‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 137 sur 264 · ENFANCE DEVINRENT CHRONIQUES · texte numérisé non relu

ENFANCE DEVINRENT CHRONIQUES

A l’époque où écrivait Don Riccardi, on ne soupçonnait pas que la physiologie pût jamais expliquer un cas tel que celui de l’extatique de Kaltern. Les incroyants criaient à la simulation, à la comédie, à la mise en scène. Les croyants s’agenouillaient et priaient la sainte. A l’époque actuelle, incroyants et croyants ont changé de point de vue. On discute sur les causes physiologiques de l’extase sans songer à en nier les phénomènes. « Vers quatorze ans, elle fut envoyée à Clés, dans la vallée d’Annone, pour apprendre l’italien. Elle y était depuis environ quinze mois, lorsqu’une mort subite lui enleva son excellente et bien-aimée mère. Elle revint accablée de douleur à Kaltern pour mêler ses larmes à celles de sa famille et partager entre ses sœurs affligées les consolations qu’un grand cœur enflammé de charité sait donner dans de pareilles infortunes. Une peine si pénible en elle-même le devint encore plus par le fardeau qu’elle imposa à Marie, désormais chargée seule, pour ainsi dire, du soin des affaires domestiques. »

Sur la famille de Marie de Mœrl, Don Riccardi fournit des détails intéressants. La famille de l’extatique est nombreuse.

174 OFFENSES SUBIES PAR MARIE DE MOERL Rien d’anormal dans la santé de son frère aîné et de ses deux sœurs cadettes devenues religieuses, pas plus que chez ses autres sœurs et chez son frère cadet. « Elle avait plusieurs frères et sœurs, tous plus jeunes quelle, à l’exception d’un frère qui est maintenant capucin. De ses sœurs, deux sont devenues religieuses ; les autres, au nombre de quatre, ont été élevées dans des couvents ; un deuxième frère fait ses études et une sœur qui était restée auprès d’elle est morte en 1836. » Cette nombreuse famille devait être un lourd fardeau pour Marie de Mœrl, devenue à quinze ans le remplaçant de sa mère défunte. A ce fardeau se joignaient des contrariétés d’autre sorte, au dire de Don Riccardi. « Aux embarras naturels de cette position vinrent souvent se joindre ses maux physiques et les contradictions, les offenses que sa vie PIEUSE ET MORTIFIÉE LUI ATTIRAIT de la

part des gens attachés au service de la maison. » Don Riccardi cultive l’emphase et la périphrase. Il tient à ne pas parler comme tout le monde. Il tient à prouver qu’il a des lettres et qu’il sait donner un tour élégant aux pensées ordinaires. Dans le cas actuel, la précision de ses dires,

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