LE CHIRURGIEN ANTONIO JOVIS
des phénomènes extraordinaires étaient venus augmenter les anciens maux de Marie Dominique. M’étant assuré de la chose par le témoignage de personnes éclairées, en particulier par celui de M.
Antonio Jovis, chirurgien intègre et mon ami, je me transportai de Trente, où j’habitais, à Capriana, pour la visiter et vérifier de mes propres yeux ce qu’on disait. J’arrivai le 4 mai 1837. Il était quatre heures du soir lorsque j’entrai dans cette demeure de la souffrance, accompagné du respectable curé de la paroisse, M. Michel-Ange Santuari. »
Le reste de la relation du docteur Dei- Cloche a déjà été reproduit en même temps que la relation de M. de Cazalès. Le docteur Dei-Cloche ajoute ce qui suit : « L'idée me vint de prendre du sang qui sortait des plaies, et je le reçus sur une plaque de verre : il n'y resta qu'une matière blanchâtre. Pour atteindre mon but, ne pouvant continuer l’opération par une plus forte compression, qui eût causé les plus vives douleurs à la patiente, je me contentai de recueillir un peu du sang qui commençait à se cailler sur son front et je le remis au pharmacien-chimiste Démétrius
le pharmacien démétrius léonard 319
Léonard. Voilà ce qu'il m’écrivit après en avoir fait l’analyse... » L’acte du docteur Dei- Cloche était provoqué par le désir d’établir exactement la nature du liquide coulant des stigmates de Domenica. On parlait, sans doute, de supercheries et de comédies, tant la réalité semblait extraordinaire.
Voici le résultat de l’analyse d’après une lettre du pharmacien Démétrius Léonard.
Ce rapport est écrit avec une gravité et un sérieux qui montrent l’importance qu’y attachait l’homme de l’art (page 145) :
« J’ai examiné la substance que j’ai reçue de vous à Capriana, avec le même soin que si j’en avais été chargé par un juge, qui eût attendu la réponse du chimiste pour prononcer sur un accusé. M’étant dépouillé de tout préjugé, je me suis mis à faire les expériences voulues pour reconnaître si la substance était du sang : la fibrine , lamatière colorante , l'albumine et la matière grasse qui s'y sont trouvées me Vont démontré jusqu'à. l'évidence. »
Bref, le pharmacien déduit les motifs pour lesquels la substance qui lui a été remise est du sang. « J’aurais poussé plus loin mon examen si j’avais eu la matière grumeuse sans mélange des poils, ni des