‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 143 sur 264 · VISITE DE MONSEIGNEUR LUSGHIN · texte numérisé non relu

VISITE DE MONSEIGNEUR LUSGHIN

qui arriva exactement, à la grande surprise de tout le monde. »

Ce phénomène est susceptible d’être discuté. D’une façon générale, les prédictions relatives à une maladie de l’extatique ellemême et au cours de cette maladie sont difficiles à apprécier. S’il s’était agi de la maladie d’une personne placée à dix lieues de là et ignorant la prédiction, la réalisation aurait un caractère de coïncidence plus significatif.

« Elle a fait encore d’autres prédictions, les principales concernant ses sœurs , et elle a obtenu dans diverses circonstances pour plusieurs personnes des grâces spirituelles et temporelles. Sa naissance, la pauvreté de sa famille et la volonté de la divine Providence lui ont procuré l’honneur d’être nommée Dame de l'Institut de Hall , avec une pension de quatre cents florins f faveur qui ne s’accorde qu’à des jeunes filles nobles, mais sans fortune. Marie se sert de cette pension pour soulager les siens et secourir les pauvres. »

Bref, en fait de prédictions, Don Riccardi ne fournit rien de significatif. Il y a dans son dire une croyance à des prédictions beaucoup plus que ce qui constitue

A KALTERN, LE 27 OCTOBRE 1833 183

une véritable prédiction. Don Riccardi poursuit (page 38] :

« Lç 27 octobre 1833 au soir, Monseigneur le prince-évêque de Trente, François-Xavier Luschin, aujourd’hui archevêque de Goritz, arriva inopinément à Kaltern... Il se rendit ensuite au presbytère, où il institua une enquête détaillée sur Marie de Mœrl. Les personnes interrogées furent le révérendissime Jean-Pierre Eberle, alors curé et doyen de Kaltern, actuellement prévôt mitré de Botzen, le religieux franciscain Jean-Capistran, confesseur de Marie, son père M. Joseph Mœrl de Mühlen et Sichelburg et une servante de la maison. »

L’enquête du prince-évêque de Trente fut inopinée, ce qui prouve le bon sens de son auteur. Quant à l’enquête elle-même, Don Riccardi se borne à écrire :

« Tout fut noté d’une manière formelle et scrupuleuse dans un procès-verbal ; mais les mêmes personnes que nous venons de citer s’obligèrent par serment à ne pas révéler un seul mot de ce long interrogatoire. » Je passe sur les dix premières pages de la relation de Don Riccardi. J’arrive à ces réflexions, je les coupe sans souci

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