LE 4 AVRIL
celui de Luisa Biagini ; il appartient à notre siècle. Aux jours consacrés à la Passion du Sauveur et aux douleurs de la Sainte- Vierge, cette stigmatisée éprouvait au cœur une douleur très vive. Elle tombait en extase et alors le côté gauche donnait du sang comme le prouvent les chemises et autres linges qui se conservent encore à Lucques dans son monastère et chez des particuliers. Le sang y faisait des emblèmes en forme de cœur. »
Le lecteur trouvera (page 111) les détails relatés par le docteur Imbert sur la journée du 4 avril 1807 où se serait produite l’apparition des emblèmes sur les chemises et sur les autres linges imprégnés du sang de Luisa Biagini. D’après le docteur, le Père Martelli et le comte Lucchesini ont attesté le fait. Voici, du reste, la conclusion du docteur Imbert : « En somme, les figures emblématiques qui se produisent à Oria sont un fait à peu près inouï dans les annales du surnaturel , surtout les emblèmes de feu, comme on le verra au chapitre de l’incendie divin. »
Le docteur Imbert intitule communions miraculeuses le neuvième chapitre du second volume des Stigmatisées (pages 112
DE SANCTO ONUPHRIO
à 126J. En voici plusieurs extraits : « Les communions miraculeuses remontent aux premiers temps du christianisme. Elles durent être fréquentes dans les trois premiers siècles, à l’époque des persécutions.
Les actes des martyrs, qui ont été conservés, en donnent de nombreux exemples. »
Le docteur Imbert invoque d’abord l’histoire de saint Onuphre. Le Temps , du 29 mars 1891, contenait une œuvre littéraire de M. Anatole ^France sur les actes et la vie de sainte Euphrosine , où le nom de saint Onuphre était cité. Saint Onuphre vivait en anachorète aux environs de l’an 400.
Voici ce qui est fourni sur l’approximation de cette date par les Petits Bollandistesde Mgr Guérin (7 e édition, 1872, Louis Guérin, imprimeur à Bar-le-Duc) aux pages 588 à 591, consacrées à saint Onuphre. « La mort de saint Onuphre arriva le 12 juin, ainsi qu’il est marqué au martyrologe romain, au ménologe des Grecs et en la vie des Saints Pères ; mais pour l’année, elle ne peut être déterminée, parce qu’on ne sait pas précisément quel était ce Paphnuce qui a écrit sa vie. Cependant, on conjecture qu’il vint au monde vers les commencements de l’empire de Dioclétien et qu’il mourut sous
ANACHORETA IN EGYPTO 121
le règne de Valens. » C’est assez dire que Thistoire de saint Onuphre n’a pas de date précise. Au reste, on chercherait vainement le nom même de saint Onuphre dans l’Encyclopédie de Larousse. C’est pourquoi quelque indication sur le personnage n’est pas superflue. L’œuvre des Grands Bollandistes contient de longs détails sur saint Onuphre (tome II, page 519 et 533 des Acta Sanctorum Junii... illustrata a Godefrido Heuschenio. Antverpiæ apud viduam et heredes Henrici Thieullier, 1698). Sous le titre : De Sancto Onuphrio anachoreta in Ægypto commentarius prævius historico-criticus sont développés six chapitres extrêmement instructifs à feuilleter ; le sixième est particulièrement intéressant.
J’y renvoie le lecteur. Ce dernier chapitre contient le texte grec et la version latine de Vita Sancti Onuphrii, ex manuscripto bibliothecæ ducalis in Bavaria, interprète Conrado Janningo.
« Le prodige se répéta plus d’une fois au désert. Saint Onuphre et ses compagnons étaient communiés chaque dimanche par les anges. Le moine saint Marc recevait l’Eucharistie en présence du prêtre, mais c’était par les mains invisibles d’un envoyé