‹ Coup d'œil sur les thaumaturges et les médiums du XIXe siécleChapitre 96 sur 264 · DE TH1EP0LUS · texte numérisé non relu

DE TH1EP0LUS

Veronensis, clericus regularis theatinus , ainsi que l’indique le frontispice de l’ouvrage : Admiranda orbis christiani, quæ ad Christi fidem firmandam, christianam pietatem fovendam, obstinatamque perfidiam destruendam, en tô macro kai tô micro kosmô, hoc est in magno inque parvo mundo, aut præteritis extitere seculis, aut adhuc vigent, vel illorum adhuc apparent indicia. L/ouvrage a été imprimé en deux volumes in-folio. L’exemplaire que j’ai sous les yeux porte la mention : Venetiis. Apud Jo. Franciscum Valuasensem, 1680. Le premier volume contient 496 pages ; le second en contient 542. C’est à la page 192 du second volume que figure la mention suivante : « Thiepolus, de Pas sione Domini Tractatus, 12 , caput33... »

Comment apprécier l’autorité du Traité sur la Passion , de Thiepolus, auquel Bagatta fait allusion ? C’est chose difficile. Quoi qu’il en soit, voici le dire de Thiepolus, d’après Bagatta : « Dum B. Adimarus ord. S. Francisci ad aram faceret , tanto spiritus ardore mysteria Passionis Christi meditabatur ut profusas ex oculis emitteret lachrymas, quæ lachrymæ in superposita corporalia cadentes, in ipsis,

116 ADMIRANDA

cruces cœrulei coloris mirabiliter efformabant ; ut adhuc est videre in illis quæ in aliquibus Ecclesiis conservantur. » La phrase qui précède constitue le douzième alinéa d’un chapitre qui en contient quinze.

Le titre du chapitre est : Cruces cæteris

IN REBUS, INVISIBILI MANU DEPICTÆ ET EXculptæ. Dans chacun de ces quinze alinéas est mentionné un phénomène de croix dessinée ou gravée par un auteur invisible.

Chacun de ces quinze phénomènes est extrait d’un ouvrage de théologie ou d’hagiographie. Le premier alinéa renvoie au livre de Ludovicus de Lacerda : De excellentia Angelorum ; le second alinéa se réfère à saint Grégoire de Nazianze, Oratio prima in Julianum ; le troisième alinéa invoque Raynaldus (anno 1210) ; le quatrième alinéa porte la mention : In actis sanctæ Claræ\ le cinquième alinéa commence par les mots : S. Gregorius , in Dialog. lib. I, cap. il ; le sixième alinéa renvoie à Surius In chron. anno 1559 ; le septième alinéa invoque Arnoldus Rayssius, in auct. ad natal.SS. Belgii, 3maii ; le huitième alinéa cite Johannes Baptista Signius; le neuvième alinéa invoque Trigantius, De christianis triumphis apud Japonios; le dixième ali-

ORBIS CHRISTIÀNI

néa se réfère à Daniel Bartolus, in prima parte Asiæ, lib. I ; le onzième alinéa...

A quoi bon poursuivre ? En voilà assez pour montrer combien est complexe le travail de vérification relatif à ces multiples phénomènes. Quant au Traité de la Passion de Thiepolus , il ne m’a pas été donné de l’avoir sous les yeux : ce livre ne figure pas à la Bibliothèque nationale ; il m’est donc refusé de prononcer sur la valeur et sur l’autorité que pouvait présenter cet ouvrage en 1680 et sur le crédit qu’il mérite aujourd’hui. Au lecteur de décider le degré de créance du phénomène cité par le docteur Imbert, s’il lui est donné de récolter de plus amples renseignements.

Il en est de même du cas suivant, relatif à la religieuse Maria Trucco. Est-il besoin d’ajouter que nous ne connaissons ces deux faits que par le dire du docteur Imbert (page 110) : « Un jour, le confesseur de la sœur Maria Trucco lui donna à laver un linge dont il s’était servi autrefois comme curé, pour envelopper la custode et aller administrer les malades. Maria, en remplissant cet office, tomba en dévote contemplation devant ce linge qui avait touché si souvent le vase sacré renfermant la sainte

LUISA BIAGrINI

Eucharistie. Tout à coup apparut sur le linge la ligure du vase sacré, en couleur de sang. » La figure du vase sacré apparaissant sur un linge qui l’a touché souvent peut être l’objet d'explications scientifiques ou de tentatives d’explications, fondées sur le contact prolongé de l’objet avec le linge.

Il n’y a pas d’inconvenance à tenter de pareilles explications ; avant de proclamer un phénomène inexplicable par des causes naturelles, il convient en effet d’examiner les uns après les autres les effets bizarres que peuvent produire ces causes naturelles. « A ce moment, sa mère, qui était avec elle, frappée de ce prodige, se mit à pousser de grands cris ; mais Maria, reconnaissant la faveur que lui faisait son époux céleste, l’invita à vénérer ensemble cette image miraculeuse, et pendant que la mère et la fille priaient, l’image finit par disparaître. » Quoi qu’il en soit, il y a là une particularité bizarre à première vue, mais fort différente des phénomènes de même ordre survenus à Palma. Dans ces derniers phénomènes, aucun contact matériel n’était présumé entre le linge et l’objet figuré.

« Le seul fait d’emblème que je sache avoir été prpduit par la stigmatisation est

Page 1