‹ Coup d'oeil sur l'homme et sa chute [microforme]Chapitre 8 sur 12 · FRS TRES ENT · texte numérisé non relu

FRS TRES ENT

de l'état des choses.—L'homme, simplement moral, s'il assistait aux commencements de l'habitation d'une planète quelconque, frémirait de dégoût et d'horreur, et dans son ignorance, à cette vue, il implorerait la Justice Eternelle pour faire cesser cet état de choses épouvantable, où l’extermination de l'homme par l'homme a lieu incessamment avec des rafinements de sauvagerie incroyables.—En élevant les yeux cet ètre moral apercevrait alors des anges resplendissants qui, au lieu de frémir d'horreur sur ce tablean,lui'adresseraient des sourires encourageants.—Voir n’est pas toujours comprendre.

J’homme adore ses premières œuvres, comme l'enfant s'extasie sur ses premiers dessins onu tout autre travail de ses mains. L'homme à l'état rudimentaire croit à tout ce qu'il voit et prète à toutes choses dont ses sens ne peuvent se rendre compte des vertus extraordinaires. Les astres deviennent pour lui des divinités : les éléments des furies qu'il combat et qu'il cherche à apaiser par des sacrifices de toutes sortes ; ses semblables qui se distinguent en quelque manière deviennent des génies bons ou mauvais qui exercent un contrôle immédiat et arbitraire. Voilà ce qui distingue l’homme durant les premiers âges terrestres. Le déchainement des passions arrive dans tous les âges lorsque de grandes révolutions viennent changer l'ordre des choses ; le règne des êtres physiques a alors lieu.

Voulez-vous faire disparaitre les idoles, les autels rougis de sang, les sacrifices qui outragent vos sens et votre raison, les préjugéset le fanatisme de vos frères qui vivent presqu’à l’état de bestialité, enseignez leur d’abord les premiers éléments de la science de la vie active,qui sont d’un ordre vhysique ; rendez leur pôsition matérielle moins précaire, ardve et difficile. Lorsque le bien-être matériel se fait sentir, l'homme, dans toutes les conditions, devient prêt à embrasser la morale et à suivre ses lecons. Ce genre de sacerdoce est celui qui réussira toujours le mieux auprès des malheureux qu’on veut relever. Le ministère de l’amour sacre celui qui est charitable ; l’ordination véritable consiste dans les actes, et le vœu n’est réellement utile que lorsqu'il se manifeste au profit d'autrui.

Pour abolir le règne de l’idolâtrie chez les nations barbares,

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y il faut d'abord purger ses propres temples, ceux de pierre et ceux de chair, de tout ce qui peut faire un pendant à ce que t l'on veut abolir ailleurs Comment voulez-vous faire croire r aux peuples sanvages qu'ils ne doivent reconnaitre et n'adorer - qu'un seul Dieu si vous en reconnaissez et en adorez plusieurs a vous-même ?.. L'homme à l’état rudimentaire, comme l'enfant, r a souvent une logique qui est de nature à surprendre celui qui - veut l'enseigner. La vérite à l'état physique est hardie et vive et ne veut souvent reconnaître sa sœur—la vérité morale— - que lorsque celle-ci est récilement aimante et éclairée. Voilà 8 LL ce qui pourrait en grande partie expliquer le peu de conver- Il sion que la vérité morale a effectuée chez les nations qui ne ree connaissent pas encore la vérité au de-là de ses premières phases. It La Mère Chrétienne (ou l'Eglise) a tenu des Conciles où la it voix des pasteurs seule s’est fait entendre. Il incombe aujours d’hui aux fidèles d’avoir leur tour. Ce sont les fidèles qui for- It ment l'Eglise, qui en sont la bâse, le centre et le couronnement. it La grande et glorieuse République chrétienne impose à chacun > de ses membres le devoir de prendre une part délibérante à la e chose commune. Le suffrage universel est la conséquence na. it turelle de toute république. Les représentants qui fonctiona nent à vie deviennent virtuellement des dictateurs et donnent à toute espèce de république une nature monarchique qui dee vient une anarchie.

8 Il est aujourd’hui plus que jamais du devoir de ceux qui e sont dans l'Eglise Mère et de ceux qui en sont séparés en partie ou | a tout à fait, soit par suite des Réformes ou par le fait de l’in- | r crédulité,—de revendiquer leurs droits, de rétablir les bises ‘l e communes qui ont été violées par la Hiérarchie. { 1- Le mot Eglise a depuis longtemps un sens tellement perver- | 2. tiet faux, même parmi les gens soi-disant éclairés, qu'il est | e rendu méconnaissable et incompris. Ce mot comporte pour le | ». grand nombre—l'Autorité — l'autorité absolue, contre laquel- | i- le ni l’homme ni Dieu même ne sauraient intervenir. Aussi il e le mot Eglise est-il vu et entendu avec répugnance, avec hor- 4 reur, par ceux qui aiment et qui connaissent la valeur de la li- fl 8, berté.

Le mot Chrétien aussi a acquis une triste célébrité. et beau-

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