‹ Coup-d'oeil général sur les possessions néerlandaises dans l'Inde archipélagiqueChapitre 11 sur 16 · CB · texte numérisé non relu

CB

50 Chinois,

500 Anakh-Soengi nommés aussi Boekits, ou paysans malais établis sur les rivières en amont et en aval de Simpang.

60 Orang-Boekit dans le village deMeliao, sur la petite rivière du même nom,

120 pirates sans résidence flxe.

5600 Dajaks,

OU 3889 à 4950 hommes en état de porter les armes,

formant avec les femmes et les enfans, un total de 16 à 18000 âmes.

Les Dajaks vivent en partie dispersés, en partie réunis ensemble au nombre de 40 à 60 familles dans de grandes cases formant un carré long. Ils ne se fixent jamais indéfiniment dans les mêmes lieux, mais tous les quatre ans ou tous les huit ans ils émigrent d'une rivière ou d'une montagne à une autre, de façon que le nom des villages varie fort souvent.

Les principaux villages et tribus de Dajaks existant dans cette province sont:

Kembraë, Baja, Kwalan-Oedikh, Kwalan-hilir, Mortej, Koeroe-mantok , Boekang , Kakap , Banjar , Samandang* kanan, Samandang-kiri.

Ce pays ne possède encore, ni lois fixes ni administration régulière. Le prince, assisté quelquefois &

deux de ses frères, Pangeran Dipati et Anoem, gouverne le pays en se conformant à d'anciennes coutn^mes; mais le plus souvent, l'arbitraire chez le prince et les chefs remplace la loi.

Le Pangeran Dipati administre les affaires des classes inférieures dans la résidence de Simpang. Celui qui se croit lésé par ses décisions peut, s'il est assez té» méraire pour cela, en appeler, à ses risques et périls au prince même. Pangeran Anoem est chargé de l'exécution de ordres de ce dernier dans les localités situées plus au loin et habités par les Dajaks, en même temps qu'il perçoit les revenus: il a sous ses ordres le Sabandhar, c'est-à-dire le receveur ou trésorier. Le prince prend lui-même connaissance des affaires qui n'intéressent que les gens de considération.

Dans des cas extraordinaires, tels par exemple qu'une* déclaration de guerre ou la conclusion d'un traité de paix, le prince convoque les principaux chefs; il leur expose ce qu'il a résolu d'un commun accord avec Ie& deux Pangerans, et leur demande leur avis ainsi que leur approbation. Ceux-ci sont tenus de l'aider de leurs conseils, de leurs biens et de leurs personnes, absolument de la même manière que le faisaient autrefois en Europe les feudataires à l'égard de leur suzerains.

La principauté de Simpang était ci-devant un fief du Sultan de Matan , qui en même temps est prince de Succadana. GiriLaja, treizième prince de Matan dans la ligne descendante, avait deux fils. L'ainé, EndraLaja,. devint Sultan, et le cadet, Pangeran Koesoema Ningrat devint RatoePemarintah ou Administrateur de Matan. Ce-

lui-ci reçut en apanage le coin de terre oa est situé actuellement le chef-lieu Simpang, et qui ne contenait abrs qu'un petit nombre d'habitations. Non loin da village ou canton de Soerit, qui forme maintenant une partie du village de Simpang sur les bords de la rivière de Ma tan, laquelle se jette dans le Simpang à un quart de lieue plus loin , existait autrefois l'ancienne N^ rie de Matan, d'après laquelle les princes de Succadana ont pris, dans les derniers temps, le nom de Sul« tan de Ma tan.

Lorsque Radja Ali de Riouw pendant la guerre qu'il faisait à la Compagnie des I. 0., s'enfuit de Riouw a Mampawa et delà à Succadana, il y fut également attaqué et battu, et à cette occasion le Sultan de Matan qui se troivait par hasard à Succadana, fut enveloppé dans cette guerre. Sultan Endra Laja abandonna Succadana et passa dans la résidence de Matan; mais ne trouvant point là non plus le repos qu'il était venu y chercher, il finit par se retirer à Gajong qni, depuis ce temps, est devenu le chef-lieu de Matan.

L'administration de Matan resta alors aux mains de Pangeran Koesoenia Ningrat, dont l'importance s'accrut de plus en plus, d'autant que les grands de l'état avaient seuls suivi le Sultan à Gajong avec une partie du peuple, tandis que Kocsocma Ningrat attirait à Simpang le reste des habitants de Matan .-par suite de ces événements, l'ancienne résidence se dépeupla petit à petit et finit par se réduire à rien. A l'époque actuelle, il n'existe plus sur les ruines de l'ancienne résidence de Matan, que quelques misérable cabanes entourées de champs de riz.

Koesoema Niograt contiona de rester Vt de la principauté, et son pooToir ain» que sa considération s'augmentèrent , an point qne le Sultan n'osa rien entreprendre contre lui, ni contre son petit territoire de Simpang que l'administrateur finit insensiblement par considérer comme sa propriété, et qu'il gourema en effet jusqu'à sa mort, laquelle arriTa en 1814. Il doit avoir atteint un âge fort avancé, et il a été inhumé derrière le Daim ou demeure royale de Simpang, où son fils Soerja Ningrat, pour lui témoigner sa reconnaissance, lui a (ait élever un monument, en même temps qu'il fait assez souvent répandre des fleurs sur sa tombe. Les vieillards qui ont vécu sous son administration, vont aussi porter à ce monument l'offrande de leur vénération , et se plaisent également à y déposer des fleurs ainsi que des fragments de marbre blanc.

Le prince régnant alors était né à Simpang en 1744. Il est le fils aine de Koesoema Ningrat. Sa mère était Ratoe Boenga, sœur consanguine d'Endra Laja, et tous deux étaient enfants de GiriLaja, Sultan de Matan. Du vivant de son père, ce prince portait le titre dePangeran Kraton. Il avait d'abord épousé Ratoe Sani, sœur du Sultan de Matan, Mohammed Djamal oed-Din, qui mourut en 1812. En 1814 il fit, en compagnie de son beau-frère, un voyage à Tajang où tous deux se marièrent :Pangeran Kraton épousa RadenOeddin Najah, sœur de Goesti Arip (depuis 1823 Pangeran Ratoe de Tajang); le Sultan s'allia à Njai Mas, fille d'Abang Ali. Après leur retour à Tajang en 1815, Koesoema Ningrat étant mort, le Sultan MohammedDjamal oed-Din éleva par

reconnaissance le Pangeran Kraton, à qui il était red^ Table du trône de Matan, à la dignité d'administnteur de Matan et de Panenibahan de Simpang sous le nom de Soerjo Ningrat. Toutefois, le pays de Simpang resta un fief de Matan.

Ce Panembahan a eu de ses deux femmes et de quelques fayoriles quarante enfants, dont huit sont encore actuellement vivants, savoir:

1. Raden Nalar, marié à Mas Âdi, fille de Gelan, qui lui même était le fils de Raden Gelaa, chef des pirates de Karimata.

Page 1