MAGDELEINE FUT PENDUE
lorsqu’un des magistrats les plus vénérables par son âge, prenant la parole, dit qu’une semblable cause demandait réflexion et qu’il ne fallait rien précipiter ; son avis fut suivi et, après un mûr examen, il fut reconnu qu’il n’y avait pas lieu à poursuivre. Le procureur général, qui eut aussi connaissance des choses, jugea également qu'il fallait laisser à Dieu et au temps le soin d'éclaircir un fait sur lequel il était si difficile aux hommes de porter un jugement équitable. » Le détail de l’intervention du procureur général dans le cas de Magdeleine Morice est un troisième argument en faveur de la vérité de ce récit qui figure aux pages 33 à 35 de l’opuscule précité. L’auteur de ce petit livre paraît avoir été bien informé, à en juger par diverses assertions de l’Introduction : « Porcaro est un vieux château du plus sévère aspect, situé à deux lieues de Guër, arrondissement de Ploërmel, dans un pays de landes, de bruyères et de loups, pays le plus pauvre et le plus inculte de la Bretagne ; mais qui rachète ces désavantages par le caractère bien connu de ses habitants. Il y a quatre-vingts ans que mourut dans ce lieu isolé une humble fille de fermiers, Magdeleine Morice ;