INFLUENCE DES MOTS
traires. Qu’il s’agisse de la maladie de Pierre ou de l’affection de Paul, rien de plus aisé que de les rattacher par un trait commun aux affections contenues dans le catalogue A; si l’on veut classifier différemment, rien de plus commode que de les placer dans le catalogue C. Un médecin, survenant après les deux premiers classificateurs. se donnera le renom d’un homme supérieur, parce qu’il aura rattaché le cas de Pierre à un terme de sa façon, intitulant un nouveau catalogue. Il y a maints malades embarrassés de savoir au juste le nom de leur affection. Et pour cause ! Ce nom varie avec la vogue accordée par les diverses coteries du corps médical à tel ou tel symptôme dédaigné auparavant des praticiens sérieux. A la fin de notre siècle, le diabète jouit d’une réputation considérable auprès des gens qui excellent à donner au malade le nom de son mal. Affaire de classification ! Ce qui importe plus que la classification, c’est le soulagement de la maladie. A cet égard, les mots sont de mince importance.
On dissertera à perte de vue pour savoir si une malade ou une stigmatisée sera qualifiée hystérique ou ne sera pas réputée hystérique. On trouvera toujours mille raisons