INCAPABLE DE CONDUIRE LA MAISON
mulant son avis personnel sur cette dernière particularité. Cet exemple montre avec quelle prudence l’écrivain doit peser les témoignages soumis à son examen avant de les prendre pour son compte.
« Le père de Marie resta veuf avec neuf enfants dont le plus jeune n’avait que dix jours, et COMME IL ÉTAIT INCAPABLE DE CON¬ DUIRE la maison, ce fardeau retomba sur sa fille aînée. Elle le prit avec joie et le porta avec courage et intelligence; mais elle devint encore plus sérieuse et plus intérieure, plus assidue à ses exercices de piété, car elle avait beaucoup à souffrir.
Le chagrin de la mort de sa mère l’affectait si profondément qu’on l’entendait encore gémir trois ans après l’avoir perdue.
Cette peine ne s'adoucit que plus tard , à mesure qu'en avançant dans la voie où le ciel rappelait , Marie se dépouilla des affections terrestres. Cependant les sollicitudes qui lui venaient du dehors croissaient incessamment. La nécessité, avec tous les soucis qu’elle amène à sa suite, pesant de plus en plus sur son âme, ses forces physiques ne purent résister davantage ; elle eut à dix-huit ans une violente maladie. Des crampes , des convulsions de