire à laquelle devaient bientôt mettre le sceau l'Emile, la Nouvelle Héloïse, le Contrat social, en attendant les Confessions. N'eût-elle rendu que ce service au pays, l'Académie de Dijon aurait des titres sérieux à sa reconnaissance ; mais elle a eu par surcroît des membres estimables ou même illustres et elle a provoqué des travaux considérables.

Bouliier (1673-1746).

Le président Bouhier membre de l'Académie française en 1727 et l'un des fondateurs de l'Académie de Dijon en 1740, a mérité de d'Alembert ce bel éloge : « Jurisprudence, philologie, critique, lanoues savantes et étrangères, histoire ancienne et moderne, histoire littéraire, traductions, éloquence et poésie, il remua tout, il embrassa tout; il fit ses preuves dans tous les genres et, dans la plupart, il lit des œuvres distinguées et dignes de sa haute situation. »

Ajoutons qu'il savait encourager et aider les littérateurs. Crébillon et Piron trouvèrent en lui un protecteur efficace.

De Brosses (1709-1777).

Le président de Brosses n'est pas moins estimable comme magistrat et comme écrivain, et il serait entré lui aussi à l'Académie française, où son ami Bull'on soutenait sa candidature, s'il n'avait eu le malheur de se brouiller avec Voltaire. Hâtonsnous de dire que les torts n'étaient pas de son côte. Voltaire fut d'autant plus intraitable qu'il n'avait pas raison et il prit un malin et vicieux plaisir à faire échouer le président, malgré la bonté de ses

titres.

De Brosses a composé un Mémoire sur le culte deî Fétiches, une Histoire de la navigation aux Terres Australes, un Essai sur la formation des langues, une Histoire du vn e siècle de la République Romaine. Ce dernier travail est une tentative de reconstitution d un ouvrage de l'historien latin Salluste dont il ne nous reste que de courts fragments.

ÉCRIVAINS

De Brosses avait, en 1739, visité l'Italie. Il a écrit, sous forme de lettres pleines d'esprit et de] gaieté, une relation de son voyage qui est encore agréable a lire.

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