‹ Coup-d'oeil général sur les possessions néerlandaises dans l'Inde archipélagique (volume 2)Chapitre 15 sur 21 · ULTURE DE LA CANNELLE · texte numérisé non relu

ULTURE DE LA CANNELLE

Résidences dans lesquelles on"

cultive le cannel-

Nombre d'établissements . •

» de familles destiné-

es à tette culture .

» de boedjans salariés

Etendue du terrain occupé par

cette culture , en 6a-

hoeàe 71 décamètr.D

Pieds de cannelliers dont Pé-

corce peut être enlevée .

Jeunes arbres dans les parcs

pour repeupler. . .

Total . . .

Cannelle récoltée , en livres .

de rebut » » . .

Le nombre des arbres qu'on se propose d'écorcer en 1842 est porté à 1,824,599, et la récolte est évaluée à 108,905 livres.

Dans la résidence de Bantam' , 4 arbres ont suffi pour produire une livre de cannelle, tandis que dans les autres résidences 11 arbres ont dû être dépouillés pour fournir la même quantité; en 1839, on pouvait à peine obtenir une livre de 13 arbres.

Cette culture augmente chaque année, et la qualité

du produit s'améliore, tandis que les dépenses diminuent. Toutefois, le gouvernement a jugé convenable de ne pas l'étendre, quoique le sol de Java paraisse favorable à cette culluré.

Nous omettrons les détails sur les cultures qui n'ont pas encore obtenu une grande extension, ou qui se bornent à des essais plus ou moins heureux, telles que la cochenille, le girofle, le poivre, le tabac, le thé, la soie , le coton etc. : quelques indications suffiront pour en donner un aperçu.

Xe nopal a été introduit à Java en 1830; depuis ce temps, on cultive cet arbuste peuplé par l'insecte qui fournit la cochenille. Les essais en grand n'ont été faits jusqu'ici que dans un petit nombre de résidences; ils y ont parfaitement réussi. On se flatte que les rési* dences de Japara et de Erawang fourniront en 1843, chacune 18 à 20 mille livres de cochenille ; ces résidences , ainsi que celles de Bahtam , de Chéribon et de Samarang, sont destinées à cette culture qui demande beaucoup de soin et de main-d'oeuvre.

Il paraît que le giroflier ne prospère pas sur le sol de Java; des plantations qui ont servi d'essai i)e réussissent pas , quoiqu'elles soient dirigées par des experts qu'on a fait venir d'Âmboine, et que les lieux dont on a fait choix ne diffèrent pas remarquablement, par le terrain et par le climat, de ceux des Moluques.

Le poivre a été récolté dans deux résidences; la culture de ce lierre n'est plus aussi recherchée à Java qu'elle l'était du temps de la Compagnie; elle a été remplacée par des cultures plus profitables et qui deman-

dent moins de soins; la province de Bantam à toujours fourni et continue encore à produire le plus de poivre.

La culture du tabac est un article fort profitable aux industriels, vu que le produit s'obtient de terrains qui ont déjà donné une première récolte. Les qualités de tabacs de Java sont de plus en plus recherchées sur les marchés d'Europe; la préparation et l'assortiment laissent encore à désirer, mais il y a progrès dans cette branche, et les contrats passés avec les nouveaux entrepreneurs leur assurent un bénéfice considérable. Mais, pour que les tabacs javanais puissent trouver un débouché assuré sur les marchés d'Europe, il est nécessaire que les cultivateurs fassent usage des graines de la Havanne ou de Manille. Les résidences de Rembang, de Sourabaya, de Samarang, de Ghéribon et de Tagal o£Prent des districts propres à cette culture ; elle s'est faite avec succès , depuis bien des années, dans les résidences de Preanger, de Pakalongan et de Kedoe; mais seulement pour les consommations de l'intérieur et de l'Archipel.

En 1828 , on a fait le premier essai de la culture du thé dans le jardin du château de Buitenzorg, où 800 arbustes d'une vigueur étonnante ont servi d'encouragement pour étendre cette culture; des plantations considérables en ont été faites dans plusieurs parties de Pile. Les premiers essais n'ont pas répondu à l'attente quant à la qualité de cette denrée , dont le goût astringent et le faible arôme font conjecturer, que la prépa* ration de la feuille et sa dernière manipulation ne sont pas exactement pratiqués selon les procédés usités en Chine. On cultive aujourd'hui le thé dans treize résidences; mais l'établissement principal, où se fait la

dernière manipulation et qui est chaîné de l'assorti* ment et de l'emballage , se trouve dans les environs de

Batavia. On peut porter à 200 ou 300 mille livres, les thés que Java fournit maintenant annuellement aux marchés de la métropole. On assure toutefois que le gouvernement a l'intention d^abandonner cette culture à l'industrie des particuliers, sous la garantie de con« trats équitables.

M^ Jacobson, inspecteur des cultures du thé à Java, vient de publier à Batavia un ouvrage en trois volumes, sur la manière de cultiver cet arbuste, sur le choix des terrains, et sur les meilleurs procédés à mettre en oeuvre pour la préparation et la manipulation des feuilles. Ce livre, fruit de plusieurs années d'expérience et de soins donnés à cette partie, est accueilli avec un vif intérêt par les industriels qui se vouent à cette culture. Si, à force de soins et à la suite de nombreux essais, le gouvernement parvient à doter l'île de Java de cette branche importante de commerce, on peut se flatter d'en obtenir des résultats brillants, surtout dans un temps où les victoires remportées par l'Angleterre sur les Chinois, peuvent être considérées comme avant-coureurs de changements politiques et mercantiles qu'il est impossible de préjuger, mais dont l'île de Java peut être appelée à tirer un immense parti , et qui, à tout événement , ouvre pour ce pays une source nouvelle de prospérité et de richesse.

Lorsque l'Arabie jouissait du monopole exclusif du café, on ne pouvait non plus prévoir, qu'un jour l'île de Java fournirait à la consommation qui se fait de cette denrée, de 125 à 130 millions de livres par an-

née. Si la culture du thé réussit à Java, selon Tespoir qu'on peut s'en former, le tribut en numéraire que notre comïberce porte annuellement en Chine af&uera alors pour la plus grande partie , vers les possessions de l'Etat.

L'éducation du ver à soie date à Java du commencement du 18™« siècle. Cette branche d'industrie après avoir fourni des résultats assez avantageux, a été négligée dans les derniers temps; on a voulu la relever de son abaissement, mais la réussite n'a pas répondu à l'attente qu'on en avait conçue. Plusieurs essais ayant échoué, le gouvernement semble avoir l'intention de renoncer à cette entreprise, et il a le projet d'abandonner cette branche d'industrie, qui est plus à même d'o£Prir des chances de bonne réussite entre les mains des particuliers.

Deux sortes de coton croissent à Java ; celui que produit l'arbre de haute futaie Bombax pentandrum^ nommé en .malais Kapok ^ est grossier et ne sert pas au tissage des éto£Pes. Le cotonnier arbuste, Gossypium herbaceum ou le Kapas des Malais, est un duvet léger et fin dont on fait usage dans les arts, et que les Euro* péens ont cultivé depuis longtemps à Java. Cette dernière culture a éprouvé des^perfectionnemenfs, et l'exportation en est assez considérable.

Nous passons sous silence les cultures que les Javanais connaissaient avant l'arrivée des Européens, ou qu'ils exploitent sans l'intervention de ceux-ci. II me reste à faire mention de la coupe des forêts réservées, ainsi que de l'économie rurale.

' Afin de faire cesser les dégâts commis autrefois dans

les vastes forêts <iont une partie de Pile se trouve encore couverte, le gouvernement a adopté des mesures convenables à l'exploitation régulière de ces forêts, qui sont aujourd'hui au nombre de 789 et occupent des étendues très-considérables dans 13 des 22 résidences de Java et de Madura. Ces forêts sont en grande partie composées de bois de Djatie ou de Teck {Tectona grandis); bois dur, ayant les qualités du chêne d^Europe, et dont on se sert pour la construction des édifices , ainsi que pour les besoins de la marine. Il s'en exporte annuellement pour une somme assez considérable*

Le gouvernement à fait depuis quelque temps l'essai de deux établissements agricoles sous forme d'institution pénitencière. Ces fermes modèles sont établies dans les districts les moins peuplés de Krawang et de Besoeki; le premier de ces établissements renfermait en 1841, 43 condamnés et le second 54. Le but qu'on s'est proposé par cet essai est d'encour^er .au travail des fainéants et des vagabonds, et, à l'expiration du terme de leur détention, de fournir à la contrée une population industrielle: sous ce dernier point de vue le résultat n'a pas répondu au but, vu que le plus grand nombre des libérés 's'en vont ailleurs aussi-tôt que le terme de leur punition est expiré. Les condamnés cultivent dans ces établissements le riz, le café, la cochenille et l'indigo.

L'élève du bétail acquiert chaque année un développement considérable, surtout depjiis que la défense a été faite de conduire les buf&es aux abattoirs, cet animal étant d'une utilité reconnue pour les travaux des

champs; le nombre des bêles à cornes et des chevaux était en 1840, comme suit:

Buffles 1,215,825.

Boeufs 378,455.

Chevaux 255,197.

Le dénombrement de 1842 en accuse comme suit:

Buffles 1,324,623.

Boeufs 431,357.

Chevaux 291,578.

Cette augmentation est due non seulement aux têtes de bétail néesdai^s le pays, mais aussi à l'importation considérable qui s'en est faite des autres îles de l'archipel. En 1840, on a proposé au gouvernement d'introduire à Java l'âne et le chameau comme bétes de somme. Conséquemment un essai vient d'avoir lieu pour naturaliser le chameau dans cette ile. Ces animaux utiles ont été transportés de Tenerif ; on les a parqués dans la résidence de Samarang, et leur nombre se montait en 1841 à 8 mâles, 29 femelles et 11 jeunes, dont 7 mâles et 4 femelles.

Le chameau semble ne pouvoir se faire au climat de Java , et on doute qu'il puisse rendre de grands services à l'agriculture, particulièrement comme moyen pour le transport. En plaine , le mâle ne peut porter que 4 pikol et la femelle seulement 3 ; comme l'ile de Java est hérissée de montagnes sur les trois quarts de sa surface, ils ne sauraient porter une telle charge. Tous ces chameaux ont succombé successivement.

Le haras modèle établi à Tjanjor sous le gouvernement du Baron van der Capellen n'a pas fourni de ré-

sultat encourageant ; le nombre de 230 chevaux qui s'y trouvait en 1840, a subi une perle de 35; il est porté, selon le dénombrement de 1841 , à étalons 16, juments 104, poulains 75.

Ce haras formé dans le but d'améliorer la race des chevaux indigènes, laisse encofe beaucoup à désirer dans son organisation et pour le choix des chevaux. On prétend que la contrée et le terrain où it est établi ne sont pas convenables ; l'on dit aussi que l'administration est vicieuse et qu'elle manque de fonds. Un établissement de ce genre mérite de fixer Pattention du gouvernement, qui s'en occupera sans doute dans, l'intérêt de l'armée et de l'agriculture.

Les deux tableaux de l'exportation des produits de tout l'Archipel en 1826 et en 1836, servent à faire voir l'augmentation remarquable qui a eu lieu dans ces produits depuis l'introduction du système des cultures.

Page 1