‹ Coup d'oeil sur l'état du Caire ancien et moderneChapitre 11 sur 14 · DES MONUMENTS M! CAIRE. Ù · texte numérisé non relu

DES MONUMENTS M! CAIRE. Ù

En rassemblant leurs souvenirs déjà lointains, ils se rappolaient que le 4 er février, Zéki-Pacha, ministre des Wakfs, les avait convoqués sous sa présidence et qu'après lecture, ils avaient adopté presque sans discussion un projet de règlement fort sagement rédigé par Franz-Bey.

On formerait trois commissions : la première pour dresser l'inventaire des monuments de Fart arabe et désigner les travaux les plus urgents. La deuxième pour étudier, discuter ou approuver les projets et plans de réparation,* puis en surveiller la stricte exécution. La troisième enfin, pour surveiller un bureau spécial de dessinateurs qu'on adjoindrait au bureau technique des Wakfs afin de relever, selon leur ordre d'importance, les monuments désignés par le Comité. Le budget de réparation et de conservation pour l'exercice 4882 était fixé à 7,500 livres égyptiennes, soit environ 495,000 francs. Le Conseil, malgré cela, s'était séparé sans résolutions bien arrêtées et, chose curieuse, quelques membres des plus zélés et des plus capables avaient échoué dans leurs efforts pour obtenir du ministre ces permis temporaires de visite aux mosquées, qu'on ne refuse pas aux touristes de passage. Peu après, le ministre des Wakfs fut remplacé par un successeur qui, moins encore, semblait aimer les lettres, les sciences, les arts et ceux qui les cultivent; en sorte que le Comité qui, selon le règlement adopté, devait se réunir une fois par mois, n'a plus été convoqué.

11 est juste d'ajouter qu'à cette époque, la rébellion des colonels et la désorganisation du gouvernement se développaient de manière à neutraliser l'action protectrice du Contrôle européen et à troubler l'application régulière des budgets, au profit d'un accroissement de l'armée, de sa solde et de ses privilèges.

Cependant l'unique séance du Comité ne laisse pas que d'avoir été utile; elle amena un résultat heureux, et peu connu encore, pour la conservation d'un dos plus beaux monuments du Caire ancien. Il suffit du zèle de deux de ses membres pour contrarier les mesures parfois radicales qui sont le propre de tout ministère des travaux publics, à l'égard des choses qu'il regarde comme inutiles.

Une question assez difficile se trouvait à résoudre. Il existe, au milieu du quartier le plus populeux, une ancienne porte de défense flanquée de ses tours 1 . Construite au xi e siècle, avant la première croisade, elle portait le nom de Bab-ez-Zowaïlèh et formait l'entrée méridionale de la ville de Kahirah fondée par les Khalifes Fatimites en 969. Un faubourg aussi riche que la ville s'éleva bientôt dans le voisinage immédiat de la porte fortifiée et la muraille qu'elle commandait ne s?rvit plus que comme appui aux maisons et clôture à ces petits quartiers ou hârat, formés de deux ou trois ruelles en impasse. En 4420, le puissant sultan mamelouk El -Moey y ed adossa à la muraille, tout près de la porte, l'admirable mosquée qu'on a presque détruite pendant le règne d'Ismaïl, sous prétexte de la remettre à neuf 1 . Comme au xv c siècle les tours étaient sans service, le sultan fit ôter à chacune un étage qu'il remplaça par deux minarets jumeaux de la plus grande beauté. On peut ainsi se figurer la majesté de cet ensemble : une porte de ville, flanquée de deux minarets à balcons ajourés, et, s'alignant à droite sur la rue qui y conduit, l'imposante et noble façade de la mosquée.

Sur le chemin de ronde et sur le cintre de la porte, on établit alors une ruelle étroite bordée de logements qui existent encore et servaient aux chanteurs de la * mosquée d'El - Moëyyed. Il suit de là que les minarets et les logements dépendent des Wakfs ou biens' religieux inaliénables, tandis que les œuvres basses, les

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