BouLous, Rakalais. — Les liabiludes des Boulons et des
^^'^^^■^'^^^'^'^^Mr^mmmm'^M
''•■|iJ[#x^^lS^-?^'''^'' '■■■■■■ • "-^" "
Bakalais, dit encore M. Léon Renard, sont à peu pivs les mêmes que celles des Gabonais; leurs cases, construites avec les longs pétioles des feuilles du raphia, sont couvertes de ces mêmes feuilles tressées et cousues avec soin. Elles sont divisées en plusieurs com-
partiments. La pièce principale, celle qui est destinée aux réceptions et aux palabres, se trouve à l'entrée de la case. Son ameublement se compose ordinairement d'une table, de deux ou trois chaises et de plusieurs escabeaux grossièrement taillés dans les troncs d'arbres. Les autres pièces, plus petites et obscures, destinées à la famille et aux marchandises importantes, occupent les deux côtés de la salle à palabre.
Pour tout vêtement, les Bakalais et les Boulons ont un pagne taillé dans une étoffe éclatante qui fait une fois et demie le tour du corps à la hauteur des hanches, et retombe jusque sur les pieds. Les femmes possèdent, comme ornements, des anneaux en cuivre entourant les jambes, et quelquefois en nombre tellement considérable, qu'ils constituent de véritables bottes, d'un poids assez lourd pour embarrasser la marche ou pour déchirer les chairs du coude-pied. Comme chez les M'Pongos, les femmes bouloues et bakalaises constituent chez ces peuples une richesse fondamentale et productive. Seules chargées des soins de la culture, elles nourrissent les hommes, qui, après les défrichements faits, n'ont plus qu'à vivre dans l'oisiveté et dans une espèce de sommeil léthargique qui ressemble à celui du boa repu. Ils ne sortent de cette existence apathique que lorsque, munis de marchandises, ils peuvent voler les uns, tromper les autres, et garder pour eux la plus large part des bénéfices.
III, PiAGE PaIIOUINE. CARACTÈRES DE LA RACE PaHOUINE. L'air
de sauvagerie étonnée empreinte dans l'habitude des Pahouins impressionne à première vue ceux qui ont l'occasion de quelques rapports avec eux. On sent des gens qui ne mangent pas toujours à leur faim, et frémissent de ne pouvou- s'approprier le bien d'autrui, s'ils le savent trop bien gardé. Leur giande taille, maigre et osseuse, est, chez plusieurs, comme débitée à coups de hache. Sous la peau, généralement d'un noir de fumée, dont la ténacité s'adoucit fréquemment jusqu'à décroître en une nuance marron assez claire, saillent, dans les mouvements, des muscles secs, fermes, vigoureux. La structure de la tête, faite d'angles et de méplats fortement accusés, est remanfuable; les traits heurtés sont nets, arrêtés, pleins de caractère. Le h'ont est planté droit, les tempes caves, les pommettes fortes et massives; à l'ombre d'arcades proéminentes brillent des yeux arrondis ou faronnés en amande, dont la lueur fauve vous sonde et cherche à vous percer; le regard en est fixe et dur,
DEPENDANCES DU SÉNÉGAL
et toute douceur ou pitié absente. Avec un nez à peine épaté et de.s lèvres pas trop grosses, caractères vai-iables, du reste, suivant les types individuels, l'ensemble de cette figure est allongé; mais un prognathisme plu.^ ou moins accusé, qui parfois avance la mâchoire jusqu'à l'apparence du masque simiesijne, est cause que l'expression n'en est
Fig. 2"21. — Typu jiahouin.
jamais bien noble Avec leurs incisives effilées à dessein, qui s'alignent en deux rangées de canines sur le devant de la bouche, ils montrent la figure peu attrayante de carnassiers, et l'on a pensé que cette mutilation provoquée se rattachait à des habitudes cannibales, dont ils ne font d'ailleurs pas mystère
Son renom de cannibalisme (de la race pahouine), bien mérité, rend
cette peuplade un objet d'épouvante parmi les populations du littoral. « Les Paliouinsne sont pas des hommes, » disent les Gabonais en frissonnant, et il n'est pas de cœur si ferme qui ne faiblisse à la menace de leur être livré. Il n'est pas assuré, en effet, que ces sauvages ne soient devenus les exécuteurs secrets des vengeances et des expiations ordonnées par les féticheurs et les chefs, maintenant que dans nos environs il est devenu trop délicat de les exercer. Je ne voudrais pas non plus forcer à plaisir la couleur locale en affirmant ce que j'ai entendu dire, comment
Fig. ^-l'i. — Femmes iiahouines. (I)'aj)rès une iihotographie de M. Li- Brotou.)
ces affamés peu scrupuleux enlèvent les morts de leurs tombeaux pour autre chose que d'en faire des fétiches à la mode m'pongouée. Il en reste assez à leur actif pour qu'on hésite à les représenter sous la figure d'hyènes à face humaine, hors le cas de flagrant délit.
M. le vice-amiral Fleiiriot de Langle a donné de son côté, du Pahouin, diins le Tour du monde, le portrait ci-après :
Le Pahouin ou Fan est un très beau type africain ; il a le corps admirablement proportionné; par la musculature de son torse, il rappelle les bronzes florentins dont il a si souvent la couleur; la tête, bien proportionnée, se rattache au buste par un cou qui, sans être massif, est fort et
DÉPENDANCES DU SÉNÉGAL
dents de rondeurs 1 1 ff ^T'"' '^°""^ '^'^''^^ ''^^ Fodahs, dite
au-dessus dc°s ïemp eT deTa n 'r?"'";'^^ '" ^"^^^"'^ ^°"' -pe»et ae la nuque; les cheveux du liaut de la tète,
CÔTE OCCIDENTAI.K IJAI CrQUE.
3<j4 COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE
Le corps est entièrement nu, à l'exception d'une ceinture en écorce tressée qui passe entre les deux jambes. Cette ceinture vient s'épanouir en éventail derrière la personne et lui donne un aspect étrange... Un poi«-nard à large lame se porte souvent sur l'avant de ce vêtement, un larue couteau cambré pend à l'épaule gauche, qui soutient l'étroit baudrier auquel est attachée la gaine de ce couteau.
Les jambes sont fortes et bien musclées ; les pieds petits et cambrés; les attaches minces et musclées.
M. de Compiègne, dans V Afrique équatoriale, écrit également :
C'est une belle race que la race Pahouine; les homm.es sont grands, bien faits et ont un air d'énergie redoutable ; chacune de leurs dents d'une blancheur éclatante est limée en pointe, et la vue de ces crocs bien aiguisés donne la chair de poule. Les cheveux sont généralement disposés sur leur tète en petites mèches recourbées comme des cornes, ce qui leur donne un aspect singulier; les chefs portent une sorte de toupet en plumes de perroquet rouges. Tous les hommes ont autour du cou un grand collier fait ordinairement avec des dents de tigre, mais j'en ai vu qui rem|)laçaient Ir^s dents de tigre par des ossements provenant de doigts humains enfilés en chapelet. Ils ont autour des reins une ceinture faite avec Técorce d'un certain bois et large de 25 à 30 centimètres, ou bien encore deux petites peaux de chat-tigre attachées par une ceinture de perles bleues. Deux gros anneaux aux pieds complètent ce costume primitif.
Comme armes, ils avaient autrefois pour la défensive, un grand bouclier carré en p^au d'éléphant, pour l'offensive, une arbalète qu'ils chargent avec de toutes petites flèches trempées dans un poison mortel, la lance, la sagaie et des couteaux de toutes formes et de toutes grandeurs. Mais aujourd'hui ils ont abandonné tout cela pour se servir seulement de fusils à pierre, généralement de provenance anglaise, et d'une sorte de long couteau-poignard forgé par eux.
Les feumies des Fans ne sont considérées chez eux que comme des bètes (le somme destinées à faire les travaux les plus pénibles. Elles sont généralement assez laides naturellement, et s'enlaidissent encore en se peignant le corps avec des couleurs variées, principalement avec du rouge et du jaune; elles ne portent pas d'autres vêtements que deux petits tabliers en peaux de bêtes, l'un par devant, l'autre par derrière, et rattachés, comme ceux des hommes, par une grosse ceinture de perles. Elles tressent leurs cheveux en toutes petites nattes entremêlées de fils de cuivre; elles sont passionnées pour la verroterie et se chargent les bras et les pieds d'anneaux do cuivre. Dans les tribus qui ne sont pas
DEPENDANCES DU SENEGAL
encore en contact avec la civilisation, les femmes sont assez retenues ■clans leurs mceurs et ont généralement une quantité d'enfants.
Ces terribles Pahouins, écrivait M. Léon Renard dans les Colonies françaises, constituent certainement le peuple le plus remarquable de ceux répandus sur les bords des cours d'ean qui viennent se déverser dans l'estuaire du Gabon. (( D'une taille moyenne, dit M. Touchard, d'un tempérament sec et nerveux, d'une conformation qui laisse se dessiner, à travers les téguments, les tendons et les muscles, des épaules larges, des extrémités petites, des attaches fines; telle est cette population, qui ne ressemble en rien, par le beau type de sa physionomie, à celles qui l'environnent. »
11 suffit de jeter les yeux sur un village Pahouin pour voir qu'on a affaire ici à des êtres supérieurs aux MPongos. Ces villages, établis sur les endroits les plus élevés du pays, sont formés de petites cases alignées avec régalarité, d'une hauteur uniforme, et présentant un ensemble de propreté d'autant plus agréable au regard, qu'on ne trouve chez les voisins que des cases en ruines, sales, et placées sans règle d'alignement et de dimension. Un hangar h l'entrée du village constitue la chambre du conseil où se réunissent les vieillards. Ce hangar sert en même temps d'atelier pour les fabrications diverses, et de guérite, où veillent la nuit des sentinelles.
Le costume du peuple Pahouin révèle son origine sauvage ; sa simplicité lui donne quelque chose de gracieux et d'original, il consiste en une écorce tannée et peinte en rougv; plissée et cousue à l'une de ses extrémités, qui se place sur le bas-ventre et passe entre les cuisses, elle vient s'étaler à la hauteur des reins en forme d'éventail qui s'élève jusqn'aux épaules; une peau de singe par-devant complète ce costume, qui est maintenu en place par une lanière faite en peau d'antilope ; les poignets sont ornés d'anneaux en cuivre et en ivoire. Le bas de la jambe supporte de gros anneaux creux en fer ou en cuivre brillant. Quant aux femmes, elles n'ont qu'un pagne fait également de la même écorce plissée, s'enroulant autour du corps et retombant à quelques centimèti-es plus Ijas. Quelques-unes ont pour tout vêtement un lambeau de feuille de bananier tenu en place par une liane qui fait l'office de corde.
Les Pahouins ont les dents limées en pointes, ce qui donne à leur fipure un air terrihle et féroce ; quelques-uns en outre se les noircissent; leur chevelure, ou plutôt leur «laine » est étirée en longues tresses minces; au bout de chaque tresse, qui se tient raide, sont attachées des perles blanches ou des anneaux de cuivre
Fig. S'il. — Jeune lillejuihoiilnc.
ou de fer. Quelques-uns portent des coiffures de plumes, mais d'autres ont de longues queues faites de leur propre poil et d'une sorte d'étoupe teinte en noir qu'ils y mêlent et qui donne aux personnages ainsi coiffés l'apparence la plus grotesque. Sur leurs épaules est suspendu un grand couteau du pays; ils sont en outre armés de javelines et ils ont au bras un énorme bouclier; autour do leur cou et de leur corps pendent diverses espèces de fétiches et de grigris qui résonnent à chacun de leurs pas.
DEPENDANCES DU SÉNÉGAL
Complétons ce qui est relatif à cette race par quelques lignes sur la femme pahouine et sur la coiffure des Gabonaises, empruntées à Touvrage de M. le D' P. Barret : V Afrique occidentale. (Ghallamel, éd.).
La Pahouine. — Sa femme (la Pahouine) est plantureuse et bien char-
Fig. "2-20. — Jeune mère pahouine.
pentée, grand mérite aux yeux d'un mari qui l'emploie à son propre travail. Avec l'âge, elle engraisse et devient un peu boulotte. Ses formes sont amples, son bassin large; elle donne à son vilUige des gages de fécondité assurée. Même jeune, ses mamelles sont volumineuses, piriformes, et inclinent promptement à retomber. Tunt qu'elle allaite, la femme pahouine tient son petit sur le côté gauche, dans une sorte de sac fait d'une simple écorce ou de peau de léopard, dont la bandoulière porte sur l'épaule droite. Dès qu'il est sevré, l'enfant est laissé grouiller nu au milieu de la poussière du forum ; plus farouche (lue ses
398 COTE OCCIDEXTALE DWFRIQUE
parents, il scrute l'étranger d'un singulier regard, où Taudace l'emporte sur la timidité, et répond aux bons procédés en se débattant entre les mains comme un petit chat sauvage. lia mère a pour ses enfants une tendresse de louve, tant qu'ils ont besoin d'elle. La nuance entre l'instinct et le sentiment serait délicate à mesurer...
Malgré qu'elle n'est pas belle, avec ses yeux écarquillés et sa face élargie, qui lui font un vague air de noctambule, la femme pahouine a le sentiment de son sexe et cherche à plaire. Sa coquetterie est de peindre son corps à l'aide^d'un enduit gras coloré en rouge, comme, dit-on, les dames du lac Tsâd se passent à Tindigo. Elle aime les colliers de perles et de métal; elle m.et des plumes dans ses cheveux. Elle pare ses oreilles de pendants en fer, et, à la mode m'pongouée, ses jambes et ses avantbras d'anneaux de cuivre à l'enhlade. Mais elle ne sait pas l'art d'arranger ses cheveux. Elle en laisse tomber des bandelettes qui encadrent son visage d'une façon particulière.
Coiffure des Gabonaises. — Gomme le lainage qui couvre une tête africaine est souple à peu près comme une brosse de crin et croît dans le plus beau désordre, on le dispose dès l'enfance à l'aide de divers artifices, particulièrement d'un fragment de verre faisant office de rasoir, et des onctions grasses répétées; puis on le laisse pousser à sa guise. A l'âge voulu, la jeune fille est remise entre les mains d'une matrone experte, à charge pour celle-ci d'en tirer bon parti.
L'opération laborieuse se poursuit au seuil de la case. Elle dure
plusieurs jours, au miUeu d'une lutte émouvante où chaque crin se rebelle, où il faut démêler, débrouiller brin à brin le lacis inextricable, le faire foisonner, maçonner et crépir à l'aide d'un mastic fait d'huile de palme et de glaise, et, pour achever, parfumer cette pièce de résistance avec les sucs et les essences tirés des simples aromatiques...
La forme (de coiffure) la plus simple et la plus gracieuse a les cheveux nattés et séparés en deux masses gonflées sur les côtés. D'autres ont la disposition d'une roue étoilée, aux rayons divergents du sommet de la tête comme centre, de cordes tressées, d'ondulés, avec des intervalles où la peau se montre à nu. 11 est de véritables édifices à construire, qui supposent une chevelure favorisée par l'abondance : tel ce fier appareil qu'on appelle « casque », })yramide qui double de hauteur la tête d'une « grande femme »; et encore ces échappées provocantes de deux nattes crêpées, étendant hardiment leurs ailes d'oiseau par delà les oreilles d'une heureuse fille de chef. Une ou plusieurs aiguilles d'ivoire à poignée sculptée, nommées tondo, sont piquées dans la coiffure aux places les plus coquettes.
Coiffure des fe:\imes des autres tribus. — Les coiffures de cer-
DEPENDANCES DU SÉNÉGAL
taines tribus de l'intérieur du Gabon diffèrent de celles des Gabonaises et sont assez originales pour être décrites. M. Léon Renard nous dit à ce sujet :
« Au lieu de l'énorme casque que les Gabonaises forment avec leurs cheveux, ces femmes portent cinq gros bourrelets tressés qui partent de l'occiput, contournent la tête en rayonnant et vont se placer, l'un au milieu du front comme un cimier, deux au-dessus
Fii;. 2-2C. — Coiffure des Gabonaises.
des oreilles, les deux autres au-dessous. Les trois supérieurs se terminent par de gros chignons tressés en forme de fleurs et rapportés. Un cosmétique composé d'huile de palme et d'un autre corps gras agglutine le tout, et, comme tous ceux employés par les négresses, répand une odeur détestable. La coiffure suivante est encore plus compliquée et paraît aux voyageurs encore plus bizarre; les cheveux, partagés à l'européenne au milieu du front, sont d'abord disposés en bandeaux, puis se relevant brusquement au milieu des tempes, forment de chaque côté de la tête deux sortes d'nilos
très larges et ornées de clous dorés, semblables aux clous des tapissiers. Sur le milieu de la tête, une bandelette d'étoffe noire dissimule le sillon de séparation des cbeveux. Enfin deux longues broches d'ivoire découpé complète cette coiffure, que nous recommandons à nos élégantes Parisiennes. »
Dans l'ouvrage cité plus haut, M. le D'' P. Barret a ainsi décrit la danse des indiaènes du Gabon.
Fig. 2-27. — Coiffure des Gabonaises.
Danse des Gabonais. — La fête du tam-tam termine la journée inutile des noirs; à peine l'ombre est-elle descendue que le roulement monotone des ngoma, tambours de toute grandeur, appelle à la ronde amis et voisins. A l'éclat des torches, la girandole se forme; elle est enlrccoupée de pauses; elle est parfois un véritable tableau vivant, représentant une allégorie obscène, dont le cynisme est tel, qu'il a pudeur de s'e.xposer aux blancs. Le vin de palme et l'eau de feu coulent ; les sexes et les âges sont mêlés. La nuit avance. Les cerveaux grisés s'allument à ces chants lascifs d'air et de paroles, ils vibrent au bruit
La danse et le chant auraient peu de c,u.™,e-sa„s ,a stimulation in.-
modérée du mouvement et du bruit s-ins or^uc. .^ ► n . . Salvanicue des nerfs et des mus t;"»: et ^Z^ltl^"^"' nature est surtout alléché ,,ar la violence d ' son^ ' h- ""?"'" veux qu'ils produisent est l son oreilL u^;^i ,c ; t ni,'T::V'"" pagne la grosse caisse en hattant des mains; c'est h, i le r'des n'Ia"
COTE OCCIOKNTALE DAI l'.IOUE. ° '
celui-ci impose silence aux divers instruments qui lui font cortège. Si, grâce à une éducation persévérante, l'aptitude musicale de l'indigène prend quelquefois une plus délicate tournure, son idéal instinctif est le bruit et la musique cuivrée. Les instruments de son invention se réduisent au sourd tam-tam et à Vibeka, harpe discordante dont les cordes, tendues sur une petite caisse couverte de peau d'iguane, donnent une gamme résonnante, incomplète et fausse. Ses chants phoniques sont d'un rythme lent, traînant, monotone. L'artiste laisse une impression malheureuse de sa couiposition musicale ; mais, en ce genre, il n'a pas de prétention.
Nous terminerons par quelques mots da climat du Gabon; nous verrons d'après l'extrait ci-après de l'ouvrage VAfinque équa^ toriale, de M. de Compiègne, qu'il est aussi fatal pour l'Européen que celui du reste de la côte occidentale d'Afrique.
Maintenant les mauvais jours allaient commencer, les jours de fièvre, de privations, de lutte constante avec les hommes et avec les choses. D'abord ce fut la maladie qui arriva : mon ami et compagnon de voyage, Alfred Marche, a habité la presqu'île de Malacca, il a été en Gochinchine, passer 'la mauvaise saison daus le Sénégal et dans la Gambie; j'ai voyagé pendant six mois dans la partie la plus marécageuse de la Floride, séjourné deux fois sur Tisthme de Panama, et je suis resté assez longtemps sur cette côte du Mosquitos réputée si malsaine. Tous ces pays ont un mauvais renom : en les trouvant beaucoup plus supportables qu'on ne le dit, nous nous étions flattés de l'espoir que l'insalubrité du Gabon aurait été exagérée. Malheureusement il n'en est rien. Dans les pays dont je viens de parler, nous avions eu de mauvais jours, quelquefois souffert de la fièvre, très souvent de l'ardeur excessive du soleil ou de pluies torrentielles; mais nous n'avions rencontré nulle part cette atmosphère pesante et humide, ce malaise perpétuel, ces nuits qui n'apportent aucun repos, le thermomètre jour et nuit à trente degrés, sans variations sensibles, le temps toujours à l'orage, presque tous les jours des averses effroyables qui surprennent à l'improviste et mouillent jusqu'aux os. Encore sommes-nous dans ce qu'on appelle la petite saison sèche. Aussi, dix jours après notre arrivée, la même nuit, Marche et moi nous fûmes pris de vomissements violents; aux vomissements succédèrent deux heures d'un frisson glacial; puis pendant quatre ou cinq heures une chaleur brûlante, une soif intolérable. G'est la fièvre du pays. Nous payions notre premier tribut à ce terrible climat du Gabon, tribut dont nous nous sommes depuis si largement acquittés. Le lendemain, comme notre état avait empiré, il fallut nous transporter à l'hôpital où les soins les plus dévoués nous furent prodigués.
DÉPENDANCES DU SÉNÉGAL
Garnison du Gabon. — Les troupes affectées à la garnison du Gabon comprennent : r deux compagnies de tirailleurs gabonais composées et recrutées dans les mêmes conditions que les compagnies de tirailleurs sénégalais; 2° les marins européens et laptots (matelots indigènes) formant les équipages des avisos stationnés dans les colonies.
Fig. '■2-20. — TiraillcMir gabonais.
„ a :', * ii ... >Vi!ir
Fig. -230. — Ile du Prince. — Vue de la baie de l'Ouest.