ORGANISÉ P:N L'HONNEUR DES ÉTRANGERS
et dans le haut Niger [*), on pourra juger du nombre d'incidents, de rencontres imprévues qui sont réservés au voyageur dans ces contrées et c'est certainement dans cette variété de spectacles que réside le plus puissant attrait qui porte les âmes viriles à rechercher les attachantes émotions de cette vie d'aventures et de dangers.
« Ces marches silencieuses, par des sentiers à peine tracés, ont quelque. chose de fantastique !
« Derrière le guide qui ouvre la marche s'avance le chef de la colonne, suivi de l'interprète et des spahis d'escorte ; puisse déroule le long défilé de la troupe, des animaux, des porteurs et des auxiliaires suivant à la file indienne.
(( Par moments, des rumeurs étranges se font entendre sous bois. Ce sont des troupeaux de bœufs sauvages, d'antilopes que le bruit a dérangés dans leur retraite et qui fuient pleins d'épouvante. Les chevaux, sentant l'odeur du fauve, n'avancent qu'avec méfiance, dressant l'oreille, tressautant au moindre bruit. Parfois, terrifiés, ils s'arrêtent brusquement; on peut apercevoir alors sur. le sol les empreintes fraîches laissées par le passage d'une hyène, d'une panthère, ou du roi des forêts.
« Au point du jour, ce sont les animaux aux espèces curieuses et variées dont regorgent ces contrées du haut Sénégal qui se lèvent et fuient en troupes à votre approche ; ce sont des compagnies nombreuses de pintades, de perdrix qui, peu farouches, courent sous les pas des chevaux ; ce sont des troupes de cynocéphales dont quelques-uns ont le corps couvert d'une épaisse crinière, qui de loin les fait confondre avec des lionceaux. Campés sur des rochers, ].es mains armées de grosses pierres, ils semblent tenir conseil, pour décider s'ils doivent vous barrer le passage. Par bravade, ou pour vous faire battre enretraite,lesplusaudacieux s'avancent même résolument à votre rencontre, cherchant à vous effrayer par leurs horribles grimaces et parleurs aboiements furibonds.
« Quelquefois, des cris perçants, redoublés, sorte d'appel, frappent les oreilles : ce sont les cris d'un petit oiseau qui, avide de miel, m;iis n'osant s'attaquer aux ruches d'abeilles sauvages établies