SÉVICES ESSUYÉS PAR MARIE
La précision de ces renseignements est des plus utiles. Marie de Mœrl est une personne pratique, jouissant d’un bon jugement. Sans cette affirmation catégorique de Gœrres on aurait été tenté de supposer autrement. Voilà maintenant sur l’enfance de Marie :
« Ses dispositions intellectuelles étaient heureuses sans être remarquables ; son imagination ne montrait aucune vivacité particulière et, d’ailleurs, elle ne faisait rien qui pût la nourrir ou l’exalter. Alors, comme plus tard, elle lisait peu. Ce qui distinguait Marie de Mœrl, c’était beaucoup d'intelligence et d'adresse dans les travaux domestiques, une bonté affectueuse, surtout à l’égard des pauvres et une ardeur extraordinaire pour la prière, à laquelle elle se livrait souvent dans l’église des Franciscains, voisine de la maison paternelle. »
Ce que Gœrres rapporte de Fenfance de Marie de Mœrl, diaprés le docteur Marchesain de Botzen et d’après le baron Joseph de Giovanelli, chancelier de commerce à Botzen, est fort intéressant.
« Née avec un tempérament sanguin, elle eut de bonne heure à combattre les maux qui résultent d’ordinaire de cette constitu-
A l’age de neuf ou dix .ans 189
tion.Dès sa cinquième année , elle éprouva de fréquentes hémorrhagies d'estomac et d'intestins. Depuis cette époque, elle fut souvent et gravement malade. Des sévices qu’elle essuya sur sa personne a l’age de neuf ou dix ans déterminèrent • chez elle de nombreux crachements de sang accompagnés d’oppressions violentes et semblables à un asthme. Il s’établit alors au côté gauche une douleur qui probablement avait sa source dans une obstruction de la rate et qui depuis ce temps ne l’a plus quittée. Le mal empira, malgré les soins de beaucoup de médecins, parmi lesquels on en compte plusieurs fort habiles.
Tous les remèdes étant sans résultat, elle se trouva souvent près de mourir : souvent même on la crut morte ; mais elle guérissait toujours sans perdre néanmoins le germe du mal et elle ne recouvrait qu’une santé chétive. Sa piété n’en devint que plus grave et plus fervente, et elle se livra avec une nouvelle ardeur à ses exercices religieux. »
Toutes ces particularités sont à retenir.
Il faut même regretter que Gœrres n’ait pas cité in extenso les sources qui lui ont permis d’établir ce récit.