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ses forces dans notre sphère et jouir là de ce qui lui manquait ? Le sommeil journalier même ne sert.il pas à adoucir ses peines, à part toutes les jouissances domestiques ou autres, petites ou grandes, qu'il rencontre en tous temps et en tous lieux ?
Ceux qui sont encore dans le noir et le sombre de leurs deux existences, terrestre et spirituelle, voient nécessairement noir et sombre ; mais ceux qui veulent s'émanciper et qui désirent lire couramment dans les mystères de la vie et se rendre compte et raison de toutes choses, ne doivent pas être arrètés par les alarmistes qui voient des dangers et la perdition partout; ils doivent faire des miracles au moyen de la connaissance des mystères et n’en laisser le monopole à aucune classe spéciale, comme vous diriez. Ce mot ainsi que celui d'absolu, représente une absurdité, ou un contre-sens, que l'observation môûrie fera reconnaître comme tel.
« L'homme à l’état d'Esprit agit sur les fluides qu'il transmet à l'homme matériel pour être rendus concrêls»—Voilà, en quelques mots, un exposé qui renferme toute la mission de l'homme. L'idée, la combinaison et la formation de toutes choses existantes sur la terre ont pour source imraédiate le monde spirituel. En effet, rien n'existe sur la terre qui n'ait auparavant vu le jour dans notre monde, comprenant entièrement les trois ordres des connaissances, à savoir : scientifiques, morales et philosophiques. L’artisan, le cultivateur, le mécanicien, le chimiste, le botaniste, l’astronome, le moraliste, le philosophe, etc., s'inspirent tous, plus ou moins, de nos régions et copient tout simplement nos œuvres, d’une manière consciente ou inconsciente.
Ceux qui partent de la terre avec la conviction que le travail ne leur sera plus imposé et que le but définitif est atteint, demeurent quelquefois assez longtemps sans prendre une part active au mouvement qui se fait autour d'eux, mais cela ne dure guère ; la voix de la conscience et celle de l'exemple les réveillent bientôt de leur léthargie. Le bonheur complet, tant souhaité, ne s'annonce qu’en partie seulement ; voilà une nouvelle déception qui leur communique de nouvelles idées et qui les prépare à l'avancement.
En donnant à Jésus de Nazareth le titre de l’homme-Dieu,
les chrétiens, qui ne prétendent croire qu'en un seul Dieu, violentent la raison et tombent dans l'idolâtrie qu'ils reprochent aux autres. Comme titre honorifique exprimant la reconnaissance et l'admiration, le mot d'homme divin a été souvent employé à l'égard d'autres prophètes ; les titres flatteurs de cette espèce, néanmoins, n’ont aucune raison d'être ; le bienfaiteur ne fait que remplir son devoir en dotant ses semblables de ses inspirations et ne réclame pas la reconnaissance exagérée qui ne fait que rabaisser ceux qui l’expriment. Le bienfaiteur est humble et sa mémoire ne doit pas être placée sur le piédestal de l’idolâtrie. Un frère ne doit pas être déifié dans la pensée de ceux qui le chérissent.
Il est toujours dangereux d'accorder à ses semblables une place trop grande dans ses affections ; le cœur trop rempli nuit au libre exercice de l'intelligence et en trouble l’action. Les émotions sont agréables aux caractères faibles, mais elles deviennent même pour eux un poison, lorsqu'ils s'y abandonnent trop souvent et trop longtemps ; le même air devient vicié et mortel à force d'être respiré. L’initiateur à qui l’on confère le titre et les priviléges d'Autorité absolue est par là isolé de ses amis trop zélés, ou fanatiques, et se trouve dans l’impossibilité de les secourir au besoin. L'individualité appartient à tout homme, et malheur à celui qui en fait volontairement peu de cas ou qui l’abandonne.
Que l'existence qui vous attend ne vous semble pas menaçante ; le Dieu vengeur—comme idée—est de l’ancienne révélation et n'a aucune raison d’être dans la nouvelle.
En admettant la chute de l’homme dans le sens ordinaire, on met fortement en doute l'existence du progrès, si on ne le uie pas positivement. La philosophie reconnait le progrès, et la Morale pleure le plus souvent sur « la décadence de l’humanité. » Que fait donc la science ? Elle travaille à les servir l’unet l’autre suivant la nature des circonstances. La philosophie
est la manifestation intellectuelle du moi,—la morale n'en est que la manifestation secondaire, ou inférieure, et la science
n’en est que la manifestation rudimentaire. Lequel de ces trois règnes offre à l'homme le plus d'avantages ? Les évènements qui ont lieu actuellement sur la terre ne
sont pas dus en entier à ses habitants. Le temps est arrivé pour üne grande transformation qui se fera en dépit des empêchements de toutes sortes. Le monde spirituel communique en ce moment une nouvelle direction au monde matériel et y prépare un nouvel ordre de choses dont le grand nombre ne se doute pas.
Que de révolutions dans l’ordre moral n'ont-elles pas déjà eu lieu sur la terre! C'est l'intelligence qui les a provoquées toutes, et les événements d’un ordre physique, ou politiqu2,ont toujours servi à les amener, du moins celles qui avaient une importance majeure. N'allez donc pas croire que les idées philosophiques soient sans valeur et sans effet sur les destinées et qu’elles n'aient pas la préséance sur toutes les autres. Le fluide invisible, impalpable et vaporeux qui part du cerveau et qui parcourt sans bruit les réseaux nerveux, met en mouve ment tout l'organisme phvsique de l’homme et lui fait accomplir des choses merveilleuses. Il en est de mème des idées philosophiques dans l'organisme social; le cœur, ou les êties moraux de cet organismt ont beau ‘offrir de l'opposition et se ré“olter contre toute nouvelle direction, ils sont toujours forcés de se rendre à la volonté supérieure qui les domine, et qui ne s'exerce que dans l'intérèt général. L’être dans l’état moral n'est pas positivement un être raisonnable : il ne l’est que négativement, et, comme tel, son rôle dans la société se borne, en thèse générale, à transmettre aux enfants les messages que lui confie l'agent supérieur. Cet agent ne croit pas et ne peut enseigner à croire à des chutes absolues, ni aux créations surnaturelles, soit dans le sers physique, soit dans le sens moral,soit dans tout autre sens.
L'état moral n’est qu'un état de transition, de sommeil, où le cœur est plus actif que l'intelligence. L’ètre qui subit cet état dans la première phase est plus intelligent que lorsqu'il entre dans la seconde phase ; l’histoire depuis dix huit cents ans passés vous le prouve sur une grande échelle. Pourquoi est-il alors moins intelligent ? C'est parce que dans la première phase il est actif, il lutte, tandis que dans la seconde il est négatif, ou conservateur, —il dort et il réve. Les réves disparaîtront avec le réveil prochain.
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En s'incarnant sur la terre, l'homme apporte avec lui un itiuéraire tracé d'avance, qu'il suit sinon daus tous les détails du moins dans l’ensemble. Mais, dira-t-on, où est le libre arbitre ct son action ? En répondant par cetie question—«lhomme à l'état d'esprit n’est:il pas un être pensant et prévoyant» ?—or aura de suite la solution. Le voyage que l’homme entreprend sur la terre, qui lui est familière, n’est pas d'une longue durée à ses yeux, et, s’il ne se rend pas à la destination désirée, au but proposé, il retourne à sa demeure pour recommencer une autre fois. De plus, l’incarnation n’est pas une chose pénible pour celui qui la recherche ; le grand nombre la désire et l’appelle de ses vœux. Ceux qui ont été le plus malheureux sur la terre, ceux surtout qui l'ont été par des fautes dites voloutaires, demandent à grands cris la ré-incarnation. Le mouvement est essentiel à l’ètre physique, et la terre offre fortement cette condition particulière ; c’est pourquoi les êtres physiques recherchent la terre avec ardeur et s’y établissent avec joie. —Mettons le voile de l'amour et de la charité devant nos yeux, lorsque, le Code moral à la main, nous voulons critiquer et apprécier les actions de ces êtres pendant leurs séjours sur la terre et au moment de leur départ, et, au lieu de condamner, nous saurons plaindre,
En se faisant le manœuvre du Créateur, l’homme ne se noircit pas seulement au physique ; son cœur et son intelligence perdent leur éclat primitif en traversant la nature spirituelle et la nature matérielle. Ceux qui ont été blanchis à force de ré-incarnaiions devraient se souvenir de leurs états passés,lorsqu'ils étaient «ussi noirs de toutes manières, que ceux qu'ils condamnent souvent si implacablement. Si l'étincelle divine chez l'être physique est tellement imperceptible quelquefois, c’est qu’elle rst partie du Grand Centre plus tard que celle qui apparait si brillante chez l'être moral ou l'être intellectuel. Celui qui vous paraît si immonde, si vil, si méprisable, si coupable, si vous le vouliez, sort du lieu de délices incommensurables où vous voulez rentrer. Il en est parti comme vous, il y retournera comme vous. L'heure de’‘son départ est récente, la vôtre est déjà lointaine.
Ah ! ne proscrivez pas de la terre l’homme que vous appelez coupable, ni au nom de la justice, ni au nom de la morale, car vous agiriez sans sagesse. Les fautes que vous lui reprochez sont celles que vous avez commises, et que vous commettez souvent encore en vous-même. Les fautes ne demandent que des conditions favorables pour devenir des vertus.
Ah, mes frères ! qui pleurez sur les souffrances et les fautes de vos proches et qui étendez autour: d'eux les bras de l'amour pour les proiéger et les sauver, que n'’agissez-vous de même envers ces malheureux qui sortent de l’emibrassement divin ! Ah ! ne mettez pas sur leurs fronts le sceau de la réprobation. L'homme qui aime pardonne facilement. N’aimez-vous donc pas ? Aimez si vous voulez être aimés. Aimez tous les hommes, car ils sont tous vos frères; n’en condamnez aucun, tar ils seront tous sauvés. Ne portez plus de jugementsinutiles.
La loi de l'amour est venue pour éclairer le monde et vos cœurs, non pour l’obscurcir et vous endurcir. Le soleil vous éclaire tous et vous prodigue ses caresses avec amour : de mèême la lumière divine s'étend sur tous les êtres et les embrasse. Tous les mondes sont éclairés de la même lumière et tous les cœurs en reçoivent la chaleur. Ne dites donc pas qu'il y en a de maudits. S'il existe des coins reculés quelque part qui forment des ombres, des précipices qui retiennent l'obscurité, de nouveaux venus dans le champ du travail matériel qui faillissent parfois et succombent, des enfants dans la nouvelle vie, et qui, moins expérimentés que vous, comriettent des écarts que vous avez vous même commis, —c'est que cela est encore utile à l’harmonie et au développement.
Aimez-vous les uns les autres.—Ces paroles divines, les lèvres humaines les répètent, mais elles doivent être répétées, et senties par le cœur, par tous ceux qui croient en Dicu, en son amour infini.
Ceux qui eroient à l'efficacité de l'amour doivent s'en servir plus pour les autres que pour eux-mêmes. Frapper le malheureux qui a suecombé et qui souffre, c’est l’endurcir et lui communiquer la haîne. Que de malheureux ainsi dotés par vous pullulent au-dessus de vos têtes et empoisonnent votre atmosphère morale ! Eu douteriez-vous ?
La justice implacable sévit journellement contre ce que vous nommez l’écume de votre monde. C’est un levain qui fermente autour de vous, qui s’introduit dans le sein de vos familles et les désole. Les expulsés ne font que sortir de l’organisme matériel et ne s'éloignent pas pour cela du lieu qui leur a été assigné par la pensée divine. Vous les condamnez et leur enjoignez de s'éloigner de vous, mais ils restent là où ils doivent et où ils ont droit de rester. Ceux que vous nommez les ennemis de la société sont encore parmi vous après leur expulsion, quoiqu’à l’état d’invisibles, et sont plus à craindre alors qu'avec l'enveloppe que vous leur ôtez ou que vous les forcez d'abandonner en ne veillant pas à leurs besoins.
L'homme, éclairé par le code moral, a une mission bien grande à remplir. Que de fronts ruisselants n’a-t-il pas à essuyer! Que de cœurs meurtris par la douleur ne s'offrent ils pas à son amour pour être consolés ! que de souffrances de toutes sortes ne se présentent-elles pas à la portée de son ministère !
L'homme moral a-t-il le droit d’assombrir sa pensée de chimères épouvantables et de les lancer sur ses frères, présents et absents ?.. Doit-il se faire l’acolyte des furies des mondes invisibles à ses yeux, et leur supposer le pouvoir d'intervertir l'ordre et la nature même de Dieu? L'homme physique peut avoir des idées rudimentaires, mais l’homme moral re le doit pas, car l’amour qu’il accepte pour guide ne vit que de dévouement et d’abnégation. Les noirceurs de l’homme physique ne doivent pas déteindre sur l’homme moral au point d’obscurir sa vision et de troubler le cours de ses actions ; c’est l’homme moral qui doit influer sur l’horame physique et répandre sur lui des espérances salutaires et certaines et les grands reflets de la charité fraternelle. L'homme physique est homme de foi, et l’homme moral ou d'espérance doit savoir lui communiquer les hautes qualités qui appartiennent à sa nature. L'homme d'espérance ne croit pas, dans le véritable sens du mot: il attend; lorsqu'il croit il ne croit qu’au passé. Pourquoi donc ne croirait-il pas à l'avenir puisque cela lui est annoncé ?
Vivre d'espérance et d'amour, c’est pour l’homme moral vivre de bonheur et dans le bonheur. Ceux qui s’échappent de la sphère morale pour entrer fan la suivante, peuvent sembler
à l’homme moral avoir perdu de leur mérite. Les premiers pas dans l’intellectualité sont nécessairement et naturellement physiques et n’offrent pas d’abord les avantages visibles et les grâces qui ne sont que les suites du développement dans tout état. L'homme d'amour n’a-t-il pas aussi été physique dans sa sphère ?—Que l’homme d'amour qui se fait le guide des autres s'inspire des hautes qualités de son état et de sa position responsable, et qu’il sache bénir aussi bien les partants que les venants ; à ce signe, l’homme de bien se fera connaître et reconnaître de tous. Ce développement de l’amour n’est inaccessible pour . personne et tous doivent y tendre de toutes leurs forces. Les grands cœurs ne sauraient avoir trop d'espérance et d'amour; aimer au-delà du visible n’est pas aimer follement. Sachez dons, vous qui embrassez des familles nombreuses qui se laissent guider si docilement sous votre tutelle et par vos conseils, bénir et aimer ceux qui sortent de vos troupeaux: la condamnation n'appartient pas à votre ministère. Aimez les absents comme les présents et étendez visiblement sur eux vos sourires et vos grâces. Si vous agissez ainsi, vos brebis ne vous en aimeront que davantage et la fraternité ne sera pas un vain mot. La barbarie qui a imaginé des peines sans relâche pour le méchant, s’est servie d'un stimulant auquel vous ne devez pas avoir recours. La pensée sous le régime moral n’est pas liée aussi étroitement qu'auparavant et doit embrasser un horizon plus grand ; occupant un étage supérieur, elle doit voir plus et mieux qu’autrefois.—Les lieux de tourments existent toujours, car la création est constante, ce qui cause, en un certain sens, —l’éternité des peines.—Cette version, qui est la vraie, a déjà été comprise et admise par les hommes d'élite sur la terre, mais le plus souvent sans la croyance à la pluralité d’existences : le temps amène une lumière plus grande, et le progrès dans la création apporte nécessairement le développement dans les idées. Que ceux qui voudraient voir le pourquoi de l'existence des idées rudimentaires dans le passé, se demandent pourquoi ils ont été enfants avant d’être adolescents et hommes, pourquoi ils ont eu les habitudes, les goûts et les idées de cet âge, et leur étonnement cessera.
La morale enseigne à aimer et non à haïr, à condamner et à
, punir, de près ou de loin. Que veulent donc dire ces croyances impies qui se trouvent encore parmi les sommités officielles de la nouvélle loi ?.… Est-ce un reste des âges barbares que les è hommes ont encore voulu garder et qu'ils se complaisent à ca- , resser ? Un pareil alliage défigure trop aujourd’hui la loi mo- , rale et lui assigne des bornes, des limites qui ne lui conviend nent pas. L'amour de Dieu s'étend sur tous les hommes 3 indistinctement et les élève tous vers lui. Pourquoi donc vouè loir reculer aux âges passés, aux idées grossières, lorsque les ! ; lumières nouvelles sont si belles, si glorieuses ?.. Pourquoi les | , guides des masses se font-ils un devoir de croire à la puissan- 3 ce de l'esprit du mal, qui est déchu de son empire depuis l’avè- | id nement de la loi d'amour ?.… Croient-ils que la nouvelle loi à soit inférieure, en théorie et en pratique, à la première ?— | 3) pourquoi donc le proclamer ? C’est que l'amour chez eux est ; encore à l’état d'adolescence et rempli des passions de cet âge. 8 Le chemin de la vie de l’homme lorsqu'il s’exile de sa patrie ! id offre toujours pour tous les mêmes difficultés ; mais, direz- | à vous, les accidents peuvent retarder celui-ci et non celui-là. Tous j commencent la vie missionnaire au même point et rencontrent ji par conséquent les mêmes accidents ou les mêmes difficultés, *" pour mieux dire. Mais, direz-vous encore, «si l’'émigration de .) st l'homme à l’état d'âme est constante, celui qui arrive main- | n tenant pour la première fois sur ce globe, ou dans sa couche spiit rituelle, ne peut pas y rencontrer les mêmes difficultés que al ceux qui l'ont précédé ?» Si la création n’était pas constante, n cette objection serait juste ; mais comme elle est constante, cette la objection est sans force. Ceux qui arrivent maintenant sur ME cette terre avec les caractères de la bestialité en quelque sorte, “ sont encore bien avancés relativement aux habitants d’autres e
planètes, sur lesquelles beaucoup d’entre vous ont laissé leurs e- empreintes. Il est des saisons périodiques dans l’histoire de
01 toutes les planètes, où une partie de leurs habitants émigrent n- dans d’autres globes, comme vous même vous émigrez de et temps à autres d’un pays à un autre.
es : La science vous offre des aperçus sur l’histoire primitive de
votre globe qui démontrent un commencement bien grossier ; ; , à les découvertes dans ce sens ne sont pas encore épuisées. La il
science de la logique et de l'analyse mentale fait voir clai- ‘ rement, saus fouiller ailleurs que dans l'intelligence, que l’existence du progrès étant chose certaine, le commencement de tout sur la terre a dû avoir lieu au bas de l'échelle. La chute de l’homme sur la terre, prise dans le sens littéral ou textuel, ne s'accorde pas avec les données scientifiques et philosophiques : les mots mal coordonnés cachent le sens véritable. L'homme pur est devenu ëmpur, dit-on ; ses condilions d’existence sont devenues impures sans nul doute, mais voilà tout. L'agent direct du Créateur est tellement rapproché de son Père, par tousses altributs, que sa déchéance—telle qu’elle est présentée — ne peut pas avoir lieu.
Si les êtres les plus avancés parmi ceux qui sont encore sur la terre, régis par la lumière morale, n’admettent pas la pureté inaltérable et indestructible du moi, en toustemps et tous lieux, l'inspirateur de ce chapitre, éclairé par la même lumière dans la sphère qui vous domine, l’admet ainsi qu’un grand nombre d’autres habitants du même lieu.
Le péché contre le Saint-Esprit, ce qui n’a pas encore été défiui sur la terre, consiste dans le non-développement de l’intelligence ; c’est un mal qui diminue de jour en jour, et qui finira par disparaître du globe terrestre. Le monde spirituel éclaire continuellement le monde rudimentare et enlève petit à petit le bandeau de l'ignorance qui recouvre les yeux de ses habitants.
Le libre arbitre, dont on fait tant de cas sur la terre, n’est pas aussi grand qu’on le prétend. Les rouages de l’organisme humain sur la terre ne sont pas aussi développés que ceux des êtres dits invisibles, et ne fonctionnent pas ave:: la même précision, la même délicatesse et la même force, et, par conséquent, la volonté par leur usage ne peut pas encore produire les mêmes résultats. L'organisme spirituel est supérieur à l'organisme matériel et malgré cela il subit continuellement des changements, afin d'amener un ordre de choses plus élevé. Le libre arbitre de la sphère spirituelle est nécessairement soumis à la grande Pensée Directrice ; à part cela, nos classes exercent une certaine influence l’une sur l’autre en raison de leurs positions respectives. Le libre arbitre collectif subit l’action des mêmes
lois que le libre arbitre dans le sens individuel ou restreint. Le monde véritablement céleste représente la tête du Grand Organisme qui comprend toutes les sphères. Les mondes spirituels en représentent le cœur et les mondes matériels les extrémités et le corps. L'intelligence domine les sentiments et les sentiments dominent les passions ; l’homme passionnel ou l’hornme de la terre peut-il donc prétendre à un libre arbitre absolu ou même considérable ?
S'il est important pour l’homme sur la terre d’avoir une foi religieuse découlant de sa connaissance de la loi morale, il n’est pas nécessaire pour lui, quand il est arrivé à un certain degré de développement, d’avoir un culte extérieur. Du complexe on arrive au simple ; le simple est le vrai au plus haut degré.
La foi religieuse d’un peuple, comme celle dé l’homme individuel, indique son état moral; le degré de l'effet fait connaître le degré de la cause. La foi est un ‘effet et non une cause. La foi est une chose extérieure ; la morale est une chose intérieure. L'intérieur gouverne toujours l'extérieur, et l’extérieur est une image plus ou moins grossière de l’état du développement intérieur. La morale est la loi et la foi est sa manifestation ; laquelle donc occupe le plus haut rang ?
Il faut avoir la grâce, dites-vous, pour croire. IL faut aussi avoir des bras pour pouvoir travailler; les bras néanmoins ne valent pas la tête qui dirige. La foi dirige bien les actions, direz-vous; mais les actions, ou la vie pratique, font changer la foi, répondrions-nous. La foi se fait plus forte, plus belle, plus grande dans l’homme nouveau ou renouvelé. La foi du père et celle de l'enfant sont un même rayon de l’astre moral, mais l'enfant en absorbe plus directement l'influence. Le nouveau-né qui a subi une longue suite d’existences matérielles a plus de puissance, de chaleur et de lumières que celui qui est en arrière de lui sous ce rapport. Le supérieur n’est véritablement pas toujours le père.
Que de changements les articles de foi n’ont-ils pas subis avec les âges écoulés ! Que de changements ne subiront-ils pas encore avec les âges futurs ! La grande roue du temps marche
toujours et élimine toutes choses. Vouloir arrèter le développement de la foi c’est vouloir l'impossible.
La perfection de la foi réside dans la charité la plus grande, la plus illimitée. La charité limitée n’est qu’une chose nominale. La charité s'exerce enversle prochain, quelque éloigné qu'il soit, sous tous les rapports. La charité, telle qu’elle est enseignée et pratiquée sur la terre, est très incomplète. Est-ce là une charité, la fille légitime de l'amour? Le dogme qui n'est charitable que pour ceux qui admettent ses articles est encore loin d’avoir la charité complète : il est encore dans les langes du développement. L’espérance et la charité ne sont pas deux furies qui damnent ceux qui ne croient pas à certains dogmes.
L’oreille qui se fait sourde aux cris de détresse, de quelque part qu'ils viennent, est l’esclave d’un cœur bien peu charitable, bien peu éclairé. Le baume de l’amour—la charité—n'est pas destiné à ceux qui ne souffrent pas, mais à ceux qui souffrent, et les grandes souffrances le réclament davantage. Pourquoi donc proscrire l'exercice de la charité et de l'amour quelque part,—là où ils peuvent faire tant de bien ? Un cachot éclairé par l'amour perd son ignominie et rachète ou élève celui qui s’y trouve, quelque rabaissé qu'il soit; plus le cachot sera sombre, plus cette lumière paraîtra belle et sera bienfaisante à celui qui la recevra : les bonnes choses ne sont jamais refusées lorsqu’elles sont offertes par le cœur !
La fraternité universelle n’est pas un vain mot et nous devons lui rendre hommage dans la personne de tous les malheureux. La fraternité impose des devoirs qu'aucune convention ou règle écrite ne saurait détruire. Où est celui sur la terre qui n’ait pas quelqu'un de ses proches dans une condition malheureuse dans l’autre monde ?.. Qui osera délibérément et sans remords—damner les siens, même tacitement ?—Est-ce celui qui enseigne la charité ?.…
Si l'homme devient plus éclairé, plus clairvoyant, en passant de la sphère matérielle à la sphère spirituelle, cela n’exclut pas la possibilité de réaliser sur la terre les conditions de l'état supérieur. Il incombe aux chefs spirituels de la terre d’être dans des conditions spirituelles afin qu'ils soient en état
de recevoir les dons du ciel. Si les chefs manquent de charité et d'amour qu’adviendra-t-il donc des troupeaux ?
L’assimilation des deux sphères n’est pas encore dans un état bien avancé, c’est pourquoi les rapports de leurs êtres sont entourés de bien des difficultés Que les chefs de la terre recherchent le concours et l’aide de leurs ouailles pour provoquer le rapprochement des deux sphères : l'effort collectif produit l'élévation de tous. La lumière n’est pas le partage d'un noribre ou d'une classe quelconque ; le grand en se faisant petit avec les petits s'élève et les élève, bien plus qu’en se faisant grand et absolu envers eux.
Que l’amour de la terre se ligue avec l'amour du ciel en faveur des malheureux frères pour qui l'espérance est sombre. Que les PorTES jusqu’à présent défendues d’une part—par l’ignorance—soient vigoureusement assaillies de cette part par les bras puissants de l’amour—et ces porRT=s cèderont infailliblement. L'organisme spirituel a besoin du concours de l’organisme matériel pour pouvoir bien fonctionner et remplir ses différentes missions. L'unité d'action conduit au développement du tout. L'organisme divin ne pose pas de limites à l’action de l’amour et du bien. Celui qui élève un damné attire sur lui les sourires divins. L'amour de Dieu ne connait pas de limites ; pourquoi donc ses agents en connaitraient-ils ?
Mais, dira-t-on, la révélation a toujours enseigné à l’homme terrestre : que le pécheur ne peut pas entrer dans le royaume du juste, et que des peines éternelles l’attendent après le trépas. La Révélation ne saurait se contredire, direz-vous.— En proclamant aujourd’hui le salut de tous, la Révélation nouvelle ne brise pas les fondements essentiels de toutes celles qui l'ont précédée. La vérité pour être comprise fe l’homme à l'état d'enfance doit se revêtir de formes convenables à cet état ; l’adolescence même est toujours incapable de recevoir la vérité complète ; jusqu’à sa maturité l’homme terrestre devra donc s'attendre à voir des changements dans la Révélation.
La révélation ne procède jamais d’une manière absolue, puisqu’elle n’embrasse toujours qu’un petit nombre de croyants d'abord. En proclamant le salut de tous, ou l'amour infini, la révélation du jour ne s'attend pas à réaliser un succès immé-
1] diat et général ; la conversion ne dépassera pas les bornes du !! possible, du nécessaire. L'ancien levain d'idées devra né- | cessairement encorc avoir cours sur la terre et s’individualiser pendant bien des âges encore dans une foule d'hommes prépo- | sés à les recevoir.
| Cette révélation n'est pas plus inexorable dans son action que | les autres ne l'ont été ; elle ne force personne à croire ; elle se | fie à l'avenir bien plus qu’au présent pour avoir de nombreux (| adhérents. Les incarnations nouvelles sur la terre rempliront |! À infailliblement les cadres du bataillon sacré de l'amour ; le il progrès qui attire les éprouvés attire aussi les réprouvés.
| Mais, dira-t-on, la révélation actuelle ne comporte pas le ca- à. | ractère des révélations passées : elle n’a pas enfanté une Auto. | rité visible muuie de pouvoirs surprenants ou miraculeux. Non ! L'amour éclairé ne comvuande et ne s'impose pas, il invite : il s’immisce dans tous les rangs sociaux non comme une autorité mais comme un ami. La révélation actuelle a déjà des millions d'agents ; elle parle par bien des bouches et s’exprime même de diverses manières qui paraissent con:radictoires au premier abord. Elle procède en cela comme toutes les révélations précédentes ont procédé ; elle a produit des faits surprenants, dits miraculeux, en grand nombre partout, et elle | tient en réserve des manifestations d’un ordre supérieur à tous Û ceux là qui auront lieu au moment convenable.
L'autorité aigrit ceux qui la subissent et devient impuissante ù dans son action lorsque l’homme est émancipé par le dévelop- | pement du cœur et de l'intelligence. Que sont tous les hommes
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en réalité les uns à l'égard des autres sinon des égaux? La fraternité donne à tous les mêmes droits. Les âges barbares
et incomplets seuls font des distinctions entre les hommes, En Ceux qui représentent encore ces âges seront les seuls qui ne se |
rangeront pas sous la nouvelle bannière. La terre a encore besoin d'hommes physiques de toutes sortes et ils naîtront et
| renaîtront encore sur la terre durant bien des siècles à venir.
(ll La répartition des rôles dans la vie procréatrice de l’homme | amène nécessairement des distinctions d'emplois (que tous subis- À sent) et qui jusqu’aujourd’hui ont été envisagés comme compor-
tant une distinction réelle de valeur intrinsèque aux points de
vue collectif et individuel. Le voile de l'avenir devient transparent aujourd'hui pour un grand nombre de travailleurs, pour ceux qui sont à l'œuvre depuis longtemps ; ceux-là n’apercevront plus la Divinité durant cette mission à travers un voile sombre et menaçant, et ils pourront encourager leurs frères dans leurs peines en leur montrant un terme plus ou moins éloigné pour chacun, où tous jouiront encore de la plénitude du bonheur.
Tous les yeux s'élèvent vers l’invisible et interrogent l’espace sur la nature de l'inconnu ; toutes les intelligences sont avides de savoir et sont portées à l'analyse. Personne ne se rebute réellement à la recherche de la vérité malgré les innombrables difficultés qui en défendent l'approche. L’avidité de l’intelligence dépasse celle des sens et des passions et ne peut être assouvie ni sur la terre ni dans notre sphère. L'homme par son intelligence aspire au Très-Haut, même quand il est dans les profondeurs du très-bas. Le souvenir de l’état normal est une lumière microscopique dans l'intelligence de chacun, mais cette lumière suffit pour guider tous les hommes au—point de départ—qui est le point final de chaque mission procréatrice,
L’ère rudimentaire élève de nombreux autels où la Divinité est représentée sous une foule de formes grossières. Comment l'idée de Dieu ne serait-elle pas informe pour l’homme lorsque son entourage est rude et menaçant ?... Les fantômes obscurs ne naissent-ils pas dans l'obscurité ?
L’adoration polythéiste représente toujours un état rudimen:taire, l’adoration trinitaire un état plus avancé, et l’adoraration unitaire l’état complet, celui vers lequel tous les cultes et tous les hommes tendent et auquel tous arriveront.
Durant les premiers âges de la terre, l’homme rencontre une nature en quelque sorte implacable qui le terrasse souvent dans le combat et qui le force à changer fréquemment d’organismes pour la vaincre. La réincarnation est alors fréquente. Le mouvement est alors grandiose, gigantesque, éperdument féroce ; le sifflement des atômes dans leurs courses effrénées engendrent des tempêtes effroyables autour de l’homme et en lui ; la vie est pour lui un combat continuel et sans merci, où il est forcé d'employer des HIONEUS en raison de la résistance et