chapitre en citant l'opinion émise sur les Signars
par un écrivain éminent, M. le D"" Bérenger-Féraud qui, dans un
SENEGAMBIE
séjour de plusieurs anuées au Sénégal, a beaucoup vu et a su
Fig 10. — Signarc en grand costume. (Aquarelle inédile de Darondeau.)
observer, et dont l'indépendance d'esprit et la droiture de caractère garantissent l'entière sincérité.
(( Je me plais à affirmer que j'ai connu nombre de mulâtres
CÔTE OCCiriENTAI.E DAIUIQLK. î*
(sir/nars) qui valent assurément mieux que des blancs ou des noirs. I Les uns avaient en beauté corporelle, en esprit, en savoir, en rec- 1 titude de jugement un lot que bien d'entre nous pourraient envier. Les autres ont fourni une carrière honorable, pleine de dévouement, de bravoure, de pFobité, de manière à pouvoir se comparer aux individus les plus favorisés de n'importe quelle origine de tous les pays du monde. Loin de moi donc, je le répète, la pensée de jeter la défaveur ou la déconsidération sur les individus en particulier, d'autant que je compte parmi mes amis des mulâtres pour lesquels j'ai affection et estime... »
Intérieur de Sigxare. — Négresses jouant au kouri. — Le kouri est un jeu très répandu dans le Soudan; nous l'avons observé dans le haut Sénégal et dans le haut Niger; on le rencontre, paraît-il, également chez toutes les peuplades du littoral jusqu'au delà du Congo.
Dans un petit bloc de bois équarri, sont creusés, disposés deux à à deux, douze, vingt et quelquefois quarante petits trous: à chacune des extrémités se trouve une cavité beaucoup plus grande qui sert de prison aux jetons enlevés à l'adversaire.
La partie se joue à deux; on se sert comme jetons, de graines de la grosseur de petites noisettes; chaque joueur en possède un nombre égal à quatre fois celui des trous placés devant lui.
Ces jetons étant distribués, par quatre, dans ces cases, le jeu est fait. Chaque joueur joue alternativement, prenant les jetons de l'une de ses cases, à son choix, il les dépose un par un, dans les cases qui suivent. La répartition faite, il ramasse tous les jetons placés dans les cases de son adversaire qui ne comptent qu'un ou deux jetons seulement et la partie continue ainsi jusqu'à ce que, faute de jetons, l'un des rivaux ne puisse jouer à son tour.
Le gagnant est celui qui a ramassé le plus grand nombre de jetons. Les combinaisons de ce jeu ne sont pas très nombreuses, elles exigent néanmoins de la part des noirs une assez grande tension d'esprit. Les signares excellent à le jouer.
De la. chasse en Sénégambie. — Dans toute la Sénégambie le gibier abonde.
Dans les plaines se troiivent en grand nombre : cailles^ canards, perdrix, pintades, outardes, etc.; dans les pâturages paissent des herbivores de toute espèce : biches, antilopes, sangliers, bœufs sauvages, girafes, hippopotames et éléphants. Les grands bois sont fréquentés par les hyènes, les panthères et les lions. Les vastes espaces incultes situés entre le haut Sénégal et le haut Niger, raro-
IN TAM-TAM AlglEL TOUT LE VILLAGE PReI
SEXÉGAMBIE
ment troubles jusqu'à ces dernières années, par la présence de l'homme, et que les colonnes françaises parcourent aujourd'hui dans tous les sens, sont particulièrement favorisés sous le rapport de l'abondance du gibier.
Parle récit ci-après de la marche de l'une de ces colonnes, que nous extrayons de notre ouvrage : Campagne dans le haut Sénégal