NT UE
quand le claquement du fouet des postillons retentit avec entrain étourdissant. La voiture fut entraînée plus rapidement, et un tourbillon de poussière s’éleva à droite,
“ Prends ta gauche, imbécile, et laisse passer!” cria une foix sonore,
Les claquements redoublèrent de violence; des cris se firent entendre et la voix qui avait déjà parlé reprit:
“ Service du roi!”
Créqui, se penchant en avant, avait mis la tête à la portière.
La voiture allait atteindre Boussy-St-Antoine. Elle suivait cette partie étroite de la route qui est bordée, à gauche, par l’Yères qu'elle domine d’une élévation à pie de six pieds au moins, et, à droite, par le talus servant de lisière à la forêt de Sénart.
En avant, il y aÿait un carrosse de louage attelé de deux gros chevaux, et tenant à lui seul presque toute la lärgeur de la route. (C‘était au cocher de ce carrosse que les postillons du marquis de Créqui ordonnaient ce se ranger pour laisser passer le brillant équipage. Mais, soit que le cocher du lourd véhicule y mît de l'entêtement, soit que ses chevaux obéissent mal ou que la route fût mauvaise, l'espace laissé libre n’était pas assez grand.
A cette époque d'aristocratie, prendre le pas était une chose de la dernière importance. On renversait ou on arrêtait la voiture de son inférieur, mais on passait.
Dans la situation où se trouvait le carrosse de louage, il était évident que si la voiture, emportée par ses quatre vigoureux chevaux, forçait le passage, 1] était précipité dans la rivière. Le danger était imminent, car les postillons paraissaient décidés à passer, coûte que coûte.
Les elaquements de fouet ne décessaient point et les chevaux se cabraient. ù
“ Prends ta gauche ou nous passons sur toi!” cria le postilion de tête.