OPINION DE LUC HOLSTEIN
nius par la Grande Encyclopédie , sous la signature de M. E.-H. Vallet. Le lecteur pourra ainsi comparer les deux antagonistes mis aux prises par le docteur Imbert.
« Baronius (César Baronio, plus connu sous son nom latinisé de), cardinal, historien de l'Eglise, né à Sora (royaume de Naples), le 30 août 1538, mort le 30 juin 1607. Il avait été un des premiers disciples de saint Philippe de Néri, fondateur de l’Oratoire ; il lui succéda comme supérieur de cette congrégation. Clément VIII, dont il était le confesseur, le fit cardinal en 1596, et, peu de temps après, bibliothécaire du Vatican. On raconte que sur l’ordre de Philippe de Néri, Baronius refusa l’absolution au pape, jusqu’à ce qu’il eût levé l’excommunication portée contre Henri IV.
Après la mort de Clément VIII, il fut proposé pour la papauté ; après celle de de Léon XI (1605), dans le conclave qui aboutit à l’élection de Paul V, il obtint 30 voix ; il aurait probablement été élu, s’il n’avait pas été repoussé par l’irréconciliable opposition de la faction espagnole. Cette hostilité avait pour cause un livre Sur la Monarchie de Sicile, dans lequel Baronius soutenait les prétentions des papes sur
SUR LES ANNALES ECCLÉSIASTIQUES 151 Naples et la Sicile. Ce traité avait été brûlé en Espagne par la main du bourreau, et il fut exclu de l’édition des œuvres de Baronius, publiées à Anvers, en 1612. » Baronius occupa dans le monde une place autrement considérable que Baillet. Quant aux titres littéraires de Baronius, en voici l’énumération : « Baronius mit 30 ans à préparer et à composer l’ouvrage qui lui a valu le rang éminent qu’il tient parmi les historiens catholiques, Annales ecclesiastici, a Christo nato ad annum Î198 (Rome, 12 volumes in-folio). Ces Annales devaient servir de contre-partie aux Centuries de Magdebourg, composées par des protestants et destinées à présenter la justification historique de la Réforme. Cependant, les fautes de chronologie et d’histoire que l’œuvre de Baronius contient ont été principalement relevées par les auteurs catholiques, et leur nombre a été exagéré par eux. » Sur le mérite de cet important ouvrage, les opinions ont été fort divisées.
« Luc Holstein, le savant auteur du Codex regularum monasticarum , se faisait fort d’y montrer 8,000 faussetés ; d’autre part, elle était suspecte aux gallicans, à cause de ses tendances favorables à toutes les préten-