‹ Cotillon II [microforme]Chapitre 10 sur 44 · LA CHASSE ROYALE · texte numérisé non relu

LA CHASSE ROYALE

Tout à coup un abois vigoureux se fait entendre: la fanfare du lancer éclate, jetée dans les airs par les trompes aux accords bien donnés, et le grand sanglier, rendu furieux par l’aubade, repart. [l reprend son contrepie et vient passer devant la grande meute qri, découpléé À propos, se rue tout entière, dans un même élan, l:

rIMant une Masse mouvante avec Je vieux prqueur la

fe losée à son centre.

La chasse commençait.

Elle promettait d'être longue et difficile. On avait affair à un vieux solitaire connalssint son bois, déjà Chasse sans succès, et ayant l’habitude de se faire randonner pendant deux où trois heures avant de prendre ui parti définitif.

Aux premiers Coups de Voix, le roi avait poussé son cheval, et le lancer n’était Pas encore sonné qu’il tenait la tête, galopant à fond de train.

À sa droite, se tenait en arrière d’une demi-longueur de cheval, était je marquis de Créqui. capitaine du vau- {rait, et menant par conséquent la chasse, puisque vaufrait étaie et est encore la désignation de équipage de chasse exclusivement consacré aux sangliers.

À gauche du roi £alopaient le due de Richelieu et ie jeune due de Grammont. Les autres gentilshommes in-

vités se nressaient à la suite, se maintenant suivant la vitesse de leurs chevaux.

Tous portaient l'élégant costume des chasses, mais aue eun ne le portait aussi bien que le roi.

Louis XV était fort beau: il avait ec magnifique type des Bourbons dent les Valois étaient s1 jaloux. Les traits de son visage étaient irréprochables: sa taille était parfaitement prise. [une finesse exquise de for- Mes, 11 avait, dans son enserible et dans les détails de es mouvements, une grâce, ine cignité, une ‘oblesse réellement rovaies.

Sous ec rapport, c'était bien Le doscendant de ee roi Louis NN ‘qui, dt Mt de udéry, conservait, en jouant au billard, l'air de maître du monde.

Mais si Louis XV état

réeliement fort beau, ce jourla de chase, dans > forêt de Sénart. il était à Papogée

de sa beauté Son éclatant costume de chasse froiss par la conrse rapide, son tricorne emiplnmé enfonce sur “on front, ‘a chevelure poudrée éhouriffée par Île vant, son ceinturon de cuir parfiené qui Jui sérenit la taille. tout se réunissait pour Jui donner une animation pius grande, et l'animation était ce qui, dans la vie ordinaire. faisait défaut au roi

Bien en selle, ferme sur ses étriers, il menait, avec une science et une adresse admirables, un magnifique bai brun pour lequel les haies à franchir, les fossés à sauter, les retraités interminables n'étaient que jeu de poulain.

Louis NV était je meileur cavalier de tonte la Cour de France, conime il en était le plus bein centilhomme. même de l'avis du Maréchal de Saxe qui, lui, passait, À Juste titre, pour le premier écuyer du monde. T1 était bon cavalier et i! adorait la chasse: on comprend &, dans ces moment: cette animation qu lembeliissait était vive et grand

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Gina il courait un cerf, un Sanglier, un loup. le roi

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n'était plus le iême homme que celui que ses ministres avaient vu une heure plus tôt ennuve, inOorose, Méjanco lique dans la salle du conseil.

Vif, ardent, impétueux, il concentrait toutes ses faculiés physiques et morales pour être hon chasseur {l F'exposail à tous les dangers dans ces courses folles s au milieu d’une forc mais jamais 1! n'avait été ni atteint par un animal furieux, ni dégareonné par un cheval rétif.

Habile tireur, Louis XV abatrait Jusqu'à trois cents pièces dans une même Journée. Les Livres des chasses du roi indiquent les coups merveilleux de Sa Majesté, et ce livre, si précis, porte à quatres ingi-dixeneut { nombre des cerfs forcés par le roi en 1715, à quatre. vingt-sept en 1744, et à soixante-dix en 1745.

Rien n'était plus attravant, pis eharmant, plus entrainant à voir que ces belles chasses avec tous ces grands seigneurs richement montés richement « stumeés, avec toutes Ces valantes amazones qui Se mélaient à eux.

C'était la belle comtesse + Toulouse, la piquante Mlle de Charolais, la spirituelle Mlle de Cler: mont et Ja Johe re de Sens, toutes eos héroïnes des peintures de Vanloo, l'artiste de l'amour. qui nous les a laissées vivamtes encore de cette vie mythologique dont toute l'é- Re ctait pa irfumée

Ces aimables chasseresses couraient la forêt, non pes UD ne comme Mme Henriette de Montespan et ja duchesse de la Vallière, mais au galop de leurs montures, leurs cheveux poudrés noués par des chaînes de

perles et de rubis, le petit ch hu au à trois cornes coquettetent penché sur l'oreille, ’amazone à revers, sOrTree dll Corsage CE traînant Jusqu'à terre, sans à pertiant ca cher le petit pied Qui éperonnait je cheval avec un ai. guillon d’or.

li était rois heures, « et la chasse étant dan: font 1 l'élas de son premier entraînement

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Après un assez long débucher, durant lequel clnens el \eneurs avajont plusieurs fois rejoint Le sanglier. celui-ci, mené vigoureusement Par une meute passionnée, se jcta dans un fourre épais.

Là, avec son instinct de vieux solitaire qui a déjà rencontré des chiens, il se mit à multiplier les ruses, sarrétant de temps en temps, faisant brusquement tête. éventrant d'un coup de boutoir le Jeunes éhiens ines périmentés qui le suivaient de trop près! puis il repre. nait Sa course, suivi à distance régulière par les vieux limiers qui s'arrétuient quan ji S'arrétall et reponduient à ses grogneinents menaçants par un conp de plein de promesses pour l'Aallati, Quittant le bois au moment où lon SV attendait le

moins, le sanglier s'élanca dans une plaine voisine, con.

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