‹ Coup d'oeil sur l'homme et sa chute [microforme]Chapitre 9 sur 12 · TRES · texte numérisé non relu

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coup d'hommes abhorrent ce nom, car il exprime pour eux toute autre chose que ce qu’il comprend et signifie réellement. Ce nom a été tellement ur manteau pour couvrir des horreurs qu'il cause parfois de l’effroi et du dégoût. (Ce ne sont pas les

” fidèles qui unt outragé ce nom. Non ! mais bien ceux qui de-

vaient le sauvegarder de toute impureté, de toute souillure. Si la République spirituelle n’eût eu que des représentants mobiles, élus à court mandat par les représentés, les annales chrétiennes ne seraient pas tellement rougies de sang.

La République spirituelle dont Jésus de Nazareth fut l’initiateur par excellence embrassait tous les hommes avec les bras de l'amour, et repoussait les hiérarchies permanentes qui l’auraient souillée et corrcrapue,—comme cela est arrivé depuis., Le Christ ne fit pas la guerre à l’ancien ordre de cho ses pour le rétablir sur les bâses nouvelles qu'il fonda. Il ne fouetta pas la hiérarchie de sa parole éloquente et sévère par. fois pour la faire revivre dans la personne de ses apôtres ou de ceux qui se feraient leurs successeurs. L'enfant du peuple n’aspirait pas aux honneurs puérils de la royauté, dans aucun sens, et ne conseilla pas à ses frères, de tous les âges, de retomber dans le culte du veau d’or. 1l enseigna la charité, l’amour et la tolérance comme seuls dogmes, et le mépris des honneurs, des immunités et des privilèges.

Les classes privilégiées ont été de tous temps les ennemisles plus acharnés, les plus dangereux du peuple, soit dans le sens matériel, soit dans le sens spirituel. Dans le sens spirituel ce danger est encore plus imminent que dans l’autre sens. Obscurcir l'horizon politique ou économique n’égale pas en funestes effets l’obscurcissement de l'horizon spirituel. Une famille royale s'éteint bientôt, mais une royauté cléricale ne s'éteint que très difficilement, tellement elle s’enracine profondément dans le corps social. Une eau souvent renouvelée communique la santé au corps. Une foi souvent renouvelée se purifie et s'élève, et les administrateurs souvent renouvelés conservent un caractère digne, qu’ils perdent infailliblement dans la condition contraire.

La République spirituelle ne pose pas les administrés ou les fidèles dans une condition de dépendance servile. L’adminis-

trateur, individuel ou collectif, n’est en réalité, qu’un portevoix des pensées de la majorité des représentés, et ne vaut jamais ceux qu’il représente.

La République spirituelle ou chrétienne a-telle conservé son caractère primitif ? Scs représentants ont-ils été humbles et soumis aux règles du principe qui a présidé à la formation de la grande et glorieuse République ?... Non! La représcntation a été ure chose forcée où les fidèles, les peuples, n’ont pas eu de voix, mais où l'ambition, l'amour du pouvoir et de semblables mobiles condamnables seuls ont parlé et agi.

Il est aujourd’hui grandement temps que ceux qui aiment le gouvernement représentatif dans sa véritable essence s’efforcent et se fassent un devoir sacré de le rétablir sur ses bases rormales. La société n’a pas seulement besoin de Conférences politiques. Il est encore plus urgent pour elle en ce moment que des Conférences d’un ordre spirituel aient lieu, et que ces conférences aient des bases larges et solides,représentant librement toutes les opinions. les désirs et les besoins de tous les peuples indistinctement. Les conférences sectaires n’apporteraient que des remèdes adultérés et vicieux et ne guériraient pas les plaies vives et sanglantes de la société. Le seul programme convenable pour de telles conférences devrait être :— l'amour de la vérité et de la bonne entente. Avec de telles conditions, l'Esprit Saint, ou l’Intelligence, descendrait sur de telles conférences et les illuminerait au profit de tous les hom. mes.

On pourra supposer que des conférences d’un ordre spirituel et libre n'auraient aucun effet sur les destinées futures et qu’elles ne seraient propres qu’à engendrer des discordes encore plus grandes que celles qui existent déjà ; mais de telles suppositions seraient fausses. On ne travaille pas dans la voie du bien sans obtenir des résultats. La sagesse des nations ne s'exerce pas seulement dans le domaine politique et scientifique ; les questions religieuses absorbent aussi l’attention et l’étude des masses aussi bien que de ceux qui en font un métier. L’habit ne fait pas l’apôtre. Cela est certain. Pourquoi donc ne voir d’apôtres qu’en veux qui portent une robe ou un habit différent de celui du commun des mortels ? Pourquoi prêter

à leurs possesseurs une puissance en dehors de leur ministère et leur supposer des qualités qu’ils sont loin de revendiquer généralement ?.. Les directeurs des consciences connaissent moins les consciences que leurs possesseurs et ne peuvent s'assurer de leurs règles particulières aussi bien que ceux qui en subissent le poids et qui en entendent le souffle intérieur. Les médecins spirituels n’opèrent pas autant de guérisons qu'ils le supposent ; par leur organisation et leur esprit de corps ils arrivent à exercer une forte puissance sur la société dans le sens politique, et se servent souvent de cette influence, de cette puissance, d’une manière condamnable, au détriment du bien général. Ils ne sont jamais au niveau du progrès et des nécessités des siècles.— Les représentants spirituels devraient nécessairement être des hommes pratiques et d’action, et susceptibles de voir dans l’avenir autre chose que la désolation pour le grand nombre de ceux qu’ils représentent. Ceux qui redoutent l'avenir ne sauraint y guider sûrement les autres.

Quelques entraves que les hiérarchies puissent inventer et mettre au devant des mesures et des évènements prochaïins,cela n’empêchera pas l'émancipation de ceux qu'ils tiennent en servitude. Des conférences indépendantes auront lieu, où seront débattus les mystères de la pensée et les miraculeux pouvoirs de tous les hommes. Le règne de l’absolutisme fuira au devant des lumières nouvelles que feront naître ces Conférencesces immenses Conciles des peuples—où les priviléges seront inconnus et foulés aux pieds.

Quatorze siècles passés ont été très activement employés pour construire et étayer un échafaudage spirituel qui n’en a que le nom ; mais cet échafaudage croulera dans un temps prochain.

En consultant les révélations anciennes on trouvera des prédictions qui ont trait à cette époque, aux évènements grandioses qui ne tarderont guère à avoir lieu. Les réactions qui ont pour point de mire une immense étendue de difficultés ont tout naturetlement une immense puissance pour agir.

Au commencement de cette ère les docteurs spirituels (malgré tout leur savoir) ne surent pas se plier aux circonstances, au nouvel ordre de choses, à ses sages leçons, mais ils combat. tirent contre la destinée qui inaugurait visiblement ses décrêts,

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