CHAPITRE IX
COTE DE CAMEROUN. — Aspect général. — Habitants. — Pirogues tic la côte et des rivières du golfe de Guinée. — Pirogues de guerre de Bonny. — lies Elobey..
A la pointe sud de la baie de Biaffra, et la côte s'élève, en arrière, apparaît une succession de plateaux montueux sioLmlièrement découpés et dominés par de nombreux pics dont l'un atteint l'alti-: tude de 4197 mètres. C'est le massif des monts Camerouns, aux flancs escarpés et aux vallons couverts de la plus rich(^ végétation.
Cette partie de la côte est très découpée : elle forme notamment, au sud de ce massif montagneux, un vaste estuaire qui porte le nom de rivière de Cameroun.
La côte de Cameroun est placée sous le protectorat allemand, dont les possessions s'étendent jusqu'à la rivière de Canipo.
A cette rivière commence le territoire français, qui se prolonge sans discontinuité jusqu'à nos possessions du Congo.
HABrrANTS. — Les nuirs qui liabitcnt le Cameroun appartiennent aux mêmes races que ceux qui [)euplent notre colonie du Gabon.
Quant aux produits, ils sont les mêmes que ceux de la côte de Calabar et de la côte des Esclaves.
Pas plus qu'à Porte-Seguro et à Petit-P()i)o, l'Allemagne n'entretient à Cameroun de garnison proprement dite.
CÔTE occioKNTAr.r; iiAriiîoi r. •^X
Les matelots européens et indigènes des navires stationnés sur cette côte constituent la seule force militaire du protectorat.
Pirogues de la côte et des rivières du golfe de Guinée. — Sur toute la côte du golfe de Guinée, les indigènes se servent pour la pêche ou pour la navigation des lagunes, de grandes pirogues.
Le roi de Grand-Bassam avait fait construire une barque de suerre d'une seule pièce, ornée de sculptures fétiches, qui pouvait contenir cent guerriers et cent rameurs.
Pirogues de guerre de Bonny. — Les pirogues de la rivière de Bonny sont remarquables par leur grandeur et par le nombre de leurs pagayeurs.
L<'S pirogues de guerre, notamment, sont montées par cinquante, cent et ({uelquefois cent cinquante guerriers. Des familles entières, depuis l'enfant de sept ans jusqu'au vieillard, font partie de Péquipnge. Accouplés deux par deux, armés de leurs pagaies, ils manœuvrent tous avec un ensemble admirable, imprimant à l'embarcation une vitesse vertigineuse.
Une toiture légère, dont la carcasse est faite avec des bambous, abrit<- du soleil, de la pluie, et de la rosée de la nuit.
Chaque pirogue de guerre possède son orchestre, composé de tam-t;tms, de clochettes de fer, de fifres, et de cors d'ivoire qui servent de trompes. Tous ces instruments produisent une musique sauvîiize h laquelle se joignent les hurlements de tout l'équipage.
Plusieurs voyageurs ont rapporté le magnifique spectacle que leur présenta la flottille de pirogues montées par cent naturels, sillonnant les neuves du Niger, du Gabon, du Congo, etc.
Lrs indigènes de la côte de Cameroun possèdent eux aussi des pirogues qui ne le cèdent pas, comme élégance et solidité de construciion, à celle des habitants du reste de la côte d'Afrique.
L'oir'flro, dit M. le D"" Barret dans V Afrique occidentale, pirogue, iiistruiuiiit (le pêche, est surtout un moyen de locomotion remarquable. Dans niio contrée où les seules voies praticables sont la mer et les rivicu's, où il n'existe d'autre route que des sentiers pénibles, et de iHodt' <le transport que le dos des hommes, la pirogue, unique en son geun-, ilovieiit un véhicule de première nécessité. Sa légèreté permet de
DÉPENDANCES DU SÉNÉGAL
la traîner à terre, lorsqu'on rencontre un rapide, et de la soulever à force de bras au delà de l'obstacle. Sa rapidité lui fait parcourir en peu de
temps de grandes distances
La rjnanda, pirogue ordinaire, de petite dimension, porte de quatre à six pagayeurs sur deux rangs, avec une étroite chambre de poupe à l'usage des voyageurs et de la charge. Creusée d'une seule pièce dans
Fig. 192. — Indigène commerçant de la côte de Cameroun.
un bois léger, elle a la forme d'un fuseau ou du poisson bonite. Son fond plat, qui frôle la surface, son avant et son arrière relevés, la rendent extrêmement mobile. Elle s'accommode mieux des eaux calmes que des courants violents, et la prudence demande qu'on n'y fasse plus, une fois en place, de mouvements intempestifs.
Nous avons vu, sur la côle de Guinée, la manœuvre de ces pagayes, courtes rames en forme do pelles , maniées d'une seule ou des deux mains, les chants qui l'accompagnent, le roulement des voix, traînant
d'abord sur un mot, qui, peu à peu, s'exalte jusqu'à la violence, augmente, par l'entraînement et le phénomène physiologique de Teffort, avec la force déployée, la rapidité delà marche, et entretient, chez l'équipage galvanisé une activité presque indéfinmient soutenue
Fig. 1%, — Foiume de Cameroun, cote de Cameroun, possession allemande.
Les Lopez ont la spécialité des grandes embarcations de charge et de cabotage, creusées dans le jet superbe de l'okoumé et du ponJja. La légèreté de l'okoumé, prisé à juste titre . est surtout favorable à leur construction et à leurs qualités nautiques. Elles ont parfois quinze à dixhuit mètres do long sur un mètre de large et portent un tonneau de charge ; leur é^juipage peut aller jusqu'à vingt et trente pagayeurs. Elles
DEPENDANCES DU SENEGAL
•tiennent à peu près bien la mer houleuse ; une perche ou uu aviron de queue, suivant la profondeur des eaux, leur imprime la direction.
cy
'^ik- ' %^A^^^HI
^^^Élfl^^HI
'^j^^^QESR^J^I^^^I
.. ^^^L^^^^i^SfÊÊÊÊÉ
JUgl
fvjy
Fi", ly". — Traitant de la côte do Camoroiin.