‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 250 sur 264 · SES MEMBRES · texte numérisé non relu

SES MEMBRES

grava. Il convient d’accorder au docteur le bénéfice de cette circonstance indépendante de ses prescriptions, puisque, selon toute vraisemblance, le docteur n’était plus à Capriana au moment où Domenica cessa de suivre ses prescriptions. « Elle n’en avait encore pris que quatre, lorsque, vers dix heures du matin, son mal empira : elle fut tourmentée pendant trois quarts d’heure par d’horribles sanglots, accompagnés de battements de cœur, de douleurs d’estomac, de borborygmes, avec un feu intérieur qui semblait lui dévorer les entrailles. A sept heures du soir, son accès reparut avec plus d'intensité. »

Le docteur confesse son impuissance ou du moins l’inefficacité du moyen thérapeutique que lui avait suggéré son expérience. Comme il l’écrit, il laissa faire la nature.

« Après avoir essayé des moyens ci-dessus indiqués, elle ne fut plus capable, à ce qu’elle m’assura plusieurs fois, de prendre ni remède, ni nourriture, ni boisson d’aucune espèce. En conséquence, il fallut l’abandonner à son malheureux sort. » Quatre mois plus tard, le docteur Dei-Cloche revint auprès de la malade. Il ne dit pas s’il fut mandé, ni pour quelle particularité.

n’étaient point amaigris 317

« Le 29 août 1834, je me rendis pour la seconde fois auprès de Domenica Lazzari que je trouvai couchée sur le dos comme auparavant. Ses convulsions, au lieu d'être devenues périodiques, étaient continuelles et moins violentes. Sa sensibilité maladive était augmentée et affectait à un tel point tous les sens qu’elle ne pouvait supporter ni lumière, ni odeur, ni bruit, sans éclater en sanglots, en gémissements, en mouvements convulsifs. Elle ne pouvait articuler la moindre parole qu'avec peine, et d’une voix enrouée. Si quelqu’un s’approchait de son lit, sans précaution et par curiosité, ses tremblements augmentaient et ses douleurs devenaient plus vives. Elle n’avait pris aucune nourriture et ses sécrétions étaient arrêtées ; son air était abattu, mais ses membres n'étaient point amaigris. » Ce dernier trait, le non-amaigrissement de la patiente en dépit du défaut d’alimentation, est absolument caractéristique. Quoiqu’il en fut, le docteur Dei- Cloche resta plus de deux ans sans revoir Domenica; voici comment il raconte sa troisième visite à Capriana. « Depuis assez longtemps, le bruit courait dans tout le cercle de Trente et dans les environs que

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