‹ Coup-d'oeil général sur les possessions néerlandaises dans l'Inde archipélagique (volume 2)Chapitre 4 sur 21 · JAVA · texte numérisé non relu

JAVA

Dans un temps éloigné, d'un glorieux souvenir pour notre marine, le pouvoir de l'ancienne Compagnie des Indes Orientales se voyait à même de poursuivre sur toutes les mers le pavillon jadis si redouté du Portugal; cette association de marchands hollandais préludait alors à sa domination sur toute l'étendue du grand Océan asiatique. Amboine était le chef-lieu de sa puissance dans l'Archipel; de cette île peu considérable dans la mer des Moluques, ses flottes marchandes et armées en même temps, tenaient rigoureusement fermés tous les passages maritimes qui viennent aboutir à l'Archipel. La route du Japon n'était ouverte qu'à leurs vaisseaux; le pavillon aux trois couleurs se montrait puissant et redouté dans les mers de la Chine , et les princes indigènes soumis ou alliés dans les îles sur lesquelles elle exerçait son influence, étaient

tributaires de ce commerce exclusif qui ne tolérait aucune sorte de concurrence.

A cette époque de splendeur naissante,- les maîtres de l'Archipel se trouvant mieux éclairés parles leçons de l'expérience, portèrent bientôt leurs vues ambitieuses sur Pile de Java. Un commerce animé et lucratif de cabotage leur avait fait apprécier les avantages que pourraient leur offrir la position favorable d'une île, commandant directement les détroits qui s'ouvrent dans la vaste mer de la Chine; ils avaient également appris à connaître toutes les ressources d'un sol inépuisable en richesse, et dont les produits étaient à même de fournir au commerce, déjà si florissant, de nouvelles sources de prospérité. On forma le projet d'y transférer la direction -centrale, établie jiisque là aux Moluques. Amboine cessa d'être le chef-lieu des opérations de la Compagnie; Batavia s'éleva comme par enchantement, même en dépit des efforts hostiles des chefs indigènes, dirigés par les conseils perfides d'une société rivale, de manière que peu d'années suffirent pour élever la splendeur de la nouvelle métropole, et pour faire respecter le pavillon national dans toutes ces mers.

Maîtres du Cap de Bonne - Espérance, de Ceylan, d'une partie de la côte de Coromandel et de la presqu' île de Malacca, les navires de la Compagnie navi« guaient paisiblement depuis la rade du Texel vers la pointe méridionale de l'Afrique, de là aux bouches du Gange, puis à Batavia, et transportaient les marchandises de la Hollande jusqu' à Canton et au Japon. Les retours de ces navires , remarquables par la riches-

se de leur cargaison, contribuèrent beaucoup à exciter l'envie de toutes les puissances commerçantes. Une prospérité aussi étonnante et des richesses acquises en si peu de temps ne pouyaient , au défaut d'un pouvoir assez étendu en Europe, de nature à en protéger la durée, manquer d'attirer sur la trop faible et impuissante Hollande toutes les forces dont ses adversaires puissants se voyaient à même de disposer.

Mais, déjà s'élevait aux dépens du commerce européen, une autre association de marchands souverains; rivale bien plus puissante mais non moins avide de la suprématie commerciale et qui, repoussée par la Hollande de l'Archipel Indien , était allé fixer le siège de son pouvoir sur les bords du Gange. La lutte entre ces rivaux ne fut ni longue ni douteuse et la force redoutable de ces nouveaux aspirants au monopole universel subjugua en peu de temps ou réduisit à une bien minime part, celle de leurs faibles adversaires. C'est alors que le pavillon Britannique expulsa de ces mers toute autre concurrence, et que celui des Pays-Bas vit décroître sa fortune et éteindre sa splendeur, au point, que toute trace en fut perdue en Europe, comme en Asie et en Amérique. Dans ces temps de fatale mémoire, ce pavillon ne montrait plus ses couleurs sur l'océan, mais, il flottait encore sur l'insignifiante fectorerie de Dezima au Japon, où un peuple constant dans ses amitiés comme dans ses haines en saluait l'antique renommée.

Après quelques années passées dans de rudes épreuves et à la suite de sacrifices inouis et bien durs, la Néerlande se trouva de nouveau à même de reprendre

-son rang parmi les nations commerçantes. Dans la nécessité de tirer parti du pouvoir fort limité que des nations puissantes semblaient lui accorder comme à re* gret y le nouveau gouvernement de la Néerlande fixa son attention sur les belles contrées qui rentraient sous sa puissance; l'Archipel asiatique qui seul lui restait de toutes les conquêtes dues à ses marins intrépides, occupa la sollicitude du nouveau Monarque, et l'on vit reparaître, sur ces terres, arrosées du sang de nos aïeux , un commerce salutaire à^ la prospérité de la Métropole, et sans lequel son existence en Europe de* viendrait bientôt éphémère.

Java est par conséquent le point principal et central de ce pouvoir dans l'Inde. Envisagé sous ce point de vue, on me saura gré, je pense, de ne pas être aussi concis sur tout ce qui concerne l'administration et sur ce qui a rapport à la topographie, à l'histoire moderne et à la constitution physique de cette île, qu'il serait nécessaire de l'être dans le cadre adopté pour cet écrit relativement aux autres possessions de l'état, situées dans ce même archipel. Les pièces officielles qui m'ont été confiées par le Ministère des Colonies , et l'extrême complaisance de son Excellence le Ministre Baud, qui a bien voulu me fournir plusieurs communications intéressantes et me donner connaissance des résultats obtenus par les nouvelles cultures entreprises dans ces îles, me permettent d'entrer dans tous les détails qui font partie de ce plan.

Java nommé par les indigènes Djawa{i) est, après Boméb et Sumatra y la plus grande île de l'Archipel da la Soende. Sa position géographique court du 105<^ — 17' au 114^—33' de longitude orientale et du 5o— 52' au S^'^-^l' de latitude sud du méridien de Greenwich. Elle s'étend de l'ouest à l'est en s'inclinant un peu au< sud^ dans une longueur de 240 lieues; sa plus grande lai'geur entre la baie de Patjitan et la pointe de Japara est d'environ 40 lieues, et son étendue la moins large, entre Passaroean et ProboUngo, est de 12 lieues. Sa superficie est de 2313 lieues carrées.

L'histoire ancienne de ce beau pays se trouve illustrée par un grand nombre de monuments en partie encore debout , ou dont les ruines ont été bouleversées par les commotions violentes du sol, et les dévastations des guerres religieuses. Ces édifices solides et grandioses existent sur cette terre , comme témoins qu'elle fut jadis habitée par un peuple puissant et industrieux, soumis aux cultes de Brahma et de Bouddha. La splendeur de ces anciens maîtres de Java se manifeste par des ruines de villes, de temples, de palais, de colonnes, d'inscriptions, de statues colossales qui tiennent lieu de traditions et d'annales à ce peuple, dont l'histoire authentique s'est perdue dans la nuit des temps. Tous ces édifices, partie en pierre de taille sans mortier ou ciment, partie en briques de grande dimension, sont couverts aujourd'hui de verdure ; les plantes qui ont

(1) Voir sm* l'origine danom donné à cette île : Sal. Huiler , Gesehiedkundige en Etknographiache berigien van Sumatra pag. 46.

crû au milieu de leurs débris les couronnent de leur y^étation active, les couvrent de leur ombrage, el leur prêtent des beautés pittoresques, qui ajoutent à leur aspect vénérable (1).

On croit avoir trouvé des indices selon lesquels il est probable que les Chinois ont connu l'ile de Java dès le commencement du 5^ siècle de l'ère Chrétienne. Crawfnrd serait alors dans l'erreur lorsqu'il dit que cette île ne leur a été connue qu'au 13"^ siècle, sous le gouvemement de l'empereur Tartare Rubla!. En «ffet, s'il faut ajouter foi à la relation de l'historien chinois Shi Fa Hian (2) toute espèce de doute serait levé à ce sujet.;

(1) Voyez les détails intéressants sur ces monnmçnts et sur l'histoire de ce peuple, dans le bel et sarant oairrage de Raffles, J7t«tory of Java : ouvrage que l'auteur anglais ne serait jamais parvenu à composer et à illustrer de gravures, s'il n'avait Eût usage è.e$ nombreux matëriaux qui lui ont été fournis par M'. Engelhard , ancien gouverneur de la partie nord-est de Java et ministre près des cours princières. Voir aussi Crawfîird, ancien résident à la cour du Soltan. Maréchal , Description de Java; compilation judicieuse des deux ouvrages anglais précités. Walckenaer , Le monde maritime. Rientzi rOcéanie et Yalentyn , Oud en nieuw Oost-Indien, L'exactitude de cet écrivain est souvent suspecte. Consulter surtout Tifdschrift van Neérlandê Indië. pag, 177 n«. 3 et pag. 205 n«. 9 , année 1840.

(2) Ce livre est traduit en partie par les soins de deux orienta* listes distingués, Rémusat et Klaproth; la mort de ces savants en a fait interrompre la publication que l'on doit à M'. Landi-esse ; cet écrit a vu le jour en 1839 , sous le titre de Relation des Royaumes Bouddhiques. Voyez Foè kouè ki Chap. 40 pag. 360. On fut ainsi pendant quatre-vingt-dix jours ^ alors on arriva à un Royaume nommé Ye-pho-tè, Les hérétiques et les Brahmes y sont en grand nombre^ il n'y est pas question de la loi de Foè (de Bouddha).

car ce Voyageur raconte que parti de la Chine en 399, il visita l'Inde, Ceyian et l'Archipel Indien, et qu'il retourna en Chine en l'année 415; pendant ce temps il prit terre à Je p*ho thi, Djawa-dwipa ou l'île de Java y et y fit un séjour de cinq mois. Il trouva dans cette lies des Brahmes et pas de Bouddhistes; ceux-ci n'y étaient pas connus. On doit aussi conclure de ces faits, <iue les sectateurs de Bouddha , auxquels a été attribué érronnément la construction de tous les anciens monuments qui couvrent Java, n'existaient pas encore dans cette île vers cette époque , et que les temples des Bouddhistes sont d'une date plus récente.

Selon les recherches faites depuis^ peu de temps , il est probable que ces monuments, dont les ruines et les débris existent à Java, sont en effet l'ouvrage de ^eux peuples, ou plutôt qu'ils ont été construits par les sectateurs de deux cultes différents; les plus anciens sont ceux, élevés par les adorateurs de Brahma, et les plus récents par ceux qui ont suivi le culte de Bouddha ou des différentes incarnations de Wishnou. Ces derniers sont probablement les auteurs des ravages opérés visiblement par la main des hommes aux temples voués au culte de Brahma, tandis que les dévastations qui ont eu lieu aux monuments d'architecture du Bouddhaisme peuvent être mises en partie sur le compte des sectateurs de l'Islamisme, culte qui s'établit dans cette île en 1374; mais, selon M^ van Hoevell ainsi qu'à en juger d'après la supposition de M'. Falck (1), on doit attri-

(1) Tijdschrift v^Q Neérland's Indië , Derde Jaargan^ lâ40.

buer une bonne part de ces mutilations des statues aux deux cultes Indoux rivaux, tour à tour vainqueur et vaincu; une partie de ces destructions date aussi des commotions violentes que le sol de Java dut éprouver aux différentes périodes des éruptions dévastatrices de ses nombreux volcans. Nous renvoyons, pour les données plus circonstantiées sur cette matière , aux deux mémoires inserrés dans les annales de l'Inde qui viennent d'être cités à la note, nous bornant à fournir ici l'énumération de ces ruines d'architecture et de sculpture trouvées dans cette île. Ces monuments voués au culte de Brahma, de Bouddha, de Siwa et de Wishnou servent à constater que les premiers habitants de Java empruntèrent les dogmes de leur croyance à l'Indoustan; de nos jours, il ne reste de traces de ce culte que dans l'ile de Bali, où la masse de la population observe encore celui de Siwa ; Java conserve seulement un Êiible souvenir de ces dogmes Indiens qu'on retrouve plus ou moins dénaturé chez une partie des habitants des montagnes de Rendang, résidence de Bantam,.et dans un district élevé de la résidence de Passaroean. Il en sera fait mention lorsque nous parlerons des moeurs et des coutumes de la population javanaise.

Les monuments d'architecture, de sculpture et les statues de fonte qui couvrent plusieurs districts de Java, existent en plus grand nombre depuis Gheribon jusqu'à Besoeki que dans la partie occidentale. Nous nous bornons ici à fournir les noms et à indiquer les lieux où se trouvent les ruines les plus remarquables.

Les temples de Brambanan , Tjandi Sewoc ou les mille

temples, avec leurs quatre vastes portiques et les statues colossales, gardiens de ces entrées, se trouvent entre les districts de Pajang et de Mataram. A quelques mètres de distance on voit un groupe de dix-sept temples Tjandirloro Djongrang; les statues de Doergo, de Gonesa et de Mahadetva décorent ces édifices. Dans ce mé* me district se trouve le palais de Brambanan Tjandi Sari , et à quelque distance , sur une élévation du volcan Merapie, les ruines du palais de Boko. Toujours dans la même province gissent les ruines des temples de Kalessan, Tjandi Kali Bening. Dans la province de Kadoe, les temples magnifiques de Bora Boedor dont l'éten* due occupe 2100 pieds carrés ; on y compte 400 statues et des bas-reliefs parfaitement sculptés. Sur un plateau du Goenong Prahoë existent les restes de plusieurs temples et de statues de la déesse Doergo. Les temples de Singo Saris dans la résidence de Passaroeang. Les pyramides et les temples de Soekoe dans la résidence de Madion. A 4'est de la rivière Solo et à Kediri on trouve des ruines nombreuses, et les fouilles mettent au jour un grand nombre de statues de fonte , d'ustensiles et d'ornements. On y trouve les ruines de la ville de Modjopahit couverte aujourd'hui de forêts de Teck, autrefois la capitale d'un grand empire. Dans la résidence de Kediri , les ruines de Kota l)edaïij où se retirèrent les habitants de Modjopahit après la destruction de leur ville. Dans la résidence de Besoeki , des statues colossales et autres ruines encore peu connues. Plusieurs bas-reliefs fort intéressants ont été découverts en 1855, par les soins de M^ Uartman , résident de Kadoe ; les fouilles que cet es-

timable fonctionnaire fît entreprendre à ses frais , ont servi à mettre au jour le beau temple de Tjandi Moen* dal, dans lequel on a trouvé trois statues- colossales hautes de quatorze pieds et parfaitement conservées. Ce temple porte des bas-reliefs d'une sculpture soignée , re- * présentant des sujets empruntés à la mythologie des Indous; l'édifice est orné d'une coupole pyramidale.

L'Islamisme y a également ses monuments voués au culte. Les principaux sont: le tombeau du Cheik Ibn Moelana qui vint établir la religion de Mohamet à Java. On voit dans les environs deCheribon, à Tangoulan, le mausolée d'un prince Musulman, et à Kediri une mos* quée construite avec les débris d'un temple Indou.

Ce que l'on sait de l'histoire plus récente de Java est parvenu jusqu'à nous par la voie des traditions orales. S'il faut y croire, plusieurs dès souverains ont joué un grand rôle comme conquérants. Non seulement toute l'île était soumise à leur pouvoir , mais ils étendaient aussi leur domination sur la partie orientale de Sumatra et sur la partie méridionale de Bornéo. L'invasion des Malais les contraignit de se retirer dans l'intérieur et d'abandonner une partie des côtes à ces nouveaux assaillants; ils parvinrent toutefois a se maintenir dans quelques parties. Sur les débris de ce pouvoir colossal s'élevèrent plusieurs despotes que les Européens trouvèrent plus ou moins solidement établis , lorsque, eux aussi, pourchassant les richesses et visant au commerce exclusif, vinrent chercher fortune sous le beau ciel des tropiques. Déjà les Arabes étaient parvenus à imposer à ces peuples un culte nouveau; celui de Bouddha se

vit subjugué ou fut presque totalement anéanti par l'Islamisme ; car les Européens, à leur arrivée dans ces iles^ y trouvèrent toutes ces peuplades jadis différentes entreelles par les moeurs et par les dogmes religieux , professant alors, à peu d'exception près, le culte de Mohamet.

Il est certain que, lors de l'apparition des Hollandais dans cette île, plusieurs souverains redoutés par leur puissance, s'y partagaient l'autorité. A cette époque, dont nous prenons date dans cet écrit, les cultes de Brahma et de Bouddha, après avoir exercé leur influence pendant environ huit siècles sur plusieurs peuples de l'Archipel , se trouvaient remplacés par le culte de Mohamet. Lorsque la Compagnie des Indes porta ses vues sur Java, l'Empire Indou de Modjopahit avait cessé d'exister depuis plus d'un siècle. Celui de Mataram, après une longue période de divisions intestines, s'était consolidé, quoique les Sultans de Chéribon et de Bantam , le Prince de Jakatra et les chefs des pays montagneux des Préanger n'eussent reconnu sa suprématie que sous des restrictions nombreuses.

Les Sœsoehoenans (1) de Mataram, après avoir inu-

(1) J'ai cm devoir consenrer l'ortographe du titre reconnu aux anciens monarques de Mataram , tel qu'on le trouve dans les docu* ments hollandais; os titre, qui signifie objet (f adoration , équivaut à celui d'Empereur. Plusieurs auteurs écrivent Suaunan , SoU' counan et Sousouhounan ; cette dernière ortographe est la plus exacte selon la prononciation française. J'ai toutefois donné la préféi*ence à l'ortographe hollandaise dans l'indication des titres des princes et des grands personnages, ainsi que pour les noms des provinces et des villes, que je cite dans cet ouvrage.

tilement sacrifié deuK armées pour détruire la ville naissanté de Batavia, crurent de leur intérêt de briguer l'amitié d'un ennemi qu'ils n'avaient pu vaincre.

En 1646, une alliance offensive et défensive fut conclue entre ces Princes et la Compagnie hollandaise, et ce traité servit dans la suite de base à ses progrès et à son pouvoir. Les révoltes continuelles qui déchirèrent l'empire de Mataram , firent souvent recourir à l'appui des Hollandais; chaque secours donné par eux fut reconnu par des cessions de territoire ou par des concessions commerciales. Les Soesoehoenans eurent à la vérité plusieurs fois recours à des hostilités ouvertes ou à des moyens détournés pour tacher de s'affranchir du joug de leurs alliés européens. Mais, quoique ces tentatives fussent suivies de quelques succès temporaires, on peut affirmer que ces revers de fortune n'ont été que passagers et qu'ils contribuèrent à afiirmir de plus en plus l'autorité de la Compagnie aux dépens de ses adversaires. En 1796, lors de la dissolution de cette association de marchands souverains, elle possédait une grande partie de l'île de Java, tandis que les descendants des souverains de Mataram n'exerçaient plus q'une autorité limitée sur les provinces qui ne leur avaient pas été enlevées. Plus tard , de nouveaux troubles suivis de revers servirent à augmenter l'ascendant européen ; ils firent subir à ces princes de nouvelles pertes de territoire. Finalement les derniers grands événements de • la guerre de Java, terminée en 1830, contribuèrent à dissoudre un pouvoir qui se trouvait déjà réduit à de très minces proportions.

Un apperçu succinct emprunté à des documents pffi* ciels dont son Excellence le Ministre des Colonies m'a permis de faire usage, peut servir de coup-d'oeil sur les principaux évènemens de l'histoire de Java , à dater de l'introduction du Mohamétisme et de l'apparition des Hollandais dans cette île.

En comparant cette courte notice avec la relation fournie par Sir Stamford Raffles , ainsi qu' avec l'extrait de cette relation dans les ouvrages publiés par MM. Maréchal etLaplace, on verra de quelle manière le Gouverneur anglais s'est plu à dénaturer les faits principaux, et comment il les a présenté sous un jour peu favorable à la mémoire de la Direction hollandaise, surtout dans les premiers temps de l'établissement de notre pouvoir dans ces mers. C'est cependant sur cette relation tronquée et dénaturée qu'on s'est plu jusqu'ici à publier les faits principaux de l'histoire moderne de l'île de Java.

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