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avec fracas dans un corps à corps acharné que Tun des témoins arrêta heureusement, en disant d*une voix un peu troublée. «Remettezvous en garde, Messieurs. »
Tout cela n'avait duré qu'un clin d'œil, mais ce choc de gardes et ce corps à corps avaient été si émouvants dans leur rapidité, que les spectateurs en avaient pâli ; on se sentait maintenant une envie folle de crier : assez ! assez ! comme à un clown qui fait trop longtemps un exercice à se casser le cou.
Mais non : il ne s'agissait pas ici d'un divertissement, ni d'amuseurs payés et en donnant plus que pour leur argent. Ce n'était pas un spectacle, il fallait se résigner à attendre la fin, si sanglante qu'elle pût être. Ceux qui avaient dit : « Laissez donc faire ! Deux maîtres d'armes se battant entre eux ! ce ne sera pas sérieux, ils s'arrangeront bien à ne se faire qu'une petite égratignure »; ceux-là étaient eux-mêmes fatigués et impatients; il leur tardait de voir une légère blessure terminer cette lutte qui avait si bien failli être mortelle et qui pouvait encore le devenir.
Enfin, après cinquante minutes de combat
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et six reprises, le duel eut une issue relativenjent heureuse. Sur une feinte de dégagement de Ludovic, Fergès lui fit un temps d'arrêt à Tavant-bras qui fut légèrement atteint; si légèrement que Ludovic ne sentit même pas le coup, et s'apprêtait à continuer lorsque Fergès déclara qu'il croyaitavoir touché. Les témoins accoururent et découvrirent une petite piqûre qui saignait à peine :
€ Vous n'allez pas arrêter le combat pour ça, je pense ! » dit Ludovic en se remettant en garde. Mais les médecins eurent le soin d'insister, comme toujours; ils déclarèrent que cette blessure pouvait nuire au jeu de Ludovic et s'opposèrent absolument à la continuation du combat.
Tel fut ce duel fameux qui remplit deux colonnes dans tous les journaux du lendemain.
Naturellement on y couvrit d'éloges le talent et le courage des deux adversaires. Mais ce fut Cardeilhac qui trouva le moyen d'être le plus flatteur pour Ludovic. Il imagina de dire que Ludovic avait ménagé Fergès, le sachant père de famille. On avait les larmes aux yeux en lisant son article.
22l\ c.nui.issivs r.T salles d'ap.mkr
Cette version de Cardeilhac eut le plus grand succès à Villefranche. Ludovic l'apprit
bientôt nar une seconde lettre de M. Barbot
bien expliqué notre jeune triote, M. Henri Cardeilhac, vu, mon cher Ludovic, que sèment vaincre votre adver-
eu pour lui desménageime délicatesse. Je n'insiste [•votre modestie. Mais sachez vous admirons encore plus ïour votre dévouement que 3cés.
î-vous pas dans cette bonne che où l'on vous apprécie si
irplus que votre blessure est
érie.
t félicitations. A vous,
H. B. DES PlEaRIÈRliS. 1
. rien de nouveau en Vienneic y reviendrait dans cette
couussEî^ ET SATXF.^; d'aume:^ 227.
bonne ville de Villefranche, où on l'appréciait si bien, et dans ce paisible département de Vienne-et-Dordogne, où il n'y avait jamais rien de nouveau.
Et ce serait même sans tarder, immédiate* ment, qu'il y reviendrait.
Ce fut en vain que Cardeilhac, Saint-Crispin et beaucoup d'autres essayèrent de le rétenir.
Ce fut en vain que le cercle des Horsemen - — où l'on ne faisait d'ailleurs jamais d'escrime, — lui offrit de beaux appointements.
'Non, il tardait à Ludovic de quitter Paris.
Il fit ses adieux à tous ses amis. Puis, il alla revoir une dernière fois cette pauvre Lise.
Elle voulut s'assurer que sa blessure était bien guérie, et fondit en larmes en le voyant partir.
A Mily, Ludovic écrivit un mot d'adieu où il s'excusait de "^eg violences chez elle, non sans laisser entendre qu'elle en était un peu responsable. Mily lui répondit par un billet charmant. Elle lui disait d'une façon discrète et très délicate, qu'elle regrettait d'avoir été un peu coquette avec lui, mais qu'elle l'était
avec bien d'autres qui n'en profitaieiiE pas plus quo lui-même. Ce n'était pas qu'il lui eût jamais déplu, au contraire; mais elle restait sage comme malgré elle. Que voulezvous? c'est la fatalité, ajoutait-elle, toujours un peu moqueuse.
Mais elle avait su trouver à la fin de sa
lettre quelques paroles pleines de sympathie
et d'intérêt pour ce pauvre Ludovic. Elle
paraissait émue en parlant de son duel, et l'on
voyait bien, sans qu'elle y fit allusion, que
insuccès de Ludovic contre Marsillac lui
onnait aussi de très vifs et très sincères
3§rets. '
Retour de Ludovic à Villerranche. — Comment il y est accueilli.
A son départ, Ludovic fut accompagné par- Cardeîlhac, qui voulait absolument être le dernier à le quitter à Paris.
Cardeilhac avait pris, au fond, un véritable attachement pour le maitre d'armes. Ce n'était plus cette liaison purement intéressée d'autrefois.
Il était tout attristé, tout « chose > de le voir partir, et il se sentait un serrement de cœur en reconduisant Ludovic, désillusionné et découragé de la lutte,- à cette même gare d'Orléans où il était venu le recevoir à son arrivée, si confiant et plein d'espoir.
Puis, ces quelques succès qu'il avait obtc-
nus dans son journal, Cardeilhac les devait en grande partie à Ludovic. Ils ne lui avaient pas donné, évidemment, une bien grande situation, mais enfin c'était un heureux commencement, qui déjà le tirait d'embarras et redressait et calmait son esprit, un peu aigri jusque-là par les préoccupations et les inquiétudes. Il en était doublement reconnaissant à Ludovic, et ce fut vraiment avec émotion qu'il se sépara de lui.
Au coup de sifflet qui annonçait le départ du train, Ludovic tressaillit et eut froid.
Malgré toutes ses résolutions et tous ses raisonnements, il y avait là un moment dur à passer. C'était donc fini, bien fini, ce grand rôve d'ambition qui, plusieurs mois auparavant, tantôt battait son cerveau et lui donnait une vie intense, tantôt le berçait doucement d'espérances de gloire. La machine qui s'ébranlait allait donc l'emporter pour toujours loin de Paris, loin de cette agitation parfois malsaine, mais si, souvent enivrante, où Ton se sent vivre plusieurs fois^ où Ludovic eût tant aimé rester, s'il eût réussi à se faire un nom sans rival.
COOLISSES Et SALLES ARMES
U lui prenait ijes regrets inii il avait des tentations effrénées à la première station et de rei Puis venait le souvenir de sa dél comme une rage de revanche q U voulait absolument tenter un désespéré; il lui semblait dans u lucination qu'il trouvait des h de nouveaux coups irrésistible joueurs affolés par la ruine qu faillibles martingales. Et le mo locomotive et des roues augmeo de son cerveau, exagérait l'effe pensées confuses.
Puis brusquement, la réactioi C'était une chimère, ce nouv râvait. Cette revanche qu'il proj un autre désastre plus grand qi Non, non, JMis d'autre humiliât lait pas recommencer cette hei son assaut du Cirque d'Hiver.
Puis il amvait à ces charmani des environs de Blois et de la Toi une heureuse diversion qui le r prenait son sang-froid, et songei
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aux avantages de la nouvelle vie qu'il allait mener, et qui était réellement celle qui lui convenait.
Il se demandait seulement s'il était bien vrai qu'on eût pour lui à Villefranche une confiance et une admiration aussi grandes, aussi inébranlables que l'avait affirmé M. Barbot des Pierrières. Il se prenait à en douter, et cela lui donnait quelque émotion en approchant de Villefranche. Enfin, il verrait bien, il serait toujours libre de partir ; au besoin, il irait dans la montagne reprendre, s'il pouvait, la veste du paysan pyrénéen ; ou plutôt il se rengagerait dans l'armée, qu'il eût mieux fait de ne pas quitter.
Ludovic se rassura vite sur l'accueil de ses amis de Villefranche. M. Barbot des ières surtout, comme on pouvait s'y dre, lui fit une réception enthousiaste.
lis de plus, un assaut public fut bientôt ision, en l'honneur de Ludovic, d'un iphe plus grand encore qu'autrefois, et el prirent une bonne part ses anciens irades de la garnison, mrae lo lui avait promis M. Barbot des
fie devint Utulaire ''"
lit de fonder le C
de ViUefranche.
int d'honneur. l\:
voulurent eux au
un maître tel qu
11 uBViiii uuiiu professeur du cercl
merce, du cercle Républicain, du ce
lique et du Sporting-Club de Villt
ViUefranche est aujourd'hui 1;
France où l'on fait le plus d'escri
saurait trop l'en féliciter.
Ludovic a trouvé là une positii ce qui, joint à ses avantages pers lui permettre d'épouser une jeun dotée et possédant, paraît-il, des râbles, le reste à l'avenant.
Il lui tarde d'en avoir de peti d'armes. Ils seront invincibles dès è et iront à Paris venger leur père ; non, ils n'iront jamais à Paris.
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