‹ Coup d'oeil sur l'homme et sa chute [microforme]Chapitre 6 sur 12 · APERÇUS PARTICULIERS · texte numérisé non relu

APERÇUS PARTICULIERS

Les hommes gorgés de théologie ne sauraient comprendre et admettre la nouvelle version sur la chute de l’homme, telle qu’elle est présentée dans ce qui précède; le dyspeptique trouve la nourriture simple sans goût ni saveur ; il en est de mème pour l'intelligence qui a été faussée par la notion de l'absolu.

Les hommes non formés seront plus aptes à se ranger sous la

nouvelle lumière que cet écrit refléchit, et à la reconnaitre comme bienfaisante, belle, grande et digne d'éclairer la création entière, que ceux qui se targuent de savoir.

L'homme physique et l'homme intellectuel sont deux extrèmes qui se rencontrent et s'entendent plus facilement que ne le font l'homme moral et l'homme intellectuel. Ge dernier trouvera d’abord, dans la nouvelle révélation sur 13 sujet en question, sinon une certitude positive, du moins quelque chose qui mérite et appelle l'attention et l'examen. Ce monde souffre tellement sous l'empire d'enseignements rudimentaires, partant de certains lieux, et qui dénaturent non seulement l’homme, mais Dieu aussi, que l’homme intellectuel, à quelque nuance qu'il appartienne, en voyant cette révélation, l’accucillera, sinon à bras ouverts, au moins avec cordialité.

Toute idée qui relève l’homme à ses propres yeux et qui embrasse toute l'humanité, sans distinction de classe ou &’individus, est une amie dont on ne saurait trop reconnaître le mérite, Il est toujours bon d'aimer le bien et toujours digne de saluer les grandes vérités qui éclairent.

Il y en à qui vivent d'inductions et d'autres de déductions. Les premiers n'étant pas assez haut placés sur l'échelle de la vie pour déduire le bien, vu l'obscurité qui les entoure, sont portés à induire le mal en toutes choses.

Les systèmes absolus ont toujours été dictés par l'ignorance et ont invariablement reçu le jour dans les époques où les hommes méconnaissaient ou négligeaient leurs droits et couraient après les fantômes de l'intérêt purement personnel. Ainsi les systômes absolus, quelque tyranniques qu'ils soient, sont aussi bien dus aux administrés qu'aux administrateurs ; les troubles qu'ils engendrent pendant leur durée ne forment pas, néanmoins, des maux absolus. Le mal n'est que relatif et sert aux grandes fins de l'harmone.

Il serait oiseux de méconnaitre l'autorité aux pouvoirs que les hommes ont établis, lorsqu'ils fonciionnent dans l’intérèt général ; mais il est toujours loisible et juste de combattre ces pouvoirs lorsqu'ils dépassent les bornes de la justice, de l'amour et du bon sens. Tout pouvoir qui prétend être absolu est tout simplement ridicule et anarchique et doit être con-

damné à périr. L'organisme individuel est le patron sur lequel devraient se former et se guider tous les organismes sociaux ;

’est la tête ou l'intelligence qui est appelée à gouverner partout

en dernier ressort, et non pas le cœur ou le sentiment.

Ces disgressions ne sont ni inutiles ni mal plucées ; les évènements du jour les justifient et elles se prêtent bien au sujet que nous examinons. Lorsque l'intelligence embrasse une partie de la nature, elle voit presque tout, tellement tout est intimement lié.

Ce qui est devant nous renferme le plan général de la question ; en y ajoutant des détails on n’en augmentera pas la valeur ; le germe renferme tout pour celui qui sait et veut voir. Nous ne voulons pas néanmoins être absolus, comme ceux à qui nous reprochons ce défaut capital ; les curieux de bonne foi méritent bien la bienveillance de la part de ceux qui prétendent en avoir pour tous.

Les explications que nous consentons à fournir à l'appui de la nouvelle révélation sur la «chute de l’homme, » disons-nous {l encore, n'auront pas l'effet de satisfaire le grand nombre ; les | autres même ne sauront y trouver une démonstration,de nature {l mathématique, comme beaucoup d’entre eux, peut-être, le dési- 1! reraient. La conviction véritable est toujours le résultat de il pénibles et longs examens, pour ceux qui pensent ; la conviction qui nait toute formée, au moyen d'une autorité quelconque, est généralement de mauvais aloi et disparait promptell ment.

Pour les hommes terrestres, bien des vérités que nous connaissons ne sont au plus que des hypothèses. Devonsnous nous attendre à rendre clair et plausible pour tous, pour le moment du moins, ce qui pour le grand nombre d’entre

| nous est en quelque sorte lettre close ? Nous pourrions même | dire que nous écrivons ceci pour l'avenir. La manifestation |

de la lumière, de toute sorte, se fait graduellement et ne saurait agir autrement.

On s’imagine faussement sur la terre que le monde spirituel est le lieu de la perfection. L'article que nous apprécions maintenant dit le contraire ; et nous sommes de cet avis. Le progrès a lieu sur les globes et autour d'eux; les êtres qui |

peuplent les mondes spirituels sont tous attachés à des globes d'une manière particulière. L'émigration de la sphère matérielle à la sphère spirituelle,et vice-versa (répétée très souvent pour tous sans distinction), ne présuppose pas que chaque étape, dans un sens ou l'autre, soit la dernière. La perfection n’est pas chose aussi facile à atteindre qu'on se l’imagine sur la ter-

Q . : e re, ou, du moins elle warrive pas aussi promptement qu'on le

croit, Le moi est bien aussi parfait qu'il peut lêtre partout, mais sa manifestation sur la terre et dans sa couche spirituelle subit des modifications constantes à mesure qu'il avance dans sa mission.

La variété de développement que l'on trouve parmi les homines sur la terre et parmi nous nous enseigne que l’émigration de l'homme de l'état normal, ou primitif, n’a pas eu lieu dans un seul et méme temps. Sur la terre, les hommes noirs, rouges et blañcs (qui se distinguent dans le monde spirituel séparé. went par des émanations en rapport avec leurs états particuliers}, représentent certainement trois manifestations distinctes de l'homme à des dégrés différents de perfection, sinon dans l'essence, du moins dans la forme. Est-il sage de supposer que les noirs soient des relardataires obstinés et endurcis qui n’ont pas voulu marcher avec les autres et concourir à la mission générale, et que les rouges n’aient rempli qu’à derni leurs devoirs ?.. (La pluralité d’existences sur la terre n’est nullement pour nous un fait douteux, et nous ne l’écartons pas dans les considérations présentes.) Il est plus simple, plus raisonnable, d'admettre la pluralité de chutes, d'émigrations du séjour onu de l’état divin, qu’une seule. A chaque transformation de l'être de l’état spirituel à l'état matériel, et vice versa, l’homme perd connaissance de son identité et de ses faits et gestes, et il doit en être de même pour la transformation de l'état normal à l’état spirituel, et vice versa.

Le monde spirituel est en communication constante avec le monde divin ; les plus avancés d’entre nous, néanmoins, ne sauraient encore apercevoir ceux qui leur parlent de ce monde supérieur. Geux qui ont prétendu, à diverses époques sur la terre, être en communication directe, d'une manière visible, audible, etc..avec le Père Eternel,ont généralement été de bon-

ne foi en imaginant que les êtres resplendissants qui leur apparaissaient et qui leur parlaient, au nom du Tout-Puissant, étaient Dieu lui-même. Il est des êtres parmi nous qui seraient pris pour Dieu même s'ils se montraient à quelques uns de leurs frères, tellement ils sont beaux et purifiés des attaches matérielles ; pour d'autres plus avancés, néanmoins, ces mêmes êtres n'offriraient rien d'étonnant.

Nous soutenons que toute idée renferme la vérité ; par conséquent nous sommes prêts à admettre que les révélations qui ont été faites, en: temps quelconque à la terre, renfermaient le vrai dans la proportion exigée par l’état des intelligences d’alors, auxquelles elles s'adressaient, ce qui n'implique nulle: ment la négation de développements ultérieurs. La révélation ne saurait jamais être arrêtée sans que la Source Supréme d’où elle part en premier lieu fût tarie, ce qui est inadmissible. Les révélations qui ont licu maintenant auront aussi nécessairement à subir bien des transformations dans l'avenir avant d'atteindre au but assigné par la pensée divine et les effoits de l’homme. Toutes les révélations, néanmoins, conservent un type de parenté, qu'il est facile de reconnaitre, malgré les diverses formes dont elles sont revèêtues ; l'apparence change, mais le fond reste. Ce quelque chose, qui ne change pas, ne se pèse pas, ne se voit et ne s'analyse pas, chacun en a conscience sans pouvoir se l'expliquer. Les idées rudimentaires qui ont présidé dans les premiers âges de cette terre à son développement et à celui de ses êtres de toute espèce, quelque méprisées qu'elles soient aujourd'hui, existent encore quoique sous une apparence moins âpre. Le présent et le passé sont rattachés de toutes manières et ont au fond le même caractère ; les aspérités seules du passé s’effacent en devenant présent.

Le développement moral et intellectuel de l’homme n’a lieu que par un changement dans l’ordre physique et matériel de ce qui l'entoure ; voila ce qui prouve d’une manière irréfragable que notre mission est matérielle, lorsque nous descendons de notre état primitif et normal.

Il est tout naturel pour l’homme terrestre de supposer que l'état moral est la plus haute expression possible de la perfec-

tion, car il est dans l'ère où cette idée doit avoir encore cours.

Le mal, le bien et le mieux sont trois choses qui représentent trois états de la pensée humaine, et aussi trois états différents dans ce qui frappe les sens. L'ère physique, on pourrait dire, représente le mal, ou le rudimentaire ; l'ère morale le bien, et l'ère intellectuelle le mieux, ou le très bien. Vouloir néanmoins faire comprendre à la majorité (pendant la durée du bien) q''e le mieux ou le très bien est appelé à le remplacer de toute manière—en donnant aux idées morales, telles qu'elles sont révélées et entendues, un autre sens, ou une autre forme, ce qui pour la majorité représen‘s tou‘urs un désastre, une perte réelle, la destruction, l'anarchie et l'anéantissement radical de toute vérité, —cela, disons nous, serait entreprendre une tâche incommensurable et semer pour ne récolter que plus tard.

Les gardiens de la loi morale üans les deux sphères, matérielle et spirituelle, ont pour mission de sauvegarder le dépôt qu’ils surveillent et de le faire fructifier jusqu'aux dernières limites. Le statu quo ne saurait être le bien radical nulle part. Parmi les gardiens de la loi morale dans le monde spirituel, il s’en trouve un grand nombre, comme sur la terre, qui s’imagigent que l'intérêt est une chose défendue ; ils croient que le capital qu'ils surveillent doit toujours rester le même ; les révolutions seules leur dessillent les yeux, comme à leurs représentants terrestres, à qui ils servent souvent d'inspirateurs. Si on peut accuser le ciel, ou notre monde, de renfermer des agents si peu éclairés et si obstinés dans leur manière de voir, c’est que, comme le monde matériel, le ciel se nourrit aussi de violence. Que d'êtres parmi nous, comme parmi vous, qui ne peuvent pas voir une idée! Nous vous les envoyons, vous nous les renvoyez. Nous avons néanmoins parmi nous, comme sur la terre, mais en plus grand nombre, des êtres moraux actifs, qui ne se contentent pas de dormir sur le bien acquis, mais qui en augmentent la somme. Les saixts strictement contemplateurs n’ont partout qu'un mérite négatif ; pour ceux-là les chutes semblent éternelles.

Mais, dira-t-on, « vous donnez à l’ère actuelle le nom de bien, et pourtant le mal y existe, et és devez le reconnaître.» Ce

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mal, ajouteront tous les êtres absolus de l'ordre moral, « est une tache originelle transmise par l'hérédité et dont un très petit nombre pourra se débarrasser. »

L'ère morale, ou du bien, renferme certainement une partie de ce qui représentait la première ère; l'homme noir, ou primitif, et les qualités rudimentaires y sont réellement aussi bien que l’homme blanc et les qualités éclatantes. Cela prouve-t-il que cet état de choses soit contraire aux lois de la nature, et que ce mal que vous faites si absolu, ne doive pas s’y trouver ? Le mal, cet aiguillon du bien, est assurément mal envisagé dans le sens subjectif, et ne mérite pas tout le blâme qu'on lui attribue. :

Vous ne voudriez pas reconnaitre ce que vous fûtes dans le premier âge de cette terre, s'il vous était donné de vous transporter à ce temps. Le progrès matériel et social qui a été amené sur ce globe a aussi déterminé le progrès dans l'organisme humain et dans les manifestations du moi. Raisonnez donc assez juste pour reconnaitre cela ; ce calcul est bien simple à établir, Que ceux qui se vautent d’être logiques le prouvent pär leurs raisonnements, sans quoi ils ne sauraient être des autorités. :

L'ère noire, ou l’ère physique, a été inaugurée sur la terre par l'homme noir! Mais, direz-vous, vous hommes blancs qui méprisez souvent vos frères noirs jusqu’au point d'en faire encore des esclaves :— «nous n'avons jamais été noirs ! !»— Les privilèges ne sont pas reconnus dans le Code naturel. Vous tous,vous avez été noirs, et bien noirs, et vous avez eu les traits grossiers, au physique, au moral et à l’intellectuel, qui distinguent les races les plus rudimentaires de l'Afrique. Vous avez tous êlé «annibales de la pire espèce—à l’état d'hommes noirs et à l'état d'hommes rouges. Les noirs et les rouges qui se trouvent encore sur votre terre n’y sontque par le fait d’immigrations subséquentes à votre première venue et représentent des chutes nouvelles de l’état d’âme.-—- Voila ce que nous enseigne le travail de nos intelligences ; l'induction et la déduction nous ont conduits à reconnaître cette doctrine, ébauchée par les sages de la première ère. L'homme orgueilleux et présomptueux ne saurait admettre cette doctrine. Lu vérité

choque les passions, mais elle réjouit la vertu et la raison. Nous, nous reconnaissons bien avoir subi ces différents étatsinférieurs dans nos existences passées, et cela ne nous rabaisse nullement dans notre pensée. L'homme dans sa condition de missionnaire est nécessairement sujet aux troubles et aux vicissitudes qu'il rencontre, D'après tous les systèmes ayant cours dans l'ordre moral, le séjour de la terre serait pour l'homme une expiation, dont le but serait de le racheter de ses méfaits, antérieurs. La présente version sur la chute n'est-elle pas plus propre à expliquer ce fait, tant controversé, que celles qui l'ont précédée ? N'est-ce pas là un progrès sur le passé ?

L'homme apprendra désormais à ne plus avoir honte de luimême, ni du Père Eternel, car, il faut bien le dire, tous ceux qui ont voulu analyser les doctrines admises sur la terre et les concilier avec la nature de Dieu, telle que le for intérieur la perçoit, ont toujours rencontré un trouble douloureux dans de tels examens. La pensée se révolte à l'idée de faire du Père Eternel un être vengeur, bien autrement implacable que le père humain. Non, la-pensée humaine, nécessairement bornée, ou psychologisée (pour nous servir d'un mot nouveau) dans les deux premiers états généraux de son existence matérielle et spirituelle, ne saurait connaître la vérité aussi largement que lorsqu'elle s'est affranchie de ces deux états et qu'elle occupe l'état intellectuel.

La pensée ne saurait admettre de barrières ihfsnébiebles lorsqu'elle s'inspire des hautes facultés de l'intelligence. La mission seule retient l'homme sur la terre et dans le monde spirituel; mais cette mission est bien loin d'être éternelle. Voyez les progrès accomplis et ceux qui se font journellement, cela est quelque chose, cela compte. Ne pleurons donc pas sur notre délaissement imaginaire, sur nos fautes, sur la leuteur avec laquelle nous procédons dans notre mission. L'avenir ne saurait être aussi obscur que le passé et mène le présent pour aucun des enfants de Dieu: ce titre seul ne dit-il pas tout ? : L'avenir si ardemment attendu de tous, qui inaugurera la fin de la mission de chacun dans les deux sphères, matérielle et spirituelle, ne peut pas se trouver -dans la nuit de l'éternité ; de plus, l'homme fatigué sur la terre ne va-til pas récupérer

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