Oeddin Djaman, une fille
Le Panembahan ainsi que le Sultan de Matan, sont appelés par leurs sujets Enkel au lieu de Toeankoe. La femme légitime de sang royal porte le nom de Ratœ. Outre celle-ci, il est permis au prince de prendre encore neuf concubines. Les fils nés de la femme légitime, s'appellent dans leur jeune âge, Oeti, et a leur cinquième et sixième année Goesti. Lorsqu'ils atteignent leur quatorzième année, ils reçoivent le titre de Raden, et à leur vingtième celui de Pangeran. Le titre que prennent les enfants issus d'une concubine dépend de la volonté dn prince: cependant quand ils atteignent un certain âge , le rang de Raden leur revient
de plein droit. Les filles nées de l'épouse légitime s'appellent Oeddin, et quelquefois simplement Poetri (princesse). Lorsqu'elles se marient, elles sont élevées au rang de Raden et de Pangeran; si elles épousent un prince régnant, elles deviennent Ratoe. Les filles issues des concubines du prince, suivent ordinairement le même rang que leur mère, mais elle ne portent point le titre d'Oeddin, et ne prennent que celui de Njai ou Mas.
Xe Panembahan a plusieurs frères consanguins et utérins. Les premiers sont le Pangeran Dipati, l'homme le plus instruit et le plus sage de la principauté deSimpang, de même que le Pangeran Anoem en est le plus économe ainsi que le plus entendu dans les affaires d'intérêt.
La femme actuelle du Panembahan n'est plus jeune, mais ce prince s'en dédommage avec de jeunes favorites. J'ai vu ces Bini Kitjil (petites femmes) vivre familièrement avec la femme du Panembahan et celle du Sultan qui venait faire une visite à Simpang, et la présence des deux Ratoe ne semblait guère leur imposer: chose qui ne se verrait point à Java, où il existe à cet égard des usages beaucoup plus sévères.
Le Panembahan entretient dans son Dalam (palais) environ 50 ou 60 personnes, y compris ses serviteurs: il est en outre assez souvent importuné par les demandes de ses frères et des autres membres de sa famille qui sont loin d'être riches. C'est un homme de fort bonne apparence, assez corpulent et d'une physionomie agréable. Il a le visage plein et large , et ses yeux con-
stamment en mouvement décèlent au plus haut d^ la ruse et la finesse ; et du reste , la barbe blanche qui orne le bas de son visage, lui donne l'apparence et ia réputation d'un vieillard intelligent. Ses manières sont . à la hauteur de son rang* Il est poli^ prévenant, et je trouvai en lui le digne élève de Kassim le sage^ Sultaa de Pontianak, dont il était l'ami ^ et duquel il a?ait pris les moeurs et les usages européens, ainsi que ce maintien et cette dignité de manières, si rares chez les autres princes de U côte.
Son costume, emprunté en partie aux vêtements en usage a Boegi, en partie à l'habillement des Arabes, est simple mais lui sied parfaitement bien. U porte une veste courte d'Indienne à manches larges, une ceinture de soie de fabrique chinoise, et quelquefois un sarang Bouginais (espèce de jupe semblable à celle des femmes, et qui entoure les reins); et de plus un caleçon de toile blanche ou d'étoffe rayée qui se fabrique à Boegi. Ses pieds sont dépourvus de chaussure; sa tête qui est rasée, n'a pour coiffure qu'une espèce de bonnet formé d'on tissu de roseau, à la mode de Boegi. Lorsqu^il se rend à la mosquée, il porte habituellement des pantouffles, et alors il est vêtu, à la mode Arabe, d'un cafetan d'étoffe verte ou bleue. Jamais je ne lui ai vu ni kris ni poignard. Ses enfants n'étaient point richement mais seulement proprement vêtus. Il paraissait être fier de son plus jeune fils et de sa fille, qui n'avait que quatorze ans. Tous les deux avaient les bras et les jambes ornés de pesans anneaux d'or, et avaient au cou quelques plaques du même métal enrichies de diamants*
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ils portaient des yétements d'une grande finesse, et des sarongs brodés d'or qui se fabriquent à Palembang.
Les femmes avaient un sarong foncé sur la poitrine, et étaient couyertesT d'un second sarong passé au dessus de la tête et qui était retenu sous le bras gauche. Quelquefois elles se couTraient la poitrine d'un crêpe rose tendre, ou d'une espèce de gaze sous laquelle était fixée une chemisette, tandis qu'un autre sarong leur pendait par dessus les épaules et couvrait en partie la poitrine. D'antres, en petit nombre, ne portaient qu'une espèce de surtout ou Kabaja (fait à peu près comme nos robes de chambre, à l'exception qu'elles ne sont pas ouatées).
L'homme du peuple est coiffé d'un mouchoir, et porte une culotte large et courte , d'une étoffe serrée fabriquée par les Dajaks ou qu'il tisse lui-même. £n outre, il n'a, pour se défendre du vent et de la pluie, qu'un sarong d'une étoffe commune et un grand chapeau tressé en rotan. Les gens d'une condition un peu plus relevée ont pour leur usage des caleçons ainsi que des mouchoirs de coiffure d'un tissu plus fin ; ces tissus Tiennent de Java ou de Célèbes: ils s'enveloppent les reins d'un sarong, et portent une jaquette à larges manches d'indienne , ou le plus souvent de toile blanche , laquelle n'étant jamais lavée prend bientôt toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Une fois dans cet état, ce vêtement passe du maître aux serviteurs , qui ne manquent point de se parer de cette défroque et de se pavaner, lorsque leur maître va prendre le thé chez ses amis. Quant au caractère de ce peuple, j'aime autant n'en
point parler. Je ne puis cependant m'empécher de dire que dans toutes leurs actions, perce une certaine ciipidite à laquelle aura sans doute beaucoup contribué leur genre antérieur de vie, ainsi que' les longs rapports qu'ils ont entretenus avec les pirates.
Simpang est le chef-lieu de la principauté de ce nom. cette ville se compose de divers Kampong ou quvtiers, savoir: .
Sur les rivières fKampong Blitang, soas le chef Entje Amat
de SimpaD{; < etdeSidiau. (^
Sur les rivières
Sidiaa
et MataiL
Sur la rivière de Simpang.
Majang, Brihai , Radja, Dalam , Kawam, »
Sampit , Boegis, Soerit , Banjcr, Tjina,
» Kjai Soete Negara.
» RadenTjitra»
» Raden Soemansoe.
» Panjjreran Dipati.
» Katip Dalam.
» Kjai Soeri PatL
» Padoe RajaK.
» Kjai Soedanah.
» Eutje Liar.
» Katip LlDjrsi.
Le terrain sur lequel sont construits les Kampong, et qui est quelquefois inondé par la rivière, est d'une nature marécageuse, à rexception du quartier des Chinois qui, ici comme partout ailleurs, ont choisi pour leurs habitations le sol le plus élevé. Ces industrieux étrangers ont établi des jardins potagers et mis en culture tout le terrain environnant. Le terroir consiste en une argile mêlée de sable. Du reste, les Chinois y sont en petit nombre: cependant ils ont un capitaine, un Kongsi (espèce de maison communale) qui renferme quelques autels devant lesquels brûlent des cierges, ainsi que des tables chargées d'offrandes ; c'est là qu'ils
traitent de la vente et de l'achat des articles de com* inerce cjui s'apportent sur le marché, ou que les pirates ont enlevés aux .malheureux qu'ils ont massacrés ou réduits en esclavage. J'y reconnus entre autres le chapeau encore ensanglanté du capitaine du cutter VHermina récemment assassiné par eux.
Les habitants de Simpang sont pauvres, et ne subsistent guère que de la culture d'un peu de riz, ou du commerce et des exactions qu'ils font supporter aux Dajaks, ainsi que de la piraterie et de la vente du produit de leurs courses.
Devant presque toutes les maisons des habitants les plus considérables, nous vîmes un ou plusieurs prahoe mlevés à leurs légitimes propriétaires, et entre autres levant la demeure ou Dalam du Panembahan, une prande tjoenia de Batavia, espèce de bâtiment du port le 12—20 lasts.
Le Dalam, ou le soi-disant palais du prince, qu'on le peut naturellement comparer à nos palais d'Europe, ïst construit sur la langue de terre formée par le conlaent des rivières de Sidiau et de Matan. C'est un édiice fort simple, mais vaste et solide, et qui repose sur le massifs piliers de Kajoe Belian^ sorte de bois de er. Le plus grand ornement de cette habitation, c'est a clôture d'enceinte qui a 200 pieds de long en tous lens, et qui s'étend tout autour du Dalam. Cette cloiore est également construite en bois de fer susceptible le résister à un boulet de 6, et qui peut avoir de M) — ^24 pieds de hauteur. Plus d'une fois elle a été fort itile au Panembahan, auquel elle servait de place de
sûreté lorsque des pirates étrangers se présentaient sur la côte et remontaient la rÎTière avec de grandf fmkûe bien armés: car, comme il se trouvait en relations aiec les pirates , il ne pouvait convenablement s'opposer t ce qn'ils vinssent jusqu'à Simpang, soit pour y veadie leur butin , soit pour se fournir de provisions. Or^ pour empêcher qu'il ne se présentât à la fois un trop gnnd nombre de gens dans le palais, et afin de prévenir toute surprise, il a fait construire à l'extérieur âne habitation séparée où il donne ses audiences publiques, rend la justice, reçoit les étrangers et' passe d'ordinaire la soirée.
Non loin du palais se trouve la mosquée où, pndant notre séjour à Simpang, le Panembahan et les principaux chefs se rendaient assidûment à l'heure de la prière. Le Dalam ainsi que le temple des fidèles ont été construits en 1815 par les infidèles Dajaks, et pen* dant sa construction, plus d'un porc assaisonné de riz salé a été mangé dans ce même sanctuaire où, depuis, le zélé sectateur du prophète Soerja Ningrat et son pieux Imam Djeseka sont venus faire leur prière, et adresser des actions de grâce au Créateur, lorsque les pirates revenaient de la mer avec un riche butin.
Quelque défavorable que puisse paraître ce taUeaa, il n'en est pas moins conforme à la vérité. Hâtons nous toutefois de dire que l'avenir se présente sous de meilleurs auspices, et nous permet d'espérer l'amélioration morale de ces peuples.
Par suite du traité conclu avec le Sultan de Matan et le Panembahan de Simpang, cette dernière provin-
ce fut, le 23 Novembre 1822, déclarée indépendante de Matan, et le Panembahan reçut la principauté de Simpang comme fief placé sous la protection du Gou- ▼emement néerlandais. Puisse le temps compenser touts les soins et les sacrifices que celui-ci s'est imposé dans le but de réprimer la piraterie, d'assurer la sécurité ainsi que la prospérité du commerce de Java et de tout l'Archipel , et de ramener la paix et la tranquillité parmi les habitants de la cdte occidentale de Bornéo, abrutis par' les excès de la piraterie! Mais pour la réalisation de nos yœux et de nos espérances à cet égard, il serait nécessaire, selon nous, que le gouvernement exerçât une $arveillance sévère sur tout ce qui.se passe à Simpang; et comme ce lieu est assez éloigné de la mer, un poste àe quelques soldats indigènes placé au chef-lieu et commandé par un sergent européen , suffirait selon toute apparence pour cet objet. Un employé, ayant le titre de second Assistant-résident, pourrait sans pei-^ Be, dans les premiers temps, s'acquitter seul de tou-^ tes les fonctions de la place. Un autre poste militaire établi à un demi-mille allemand de l'embouchure de la rivière de Simpang, sur les bords de la petite rivière de Meliau dans le kampang de ce nom, ne serait pas moins utile, attendu que le Panembahan y a toujours quelques pirates à sa solde ou du moins qu'il y souffre leur présence. Toutefois, la dépense que nécessiterait l'entretien des trente hommes nécessaires pour la défense de ce poste serait assez considérable, et nous pensons que pour un subside de 20 à 25 florins par mois y l'un des frères du Panembahan consentirait vo^ î 22
tontiers à venir se fixer à Meliau, ce qui nous permettrait d'atteindre le noéme but avec beaucoup moins de dépense. Par la suite, nous serons Clément obligés de surveiller activement l'embouchure de la rivière de Mendauw; mais jusqu'à nouvel ordre la navigation de cette rivière peut rester libre.
Quelques détails relatifs aux productions des côtes occidentales, ont été communiqués par Mr. Gronovius, ancien résident de Pontianak.
Cette côte est en général très-plate ; elle n'offre , jdans la rivière de Sambas que quelques hauteurs dispersées cà et là sans former de chaîne continue: toutefois le pays est riche en métaux et en pierres précieuses, tels que l'or, le diamant, le fer, l'étain, la pierre adamantine, l'antimoine et le cristal. Les forêts sont abondamment pourvues d'arbres résineux et fruitiers de toute espèce; le sagoutier, le bois de fer, celui d'ébène y sont très-communs; on y remarque aussi des rotans de différentes espèces et des gommiers.
Sur les montagnes et dans les iles on trouve beancoup de nids de salanganes, si recherchés par les Chinois; la mer fournit des tortues, des holothuries et des perles. En général la côte occidentale est un pays trèsriche; malheureusement les hommes qui l'habitent, sont encore plongés dans la barbarie; l'agriculture qui fait la ressource des états bien plus encore que les mines d'or et d'argent, est toujours dans l'enfance; la culture
du riz s'y trouTe fort restreinte , bien qu'on puisse l'étendre avec beaucoup de succès; presque tous les habitants malais de Bornéo se livrent au commerce et méprisent les travaux de la terre. Les plantations de riz sont insuffisantes même pour subvenir aux besoins des naturels. On apporte le grain en quantité considérable de Java et d'autres lieux. Sur les côtes, ce sont les Chinois qui cultivent le riz; dans l'intérieur cette occupation appartient aux Dajaks; les autres tribus ne s'en occupent pas.
La canne à sucre n'est encore cultivée que par les Chinois; elle est d'une excellente qualité et viendrait facilement dans les terres de Bornéo, mais jusqu'ici elle n'a été exploitée qu'avec des moyens imparfaits. Le sucre est généralement supérieur à celui que l'on récolte à Java , et les moyens de transport sont faciles a cause des rivières nombreuses dont le pays est traversé; ces terres fourniraient bientôt des cargaisons con- •sidérables de sucre de qualité au moins aussi bonne que celui de Java.
La culture du café n'a été introduite dans le haut pays de Sambas qu'en 1825; à cette époque cette plante utile avait parfaitement réussi, en sorte qu'il n'y a pas le moindre doute qu'elle ne puisse offrir des •résultats avantageux. Aujourd'hui on s'occupe plus activement des soins que cette culture demande.
Bornéo produit beaucoup de sagoutiers {sagus farinifera)? de vastes forêts de cet arbre existent a Meliau «t dans quelques autres localités.
Le mais ou djagong des Malais, est un de leur prin-
cipaux aliments; on en mêle le grain avec da riz poor le broyer et préparer la pâte qui sert aussi de nourriture aux indigènes; son prix est fort modique. Les Chinois sont les seuls qui cultivent la patate ou oehie^ ils en font un usage fréquent comme aliment; les Malais en sont aussi friands: ils la préparent en la grillant sur le feu après l'avoir coupée en petites tranches. Cette racine ainsi préparée a un goût agréable. Cet ali« ment est recherché de ceux qui ont des voyages à faire, parce qu'on peut en emporter de grandes provisions.
Le camphre de Bornéo jouit d'une réputation méritée; on le paye 100 à 112 francs les Apikol. Le ben* join se trouve en grande ^{uantité dans les forêts. On l'exporte principalement à Java , où il sert comme encens à parfumer.
Les joncs et les rotans sont de trois qualités, il s'ea fait une grande exportation; ceux du Matan scmt toujours les plus recherchés dans le commerce. On pourrait chaque année charger cent navires de ces roseaux.
Le bois de fer {kajoe besi)^ se trouve sur différents points de la côte ; celui qui croît dans le pays élevé de Sintang est moins estimé; dans le district de Lindang il existe des forêts entières de bois de fer. Le prix de la main d'oeuvre, lorsqu'il faut le travailler, est fort élevé, car il est tellement dur que tous les outils se brisent plutôt que de l'entamer. Sur la côte on trouve, encore le bois d'ébène; mais l'un des arbres les plus utiles aux indigènes est celui qu'ils désignent sous le nom de tinkamang ou arbre à heure. Il produit une huile préférable à l'huile de coco; en outre il donne des
fruits qu'on mange ^ et qui sont d'un goût assez agréable. Cet arbre atteint des dimensions colossales. L'ar-' buste dont on tire le gambir s'y rencontre aussi, mais la substance qu'on obtient de Riouw est de meilleure qualité. Le garoe et le bois de laka croissent en abondance. Le nibong et le nipa^ dont on se sert pour Douvrir les toits des maisons, se plaisent dans les lieux humides et marécageux. Les arbres fruitiers des tropiques se rencontrent partout. Voepas^ dont la gomme est un poison violent , occupe les parties du littorak
Le sol de Bornéo est plus riche encore sous le point de vue minéralogique : le diamant et l'or sont les prineipaux produits de ce règne.
Landak et Sangouw sont les riches localités, sur la edte Ouest, où les Chinois et les naturels cherchent ' le diamant. C'est toujours dans des couches de gravier et de galets, à une profondeur de 20 à 25 pieds et dians les flancs des coteaux à pente douce que se troufent les dépôts de cette pierre précieuse. Les naturels regardent les couches de graviers, dans lesquelles ils ont reconnu douze variétés différentes de pierres, comme étant celles où le diamant est le plus abondant; ils ne creusent jamais de puits d'exploitation, qu'ils ne se soient assurés d'avance que la couche qu^ils veulent atteindre rentre dans ces conditions. Parmi les variétés • de pierres que l'on doit rencontrer dans la couche à exploiter, ils recherchent toujours la pierre de touche*, le spath adamantin , et quelques autres pierres fort-dures, ovales et de différentes couleurs. On trouve quelquefois des diamants dans le lit de la rivière de Djambi , haut
pays de Landak, mais la recherche en est difficile. Les plus grosses gemmes ont été trouvées sur le littoral. C'est dans ces localités qu'on fit la découvert des deux fameux diamants connus sous les noms de Segema et Sépale y ce dernier a été perdu dans les dernières guerres; le Segema connu des Malais sous le nom de Danoe-Radja, est en la possession d'un chef; son poids estimé à 367 karats, le mettrait au premier rang, s'il n'était prouvé clairement que cette fameuse pièce n'est tout simplement qu'un cristal dont une partie est brute, tandis que l'autre présente des faces pentagonales polies.
Les mines sont nombreuses dans l'intérieur; dans les lacs, sur les petites iles désertes, on trouve partout du minerai d'or, aussitôt que l'on creuse le sol^ ainsi que du platine quoique en proportion moindre. On trouve aussi du fer magnétique, en grandes quantités, dans quelques parties de la côte méridionale, et les dépôts de houille occupent des étendues fort considérables dans les états de Banjermasing. Les Chinois se vouent au travail d'exploitation qui se fait par compagnies ou actions, et qui demande des capitaux assez considérables. La soif de l'or excite les Chinois à émigrer, mais il n'en revient pas la quarantième partie dans leur patrie. Les mines les plus riches emploient jusqu'à 8,000 ouvriers; elles sont situées à Montrado, à Mandor, à Lara et dans quelques autres localités de la grande étendue des côtes occidentales de Bornéo.
On trouve l'antimoine dans le lit des rivières; on pourrait en charger des navires. La ville de Sadong a
pris une grande importance grâce à l'exploitation de l'antimoine, car en moins de quatre ans elle est dévenue considérable, de hameau qu'elle était auparavant.
L'aimant naturel existe dans la rivière Pinen au dessus de Sintang et près de la rivière Melawi, mais les indigènes n'en font aucun usage. Dans les districts de Landak se trouvent des cristaux dont on pourrait faire un objet d'exportation.
Parmi les produits nombreux que fournit cette côte et dont le commerce peut tirer parti, oi^ peiH citer encore les nids d'oiseaux comestibles^ et la cire des abeilles sauvages dont on peut récolter une centaine de pikoL. La pêche du tripang ou holothuries, de Vagar* agar ou algues marines, de la tortue-caret, occupent un grand nombre d'embarcations. La pèche des perles se fait sur les côtes septentrionales de l'ile. Le bézoard^ qu'on trouve dans les viscères de quelques singes et d& plusieurs autres mammifères est aussi un article d'exportation fort recherché.