Vera-Crai (bord delaoïer
aprè»
l'orage.
noj. 17.1
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* Voyaga «léeoté en 1
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nelle à laquelle s'élèvent les vapeurs réchauffées, pendant l'époque de Tannée où le soleil arrive au zénith^ Chaque goutte perce en tombant une très-grande épaisseur d'air et en traversant les couches plus basses de l'atmosphère, elle les refroidit et s'augmente par aggrégation de la condensation de ces couches saturées, au point d'acquérir une grosseur énorme, inconnue sous la zone tempérée*. Il n'est pas rare de
^ Au-dessus de la vallée de Mexico, située déjà à une altitude de près de 7,000 pieds, on aperçoit en été des cirrhus à une hauteur du sol qui paraît encore extraordinaire, et infiniment supérieure à la cime du Popocatepetl. Par le beau temps, on observe quelquefois des éclairs violets qui ont Tair de partir d*urie région plus élevée encore. La nuance de ces éclairs, en rappelant la couleur que Télectricité affecte dans le vide, semble pres4|ue indiquer quMIs sont issus d'une couche de Tatroosphëre, où Tair a déjà atteint un degré de raréfaction assez avancé pour qu'il commence à 3*y manifester les propriétés du vide.
^ Les aguaceros du Mexique sont accompagnés des mêmes phénoinènei électriques que les orages de la zone 'tempérée. Ils sont précédés de ces mêmes bourrasques précurseurs de nos orages d'été, occasionnées par la rupture d'équilibre qu'amène la condensation d'un grand volume de vapeurs. Le cumulus qui surmonte le nimbus se déchargeant d'un grand poids, détermine un mouvement ascensionnel d'air et de vapeurs à travers le centre du nimbus , lequel produit la convergence du nimbus inférieur et l'élargissement du cumulus supérieur, où le courant ascendant s'étale; de là un remou supérieur et inférieur qui se traduit à la surface du sol par des bourrasques que M. Maille désigne sous le nom de turbnns. Sous le tropique, le nimbus n'est pas seulement local comme chez nous, mais en général étendu sur toute la contrée et il s'y détermine à cause de cela des turbons multiples. La répétition quotidienne de ce phénomène et le groupement des cumulus autour des grandes cimes, permettent très-souvent de le suivre à Tœil avec distinction.
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voir la grêle accompagner les orages. En 1847 il en tomba dans la vallée de Mexico une si forte colonne, qu'elle couvrit le sol d'une couche de glace qui mit un jour à disparaître S
La masse d'eau en suspension dans l'atmosphère du Mexique, explique aussi l'état presque constant de bruine qui règne durant l'été dans les régions montagneuses très-élevées. Tous les vents amènent des couches saturées de vapeurs à une très haute température, qui conservent l'état aëriforme et ne troublent en rien la pureté du ciel, tant qu'elles chassent par-dessus les terres plates et chaudes, mais qui se condensent en rasant les massifs de montagnes dont la température est toujours froide. Toutefois il est à noter que cet effet est moins sensible autour des cimes les plus élevées du Mexique, mais isolées comme le Pic d'Orizaba, le Popocatepetl, etc., qui sont cependant bien plus froides que les massifs, puisqu'ils portent des neiges éternelles. En général, le ciel reste serein au-dessus de ces cimes jusqu'à l'heure de l'orage, malgré le vent qui arrive chargé d'humidité. Mais ces grandes montagnes, étant pour la plupart de simples cônes isolés, à forme régulière, s'élevant au milieu de vastes plaines, ne présentent pas une surface suffisante pour refroidir l'atmosphère et pour provoquer une condensation incessante comme les massifs moins élevés, mais plus étendus. Ceci donne
^ Voyez la note I, à. la fin de ce chapitre, snr un orage au sommet du Nevado de Toluca.
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la preuve que la condensation dans les montagnes, a moins sa cause dans le refroidissement que l'air subit au contact du sol que dans le mélange d'air saturé à différentes températures. Dans les pâtés multiples ou massifs de montagnes s'élevant sur le plateau, au contraire, les nombreuses saillies arrêtent le vent et lui impriment des directions variables; toutes les anfractuosités retiennent de l'air à des températures diverses et à nn degré de saturation différent : de là résultent sous l'action des courants un mélange incessant et une précipitation sans cesse renouvelée, qui se traduit par des averses continuelles et un brouillard persistant. L'air de la plaine est obligé de remonter le long des pentes de ces districts montueux, où il trouve une température très-basse, qui le charge de brouillards et ajoute à la précipitation des pluies. J'ai observé cet état de brouillards pluvieux dans toutes les régions de montagnes prolongées et plus élevées que le plateau. C'est peut-être à Real del Monte qu'il est le plus caractérisé; mais je l'ai rencontré aussi dans les massifs d'Angangeo (Mechoacan), dans les montagnes qui s'étendent entre Maravatio et la vallée de Mexico, etc., quoique ces massifs, bien moins élevés que les grands pics, soient loin de porter des neiges éternelles.
•2" Etat atmosphérique et météores aqueux pendant r hiver. — Le passage de la saison des pluies à la saison sèche est beaucoup moins brusque que la transition de
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rhiver à Tété. Il a lieu à des époques variables selon les diverses localités et se fait en général en octobre ; sur le plateau en septembre. Les orages journaliers commencent à manquer à certains jours ; les pluies deviennent irrégulières, elles font défaut pendant un nombre de jours de plus en plus grand, et elles finissent par cesser, quoique souvent on voie reparaître quelques averses. Parfois la saison pluvieuse se prolonge outre mesure, durant le mois d'octobre, comme cela a eu lieu en 1856 et 1857 dans la vallée de Mexico.
Telle est la marche que suivent les pluies pendant Tété. Voici maintenant ce qui se passe en hiver.
Cette saison est, généralement parlant,* celle de la sécheresse. Il est même probable que si l'atmosphère restait toujours calme, il ne pleuvrait guère de toute la saison. Mais pendant cette période de l'année, il règne à des intervalles irréguliers, les vents du nord ou nord-est qui rendent le golfe du Mexique aussi périlleux en hiver qu'il est malsain en été. Gomme l'a démontré Humboldt^ ces vents sont la cause de modifications continuelles dans l'atmosphère et influent d'une manière toute particulière sur la météorologie du Mexique. On peut presque dire que le norte est le symptôme des saisons au Mexique. Il est en opposition avec les pluies tropicales ou orages (Tété. Tant que le norte souffle, la saison sèche se continue et il n'y a pas de fièvre jaune. Du moment qu'il cesse, commencent les pluies d'été. En automne, lorsqu'il
apparaît, on dit que l'hiver a commencé. Toutefois ceci ne s'applique qu'à la partie orientale du Mexique, qui seule est exposée au nortej comme nous l'avons dit.
Le norte souffle parfois des semaines entières : souvent il se relève aussitôt après être tombé ; quelquefois il ne dure que deux jours, et on le voit souffler deux ou trois fois dans la même semaine. Ce vent arrive au Mexique après avoir balayé les neiges du nord ; il tempère la chaleur du golfe ; il emporte au loin les miasmes délétères, et, en abaissant la température de la côte, il amène la santé dans ces régions fiévreuses. Il permet aux gens du plateau de venir impunément trafiquer avec la Vera-Cruz pendant toute une saison, jusqu'aux approches de l'été, époque où il cesse de souffler. L'air qui s'écoule ainsi du nord au sud, traverse des zones de plus en plus réchauffées, et le peu de vapeurs que la basse température des hautes latitudes lui a permis d'emporter avec lui, ne suffit plus pour le saturer, en sorte qu'il se charge en route d'une forte quantité d'eau. Néanmoins à Vera-Cruz il passe pour un vent sec, parce qu'en s'avançant vers des régions toujours plus chaudes, son pouvoir dissolvant augmente sans cesse et que son humidité relative ne change guère. Enfin, en arrivant à angle oblique sur la côte de Vera-Cruz, il trouve là sur les premières plaines de sable une température brûlante qui diminue son état de saturation, et le rend relative*
ment assez sec.^ Mais si le norte est un vent sec pour les plaines de la côte, il apparaît subitement à quelques lieues de là sur le versant de la Cordillère comme un vent de toute humidité'. En effet, après avoir balayé les terres chaudes et basses, sans altérer la pureté du ciel, il rencontre les gradins de plus en plus élevés de la Cordillère; il glisse sur leurs flancs comme sur un plan incliné ; les couches inférieures de l'atmosphère dévient et sont ainsi subitement chassées dans des régions plus élevées, où elles se refroidissent assez pour laisser échapper une forte proportion de leur eau. Aussi, tandis que le twrte souffle à la Vera-Cruz et qu'on y jouit d'un ciel pur, il pleut à Jalapa, à Orizaba, et tout le versant du plateau se trouve en même temps enveloppé d'un brouillard épais. La pente de la Cordillère joue donc le rôle d'un grand mur qui arrête l'air
^ Le climal de la côte du Mexique esl, même en hiver, d'une extrême humidité. Les quelques chiffres qui suivent et que j'emprunte à Touvrage déjà cité du père Cornette pour en déduire la fraction de saturation, viennent à Tappui de cette observation.
rmbre
Tbemi. »«c.
Therm.
humide.
Fraction de saturation déduite.
Vera-Cruz
0,98 (Saturation.
Vera-Criiz
îl*,4
Izabal (Yucatani
^ Encore un de ces contrastes qui tiennent du prodige au Mexique et dont la nature abonde en ce pays. Dans la structure du sol, dans les productions animales et végétales. c*est toujours l'imprévu qui domine II était naturel que la météorologie n'échappât pas à la même loi.
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dans son cours et qui ne le laisse passer qu'après lui avoir enlevé une partie de Teau qu'il contenait, en sorte que le vent, grâce à cette barrière, arrive sur le plateau sensiblement moins chargé d'humidité.
Gomme on le voit, les pluies que le norte amène sur le versant de la Cordillère n'ont rien de commun avec les orages de Tété qui se forment à une grande hauteur et qui proviennent du. refroidissement général des vapeurs transportées dans les hautes régions. Ce sont au contraire des pluies accompagnées de brouillards, et qui ne se précipitent que dans les couches basses. Le brouillard ne s'élève même pas à une grande hauteur : comme il n'est que le résultat du refroidissement des couches inférieures de l'atmosphère contre les montagnes, il se forme à ras terre et ne s'étend que jusqu'au point où l'action réfrigérante du sol cesse de se faire sentir*. C'est naturellement sur les bords de la zone pluvieuse qu'il sera le moins épais, et à sa bande médiane qu'il le sera le plus. Aux abords de la région montagneuse on ne trouve que le brouillard; plus loin on rencontre la bruine, parce que le brouillard y devient assez épais pour commencera se précipiter en pluie; enfm à Jalapa et audessus, la pluie a parfois tout Tair de tomber d'une
^ Hiimboldt dit que Jalapa et Cbilpanzingo sont souven enveloppés de brumes, parce que ces villes se trouvent précisément à la hauteur ordinaire à laquelle se souliennent les nuages de la' plaine maritime. Je ne sais si Ton peut admettre celte explication, car souvent, lorsqu'il pleut a Jalapa, le ciel est serein sur la côte.
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assez grande hauteur, parce qu'en ce point la couche des brouillards s'étend souvent fort haut et que les gouttes de pluie précipitent et font disparaître par moment le brouillard des couches basses.
La pluie couvre toute cette longue bande parallèle à la côte du golfe, large de dix à quinze lieues, qui s'abaisse du plateau vers les terres basses de la côte. Elle n'envahit pas les plaines du plateau; cellesci jouissent du plus beau soleil, comme les plaines de Vera-Cruz, pendant qu'il pleut sur le versant intermédiaire entre ces deux régions.
Sur le point de quitter Pérote pour me rendre à Vera-Cruz au fort de l'hiver et par un violent norte, je n'hésitai pas à faire cette route à cheval, malgré le déluge auquel le voyageur est exposé dans ces circonstances, afin de me faire une idée plus juste de l'état météorologique des différentes altitudes. La ville de Pérote occupe l'une des plaines les plus élevées du plateau (7,200 pieds), quoique située près de son bord oriental. Lorsqu'on voit le soleil brillant dans un ciel pur et qu'on traverse cette plaine de sable brûlant, on a quelque peine à croire qu'à quelques lieues de là on sera enveloppé par une pluie battante continue.
On quitte Pérote par un temps froid, mais avec un ciel serein* . Bientôt on arrive au bord du pla-
^ Souvent il gèle pendant la nuit à Pérote par le norte et dans ce cas la plaine se couvre de brouillards bas, mais ceuxci se dissipent aux premiers rayons du soleil et ne doivent pas
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teau, et dès les premières pentes on rencontre le brouillard et Ton y pénètre. Je dis qu'on y pénètre, parce que ce n'est pas le brouilard qui s'est avancé pour envelopper le voyageur, mais bien celui-ci qui s'est enfoncé dans la brume en atteignant la région où elle règne en permanence. Â mesure que j'avançais en m'abaissant sur la pente de la Cordillère je sentais le brouillard augmenter d'intensité, devenir de plus en plus humide, et se transformer en une bruine fort désagréable. Plus bas je trouvai une région arrosée par une pluie fine et régulière; enfin et plus bas encore, je fus assailli par cette pluie abondante qui accompagne le voyageur à Jalapa ou à Orizaba et jusqu'au sortir des montagnes, sur le gradin qui précède les plaines de la région maritime. En touchant à cette région, le voyageur croit voir le ciel s'éclaircir et le beau temps succéder à la pluie; mais cette apparence n'est encore qu'une illusion. C'est au contraire lui qui a quitté la zone condensatrice du plan incliné où les vapeurs des couches basses de l'atmosphère sont précipitées, et qui se rapproche des plaines chaudes de la Vera-Cruz où la condensation cesse totalement L'état atmosphérique du versant du plateau ex-
étre pris en considération dans l'examen du phénomène dont il est ici question. II va de soi que par certains jours les brouillards et la pluie de la Cordillère se prolongent jusqu'à Pérote, il y a des oscillations en plus et en moins. Je ne parle ici que du phénomène en général, sans m'arréter aux événements locaux.
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plique parfaitement l'apparence sous laquelle se présente si souvent le Gitlaltepetl vu de la mer. Lorsqu'on approche de la côte de Vera-Cruz par le norte, on voit l'horizon chargé de vapeurs qui dérobent la vue des montagnes, mais qui ne s'élèvent pas à une gi*ande hauteur dans le ciel. Au-dessus de ces strati, dont la transparence ou les interstices laissent deviner les contours supérieurs du volcan d'Orizaba, on distingue sa cime neigeuse se détachant sur un ciel pur, tandis que sa base se fond dans les brumes de l'horizon, qui se fondent elles-mêmes avec le ciel. Souvent lorsque le reste de la montagne est seulement vu faiblement d'une manière négative^, on ne
^ Le lermt) de tue nëgatite est ici pris dans le st'ns que lui uni ailribuê Bouguer Traité d*optique= et ensuite Humboldl, en parlant du pic deTénérifTe.
I^ montagne est vue négativement lorsqu'on ntB Taperçoil que comme une silhoueUe plus obscure que le ciel, parce qu'elle iolercepte la lumière qui nous est transmise des limites extrêmes de l'atmosphère et que nous nous apercevons de son existence, seulement par la diiïérence dlniensitë de la lumière qui Tontoure et de celle qu«^ renvoient les molécules d*air placées entre la montagne et Tœil de Tobservateur. Si les montagnes ne sont pas situées dans un très-grand éloignement, cette apparence se présente quand )*airesl baleux et que la lumière de l'atmosphère em|)eche de \oir posiLixemenl là surface de la montagne. L'horizon atîecte alors une couleur blanchâtre^ produite par la lumière atmosphérique, réfléchie depuis les limites de Tocéan aérien. La montagne formant un écran dans l'épaisseur de Tair, diminue sur toute sa surface Tintensité delà teinte lumineuse du ciel. A une grande distance en mer. les hautes montagnes ne sont perçues que d'une manière néga j\e. Lesexpériences de Bouguer montrentque,pourqu'une montagne
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distingue que la pyramide neigeuse comme suspendue en l'air. Cet aspect frappe l'étranger par sa beauté et sa grandeur. Jl est dû probablement à l'accident météorologique que nous venons de décrire et aux brumes basses, d'une intensité variable, qui se condensent à fleur de sol contre les gradins du plateau; les vapeurs en eflet ne se forment pas au delà d'une certaine hauteur en même temps qu elles ne s'étendent pas jusqu'à la côte, en sorte que, de la mer, on distingue sans peine tout ce qui les dépasse.
Cependant Tétat de pluie provoqué par le norte n'est pas toujours concentré sur la pente de la Cordillère; il envahit souvent aussi la côte, là où d'épaisses forêts neutralisent l'action des rayons du soleil sur le sol et refroidissent le climat ^ Au mois de
(Jevienne visible. Tune des lumières doit être au moins d*un soixantième plus forte que Taulre. Leur disparition à rhorizou tient moins souvent a la petitesse de Tangle sous-tendu par la montagne qu'à ce que, à un grand 'éloignement, cette différence de teinte devient plus petite encore. Mais fréquemment l'opacité de l'atmosphère fait apparaître d'une manière tout aussi négative des montagnes médiocrement éloignées dont l'angle visuel est encore grand. Ceci explique l'aspect singulier que revêt quelquefois en hiver le Cillahepetl, vu de la mer, lorsque sa base se perd dans les brumes de la Cordillère, que son milieu est perçu négativement, mais souvent si faiblement que l'œil a peine à le distinguer et que ses neiges, grâce à la quantité de lumière qu'elles réfléchissent , apparaissent positivement. Quand la portion moyenne de la montagne ne peut être perçue qu'imparfaitement ou même pas du tout, on voit comme un vide atmosphérique s'étendre entre les brumes basses et le pain de sucre blanc de sa cime.
^ L'action réfrigérante des forêts se fait sentir de trois manières : P Elles arrêtent les rayons du soleil et empêchent
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décembre i 855, j'ai vu fréquemment pleuvoir à Tuxpam par le norte; Pendant nombre de jours la pluie devint même persistante comme elle Test sur le versant est de la Cordillère. Il faut donc voir dans le norte un vent de pluie qui amène de Tair presque saturé et qui ne reste relativement sec que lorsqu'il franchit des plaines nues réchauffées par l'insolation, dont la chaleur diminue proportionnellement son degré de saturation. Les voyageurs feront bien d'étudier si en hiver la mer ne jouit pas sur cette partie de la côte d'une température plus élevée que la terre; car la température de l'eau est élevée par le courant marin qui coule du sud au nord et qui amène au Mexique les eaux de l'équateur. Une semblable différence expliquerait suffisamment la pluie basse de la côte. Du reste il me semble que les brusques changements provoqués par le norte (et qui n'influencent que la température de la terre, non celle de la mer), doivent suffire pour déterminer la formation du brouillard et de la pluie basse. J'ai vu à Tuxpam en décembre, par le norte^ le thermomètre tomber subitement de 1 60 à 60 et se maintenir trois jours à ce niveau si bas ^ Â la Havane on l'a vu, selon Humboldt, tomber à 4^. Toutefois il faut remarquer que,
le sol de se réchauffer. ?* Les feuilles en faisant évaporer une grande quantité d*eau consomment de la chaleur. 3^ Enfin elles augmentent la superficie capable de se refroidir par voie de rayonnement. (Humboldt, Cosmos.]
^ Ce brusque changement exerçait sur le corps humain uoe
la ville de Tuxpain étant située sous le 21o de latitude nord, elle se trouve presque sui^ la limite du tropique, aussi les pluies n*y sont-elles plus aussi régulières que sur les parties plus méridionales de la côte, et c'est probablement pour cette raison qu'il y pleut fréquemment en hiver, comme sous la zone extra-tropicale voisine, tandis qu'à Âlvarado déjà, le ciel reste serein. Tuxpam fait donc peut-être exception à la loi générale qui régit le littoral du golfe, mais je n'oserai raffirmer, ne sachant pas au juste de quelle manière les météores se comportent au Tabasco, et Alvarado appartenant presque encore à la plaine sablonneuse de Vera-Gruz.
Les pluies d'hiver, lorsqu'elles tombent dans les régions chaudes, n'ont plus ce caractère de soudaineté et de violence tropicales si remarquable dans celles de l'été. Elles sont en général accompagnées de brouillards et durent avec intermittence pendant plusieurs jours. Quoique abondantes, elles tombent
influence excessive, au point que, bien que enveloppés dans des manteaux de laine, nous greloUions comme s'il soufflait un vent glacial accompagné de gelée. Il est étonnant de voir avec quelle facilité l'économie s'habitue à la température la plus élevée, et comment ensuite le moindre abaissement, en produisant un froid relatif* devient pour le corps une souffrance des plus pénibles. Après avoir vécu au milieu d'une température de 95 à SO", nous éprouvions un véritable sentiment de froid lorsque le thermomètre tombait à 18® ou 16®. Les indiens de Guayaquil se plaignent d'un froid excessif lorsque le thermomètre tombe & 34®. Humboldt cite plusieurs exemples analogues.
ToMiUI. 4
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en gouttes fines ou de grosseur moyenne, et offrent, vu la basse température qui i^ne alors dans les ré* gioos qu'elles, arrosent, une ressemblance parfaite avec les pluies de TEurope, et avec celles qui dans la même saison humectent le versant du plateau.
On ne saurait imaginer une contrée plus humide que le versant oriental de la Cordillère et une partie de la zone maritime, puisqu'on été ces régions sont chaque jour inondées par des trombes <l'eau et-qu'en hiver, tandis que les autres parties du pays sont privées de pluies, elles se couvrent fréquemment de brouillards humides accompagnés de chutes d'eao de longue durée*. La végétation de ces régions soumises à des alternatives perpétuelles d'humîdîté et de chaleur intense , nourrie par les vapeurs de l'atmcH sphère, reçoit une impulsion extraordinaire qui rappelle en grand la plus riche parure végétale des ser* res chaudes, surtout dans les ravins de la Cordillère qu'une humidité plus forte que partout ailleurs rend particulièrement propices aux grandes fougères arborescentes et aux plantes à larges feuilles.
^ Comme nous l'avons dit plus bautjl tombe ici 5 ou 6 fois plus d'eau que sur le plateau, si Ton s*en rapporte à des sommes observées sur un nombre d'années, trop restreint, il est vrai, pour qu'on puisse ^n tirer une règle parfaitement certaine. En comparant les chiffres fournis par les taUeaux de la noie m, on verra que les moyennes indiquent qu'il tombe à Cor^ dova 2 Vs f^^** P'"^ ^'^^u qu'à Tépic au pied du versant do l'océan pacifique, et plus de 3 fois plus que dans le massif des montagnes élevées de Real dei Monte.
Etat atmosphérique sur le plateau en hiver.
Dès qu'on a fini de gravir les gradins du versant oriental de la Cordillère, les météores changent du tout au tout. Au plan incliné succèdent dévastes plai« nés, les unes parfaitement unies, les autres onduléçs. Cette grande table couronne la Cordillère i un niveau borizontal de 2,400 h 9,000 mètres, en s*abais* sant légèrement vers le nord*. En hiver ce vaste plateav est presque dépourvu de végétation, et son sol, en grande partie formé de cendres et de débris vol* caniques,resseD3ble & un désert de sable. Il existe entre les saisons des divergences beaucoup plus grandes sur le plateau mexicain que dans les régions chaudes, et les oscillations de la température entre les dif^ér^ntes parties de Tannée y sont, à ce qu*il parait, suepsiblement plus fortes que sur le plateau des Andes*. Aussi Taltemance entre les deux saisons tropicales y est-elle parfaitement bien marquée. En été, il y pleut assfss régulièrement chaque jour, moins régulièrement cependant que dans la tierra caliente ; en hi-
^ La TaUée de Toiuca a une altitude de S,680 à S,7(HI m^ très.
Celle de Mexico ft de Puebla de 2,300 è SJOO. Plus au nord, celle de Querelaro de 1,950.
Enfin celle de Durango,par le 25^ degré de latitude^deSiOOO.
' LVgHité de température en toute saieen est d*autant plus gfHide qu'on se rapproche plus de Téquaile^r. Le Mexique étant situé a cheval sur les limites du tropique, ses lois physiques ont déjà quelque analogie avec celles do la zone tempe* rée de notre globe.
ver au contraire, la pluie fait continuellement défaut et le ciel reste plus ou moins serein pendant six mois, dans certains districts même pendant 8 mois de Tannée. Le plateau n'est plus alors qu'une vaste plaine de poussière, presque entièrement dépourvue de sources, et où Ton voit seulement de loin en loin quelques oasis marécageuses, déterminées par un reste des eaux de la saison des pluies, accumulé dans les lieux bas, ou par une source qui jaillit au contact des rochers. Ces oasis portent souvent le nom de qjo de agua (source, jet d'eau, en un mot lieu où l'on trouve de l'eau) qui, à lui seul, indique suffisamment la rareté de cet élément.
Plusieurs causes combinées concourent à produire cette grande sécheresse. Les sables volcaniques qui forment le sol de la plaine sont tous très-perméables; ils laissent filtrer la pluie au lieu de l'emmagasiner et l'action du soleil achève de les dessécher à une grande profondeur, car l'altitude de ces plateaux élevés favorise singulièrement l'évaporation. La chaleur extraordinaire que l'astre développe sur ces plaines nues et poudreuses dont il ne peut faire jaillir aucune vapeur, dessèche aussi l'atmosphère au point d'empêcher la pluie de se former et de supprimer la rosée. Malgré le froid intense qui, en hiver, succède fréquemment à la fournaise de la journée, la rosée fait souvent défaut. J'ai vu au printemps, quelques moments avant le lever du soleil et par un froid de 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro , le sol du plateau
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de Pérote rester aussi poudreux qu'au gros du jour, parce qu'il était si complètement dépourvu d'eau que la gelée ne pouvait augmenter sa consistance. Suivant les observations de M. Bowring, on trouve quelquefois au mois de mars dans la vallée de Mexico, une différence de 16 degrés C. entre le thermomètre sec et le thermomètre humide, même sur les bords du lac de Tezcnco. Par une température de 30» cette différence réduirait la fraction de saturation à 0,17; par une température de 25», cette fraction ne serait plus que de 0,07; enfin en supposant une température de 23o, elle tomberait à 0,026, ce qui équivaut presque à la sécheresse absolue ^ La plus grande sécheresse connue dans les plaines basses a été observée par Humboldt, Rose et Ehrenberg, dans les steppes de FAsie, où par 23o,7 C, elle était de 0,01 6. La sécheresse du plateau mexicain serait donc beau* coup plus grande encore à la On de Thiver, comme on doit s'y attendre pour des plaines élevées, et à cette altitude l'évaporation est immense dans ces circonstances.
Les brouillards que nous avons vus se condenser contre le versant oriental de la Cordillère, lorsque le vent humide du nord-est vient frapper cette muraille, arrivent jusqu'au bord du plateau, mais ils n'en fran-
* Dans le premier cas le point de rosée sérail à -f 2^ ; dans le second à — 15^ Dans ces circonslances il pourrait donc geler à 10^ sans qu'il tombal aucune rosée. Au troisième cas le point de rosée viendrait se placer à — 28^ tandis que dans Tobservation de Humboldt, par la môme température, il se trouve déjà à — 4^, 8.
cbissent pas les limites. Sur ce point, on les voit ie pelotonner et prendre l'apparence de nuages immobiles attachés au sol. malgré lèvent qui les chasse. Mais ce n*est là qu*unê illusion; les vapeurs se dissolvent ou moment où elles envahissent la plaine desséchée du plateau où toutes les causes de condensation cessent subitement d'agir ^ Elles ne tronblent donc pas la pureté du ciel et y comme il a été dit plus haut, à Pérote, avec un ciel bleu, on aperçoit souvent à Test la bordure de brouillards dessinant la ligne où le sol commence à s'abaisser vers la mer.
Particttlaritèi de ratmosphère du plateau.
Uatmosphëre du plateau fournira des faits curieux lorsqu'elle sera étudiée avec soin par des observateurs exercés. En hiver, les phénomènes électriques ne sont pas rares, comme du reste dans toutes les plaines trés-sèciies. La production d'étincelles au contact des objets s'y manifeste, m'a-t-on dit, par moment avec une remarquable intensité. Sur tous les plateaux des Andes l'extrême sécheresse de l'air provoque des phénomènes analogues, et, selon Philippi, on voit souvent dans le désert d'Âtakama, au Chili, les che-
* La bande de brouillards qui borde le plateau se comporte comme Tarc-en-ciel ; elle paraît immobile et toujours la môme quoique les particules qui la composent changent incessamment. Les brouillards empiètent souvent plus ou moins sur le plateau, parce que les vapeurs ne perdent pas instantanément leur état vésiculaire,mais en général on les voit s*édaireir trèsrapidement dès qu'ils rencontrent le sol plat, et dès qu'ils ont cessé de glisser sur le plan incliné du versant du plateau.
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veux ded hommes se hérisser ou des lumières électriques sortir des objets du sol *.
Mais le phénomène qui, par sa fréquence, a le plus particulièrement attiré mon attention dans les plaines élevées de TAnahuac est celui des brouillards secs et des faits qui s*y rattachent. La production de ces espèces de vapeurs est due à la légèreté de la poussière du sol, que le moindre vent soulève jusqu'à de grandes hauteurs, et dont les particules les plus ténues restent ensuite suspendues dans l'air. Un autre agent qui fonctionne presque en permanence sur le plateau pendant la saison sèche, celui des colonnes de poussière, contribue pour une forte part aussi à troubler la pureté de Tair et à produire ces espèces de brouillards terreux. Pendant l'hiver, chaque matin, à son lever, le soleil réchauffe presque subitement la couche inférieure de l'atmosphère qui est plus particulièrement exposée à la réverbération du sol et à son action immédiate. Cette couche devient de bonne heure la plus distendue, et elle se trouve, par cela même, plus légère que celles qui lui sont su« perposées. L'équilibre est alors rompu, et l'air inférieur réchauffé finit par s'écouler vers les régions
* Lîvingston rapporte que dans les déserts de rAfriqne méridionale, ao printemps, moment de la grande sécheresse, H souffle souvent un vent du nord chaud et desséchant, qui arriva tellement chargé d*oleclricilé, que les plumes d*autruclie se chargent d'elles-mêmes et donnent de vives commotions, et que le seul frottement du vêlement Tait jaillir des gerbes d*élineelles. (Ejpplaration dans V Afrique auêtraU^ p. 139*)
supérieures en perçant les couches atmosphériques placées au-dessus de lui. Il se détermine ainsi des oourants ascendants qui s*élëvent en tourbillonnant avec force» à peu près de la même manière que Teau s'écoule en tire-bouchon lorsqu'une ouverture est pratiquée dans le fond d'un bassin. La terre pulvérulente de la plaine est enlevée avec violence par les tourbillons ainsi déterminés; d'autres objets moins ténus montent même avec elle et retombent ensuite d'une hauteur plus ou moins grande, mais la poudre impalpable du sol continue à s'élever avec le tourbillon et forme une trombe de poussière» qui se prolonge jusqu'à une hauteur de 1,500 à 2,000 pieds, ou même au delà. Ces trombes sont connues sous le nom de remolinos de polvo (tourbillons de poussière). Elles atteignent jusqu'à trente pieds de diamètre, et j'en ai vu de plus grandes encore au moment de leur début, enveloppant complétemept des cabanes sans se rompre. Mais à mesure qu'elles s'allongent, leur largeur diminue beaucoup et leur intensité va décroissant. Dès les huit heures du matin, si l'air est calme ou le vent modéré, on voit les colonnes de poussière apparaître sur plusieurs points de la plaine et se con* tinuer ensuite pendant toute la matinée, à tel point qu'on en aperçoit souvent jusqu'à iO ou 12 à l'horizon. Quelques-unes se perdent à une grande hauteur et ressemblent à un long cordon tendu entre le ciel et la terre; d'autres ont une forme élargie vers le bas, d'autres encore sont arquées ou même coudées; quel-
SUR L'HYDROLOGIE OU BIEXIQUB. R7
ques-unes enfin se dissolvent graduellement avant d'avoir atteint une altitude bien considérable. Toutes ces variétés dépendent de la force du courant ascendanty de la plus ou moins grande dilatation de Pair à la surface du sol et du mouvement transversal des couches successives que le tourbillon traverse. Plusieurs de ces remolinoSj produits seulement par nn échaufTement local, s'évanouissent rapidement, tandis que d'autres, qui servent de déversoir à la couche inférieure de Tair, ont une action étendue et persistent pendant plusieurs heures.
Quoique les colonnes de poussière suivent d'une manière générale la direction du vent, elles sont cependant douées à leur début d'un mouvement pro* pre et elles avancent avec plus ou moins de rapidité. C'est, du reste, ce que l'on doit présumer a priorij puisqu'elles sont déterminées par l'écoulement de la couche inférieure de l'air et que le tourbillon doit toujours avoir une tendance à cheminer dans la direction d'où vient le plus grand écoulement. Au moment où sument la rupture d'équilibre qui va donner naissance à un remolino, l'air s'agite avec véhémence autour du point qui sert de foyer au phénomène, et il se détermine des tournoiements irréguliers qui ressemblent à une petite bourrasque et qui courent sur la plaine en soulevant un nuage de poussière. Bientôt après, le tire-bouchon commence à se dessiner et se trahit par un sifflement continu. Si la trombe naissante est entraînée par un coup de
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vent qui s'ajoute à sa propra vitesse , elle progresse atec vélocité et parcourt rapidement de grandes distaficés. J*ai essayé do fuir devant une grande trombe naissairte dont les flots de poussière arrivaient accompagnés d'un violent sifflement; mais malgré l'allure rapide de mon cheval, j'en Tus rattrapé au bout de quelques minutes, et teHe était sa force de succion que mon chapeau fut enlevé et transporté wet loin, en tourbillonnant en Tair. Mais cette impétuosité n'est pas de longue durée, car aussitôt que le tire-bouchon a percé la couche d'air reeou\Tante, il s'établit un courant ascendant réguliei* par la cheminée aérienne ainsi formée et l'on voit la trombe se dessiner et s'allonger de plus en plos, tandis que la largeur de sa base diminue. En mèmie temps le mouvement initial se ralentit ou cesse même tout à fait , et la colonne, devenue étroite et cyKndrique, ne semble plus obéir alors qu'au courant général de l'atmosphère. Le spectacle du jeu de ces tronibes qui naissent et qui meurent ou qui se développent et progressent ensuite dans des directions diverses, jusqu'au moment où elles se dissolvent, fournit au voyageur une distraction attrayante au milieu des plaines arides et monotones de l'Anahuac. Elles permettent de suivre à l'œil les moindres changements qui surviennent dans l'atmosphère de la plaine aux différentes heures de la matinée et elks s*évanouissent au milieu du jour lorsque Tair réchauffé des couches basses a été distendre les couches élevées *.
^ Il est probable que robservâtion atlenlive des tourbillons pen-
SCB L^HTMOLÔGIB M: XKXIQCB. 51
n sernt diflfeile d'estimer j«squ*à quelle hauteur les rrmêlm^ entraioent ta poussière du sol. Il est probt* Me qu'ils Télèreot beaucoup plus haut que li où les oo* loDues semblent se dissoudre et oA, en rialité^dles ne font que de^mùr trop transparentes, par la perte de leurs molécules, pour que Fœil puisse encore les distin» guer^ Une certaine proportion de la poudre terreuse
daiil loule une sjisôfi fournirait queues données inlëressantes «urkssiiMMnefiieiH8diunM»deraliiio$phèr«,€ar,élanilejoiMtde raluo^phère ambiante» ils lrahis«eul les courants que la tranapreiice de Tair ne permet pas à nos yeux de saisir. Par un temps calme on en aperçoit qui cheminent dans des directions cootraires, soit par leur propre impulsion, suit sous Pinfluence de petits courants d*air. |ji longueur variable des tourbillons indique aussi le degré de dilatation de la couche inférieure de Tair. car Tair réchauiïé et dilaté ne s'écoule naturellement que jiiaqu'à la hauteur oè il rencontre la couche qui a la même densité que lui. En comparant de nombreuses obeenatioo*, on arriverait peut être à quelques conclusions générales.
^ Le phénomène des remolinos montre que les courants d*air chaud ascendants qui ont lien pendant la matinée se font principalement par certains canaux aériens déterminés. Quoique sous notre latitude le sol se réchauiïé beaucoup moins qu'au Mexique, par le fait de Tinsolaiion, on peut présumer que les courants ascendants suivent des tournoiements analo** gués. Dans les plaines do Tltalie où il existe beaucoup de poussière, on observe souvent en petit un phénomène qui rappelle celui des refnoUnon du .Mexique. A la Nouvelle Hollande, au milieu des steppes du Queensland, il se forme des trombes tout analogues à celles du Mexique, quoique le phénomème n*y règne pas avec la môme constance. On a vu de petites trombe» du même genre prendre naissance, quoique dans des limilos b(*aucoup plus resireinles, sur les laves chaudes du Vésuve; elles agitaient les scories Irbres et arrachaient les feuilles des arbres, mais leur existence était de courte durée Dans nos mon*
qui se verse dans Tatmosphère, paraît y rester suspendue, ou du moins y séjourner assez longtemps pour que l'air en soit toujours plus ou moins chaîné. A peine, en effet, commence-t-il à s'en débarrasser, que les vents et les tourbillons de chaque jour viennent l'en rechai^er de nouveau. Cette poussière trouble la transparence de Tair, le rend opaque et empêche souvent d'apercevoir des objets, même rapprochés. La première pluie du printemps entraine avec elle toutes ces particules terreuses et rend subitement à Tair sa transparences Lorsque je passai à Pérote dans le courant de l'hiver, je ne réussis pas à distinguer les volcans de Mexico, mais à mon retour, comme je visitais cette ville après quelques journées de pluies, les pics neigeux étaient devenus parfaitement visibles.
tagnes de la Suisse où certaines vallées s^ëchauffent extraordinairemeni en été, il est fréquenld*observer des tourbillons d*dir ascendant, qui se trahissent par leur sifflement, ou qui enlèvent un peu de^poussière. Mais, outre que le sol n*est pas assez pulvérulent pour fournir régulièrement de la poussière à la trombe, de manière à la rendre longtemps appréciable à Toeil, ces tourbillons n*ont ici ni la régularité, ni la durée des te-moUnoê du Mexique, car Tatmosphère des vallées étroites n'étant pas aussi bien équilibrée que celle des plaines, ils sont vite rompus par l'irrégularité des courants aériens. Sur le plateau du Mexique on trouve réunies les trois circonstances les plus propices è la formation des trombes : la grande chaleur du soleil, Tégalilé de la plaine et Tétat pulvérulent du sol.
^ Celle transparence soudaine n*est donc pas seulement un effet de rhumidilé. Lorsqu'elle se produit, elle fait découvrir subitement des montagnes assez rapprochées qu'on n'avait pu voir la veille et que Tair le plus hileux n'aurait pu voiler.
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 61
Je crois qu'on peut attribuer à la masse de poussière que les vents et les trombes répandent inces<samment dans Tair du plateau, les vapeurs roussâtres qui apparaissent souvent à Thorizon et qui affectent l'aspect de straii vagues et fumeux. Ces brumes sont en général assez basses, elles s'étendent et forment un banc parfaitement horizontal, comme si elles reposaient sur une couche d'air d'une certaine densité et sans contours distincts. Il arrive quelquefois de les voir de près s'étendant devant une montagne. J'ai aperçu de la plaine de Pérote une de ces brumes d'un roux noirâtre, stationnant à mi-hauteur du petit volcan le PizarrOy à environ une ou deux lieues de distance de moi, et me voilant U vue du milieu de cette montagne. Je suppose que ces brumes résultent d'une espèce de tassement des particules solides par un temps très -calme, et de leur chute graduelle jusque dans la couche dont la densité suffit à les supporter. Il est vrai que l'atmosphère calme parait incapable de tenir en suspension parfaite même les vésicules de vapeur d'eau. Celles-ci tombant avec une vitesse de quelques décimètres par secondes, on aurait lieu de s'étonner qu'il n'en fût pas de même des particules terreuses suspendues dans l'air. Il faut donc qu'il se passe ici un phénomène analogue à celui qui entretient les nuages où de nouvelles vésicules viennent sans cesse remplacer celles qui s'échappent. Les courants ascendants de l'atmosphère viennent
09 goupd'ϔl-
du reste en aide au phénomène, et c'^est sans doute la lutte enti^ la gravité des molécules terreuses et ces courants ascendants qui détermine par uo entassement local la formation des strati funieux. Dans la plaine de Pérote j'ai à deux reprises observé, ducôtéde Toccideut, d'autnes vapeurs que je croisëtre de ce genre, lorsque la sécheresse de Tair et la pureté du ciel ne p$irnietiaient guère de supposer qu'il y eût là une formation de brouillards» Le soleil, vu quelques minutes avant son coucher, à travers un de ces stratvê (avril 1855), apparaissait comme un globe rouge, et je pus y fixer mes yeux sans difficulté. Les voyageurs ferojat bien d'observer avec attention ce phénomène, qui est fréquent sur le plateau de Pue* bla et de Pérote, et qui offre un véritable intérêt au point de vue des couleurs accidentelles et des propriétés ^tiques des brouillards secs.
Le fait physique dont nous venons de donner la description succincte, est, comme on le voit^d'une nature toute spéciale, sans doute bien différente de celle des vapeurs myisléneuses qu'ai Europe on a désignées SQos le nom de brouillards secs et que Ton attribue à tort ou i, raison à la liiaiée de tourbières en comhustion K Les brouillards secs sont rares eo Europe.
1 Le plus célèbre de ces brouillards est celui de 1783 dont rUmensité allait jusf u'A obscurcir le soleil ; on Tiiperçul dana toutes Ieg,pariie8 de i*|Eurap^ pendant le mois de juin et il ju* mit môme^lé vu le 4*' juillet dans rAllai (?}. Il parait certain que Tapparition de «e grand brouillard coïncide avec la corn* bustîon ^cs tourbières 4e )a Suède et du nord de TEurope.
SUR L'IIYDROUMIC du MEXIQUE. |9
On en a cependant indiqué un t«r\sm nmikrB à^ewmpies remarquables àmi quelques«un$ (o^«fois ont été eontestés^ Dans certaines iMalitéâ leur appariMon a été aliry>uée d'une manière fort plausible à la cendre des éruptions volcaniques» mais cette cause n'entre pour rien dans la fermalion des brumes fumeuses du plateau nexieaip^ puisque les volcans de ce pays sont tous dans une fé^ rîode de repos^ et qu'aucun d'eux o'a reu d'ërupliM
— Sur le plateau du Mexique il n*y a jamais eotnbustion de Isurbe; en revanche le§ ineendieâ de forêts ne fl^nlpas ffnn$ sur les montagnes couvertes de bois de conifères. Mai3 lorsqu'on aperçoit de loin le peu de fumée qui s*élève de ces incendies, en général trës-limilés, on voit qu'elle est trop insfgni* fiaaie pour quU>n puisse en auouiM façon leur ailribuer la pro* duution des hrouilliurds ci-v()essu(S flécrj<s, Jl serait bon qu*OD s'appliquât à rétude des brouillards fumeux dans les parties des Etats-Unis où les colons incendient fréquemment de vastes étendues de forêts. C'est là qu*Mi poorrait le mieux jugsr é téfiUemeuih jcombustion des végétaux suffit pour déterminer des fumées per3islantes. Je crois du reste que la combustion du bois résineux pst loin de produire autant d'effet que cetle de la tourbe ou du gacon. Dam les payis eii Von a l'hafailude de htûlar dans les champs des herbes e( leurs racines, il est facile de s'apercevoir que la fumée qui en résulte, accompagnée d'une odeur prononcée, s'étend souvent à de grandes distances en raeaotteeol.
1 Ar^ se basaial «sr Jes .obfservations de Forster et How^rd• en Angleterre, de Humboldt^ à Paris, et de Flaugergues, à Viviers, crutqu*un nuage de ce genre avait cheminé de Londres h Viviers en vingt-quatre hevres, le 19*49 août 4M1, et aé^ joiirné H jours à Viviers avant de se dissoudre ; mais M. Four- UA\, ^basant sur des pbaervations A^étéoroli^iques faites sur divers points de l'Europe, en conlaste b nature sèche. Le soleil vu à travers ce nuage revêtait avec persistance la teinte blancbitre et apparut par moments bleu et rouge.
84 COUP D'ŒÎL
dans le siècle où nous vivons. Aussi je ne place ici cette observation que pour réfuter par avance les suppositions que Ton pourrait faire sans se trouver sur le lieu d'observation» Du reste, les fumées volcaniques se composant de cendres ( ou de particules terreuses impalpables) sont y quant à leur nature, fort analogues à celles qui se forment sur le plateau de TAnahuac sous rinfluence des vents et des courants d'air ascendants. Elles n'en diffèrent que par leur mode de formation, les premières étant produites par des poussières qui retombent après avoir été lancées à une grande hauteur; les secondes, au contraire, étant le résultat de particules enlevées du sol et entraînées vers les régions élevées. On a souventpris le hâle * pour du brouillard sec, mais ici la confusion n'est guère possible. Les brumes sèches, dont il s'agit, forment des espèces de strati vagues, assez locaux, étendus à l'horizon ou devant les montagnes éloignées, n'ayant aucun rapport avec l'aspect d'une atmosphère hâleuse. Toutefois, il est facile de rencontrer des journées d'hiver où l'air du plateau manque de transparence dans son ensemble. Il affecte alors cet aspect poussiéreux qu'on observe chez nous dans les journées chaudes de l'été quand le hâle est très-apparent, mais sans cet état vaporeux et blanchâtre que nous observons fréquemment dans notre pays; d'où je conclus que son défaut de transparence
A Brume légère des journées chaudes, qui dérobe la vue des objets éloignés [Landraueh des Allemands).
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 65
tient à un état vraiment poussiéreux. Le hâle proprement dit se rencontre fréquemment au Mexique, même sur le plateau, à l'entrée de la saison humide; il a alors en général une teinte blanchâtre et on peut le considérer comme annonçant, souvent longtemps à l'avance, les pluies qui se préparent. Au printemps avant l'arrivée de ces dernières,presque tout le Mexique se couvre d'un petit brouillard fort singulier. Dans les terres chaudes surtout, cette brume est plus épaisse et plus persistante. Un voyageur m'a aflîrmé que dans une excursion qu'il fît jusqu'au port de Signatanejo, sur le Pacifique, il avait été ennuyé pendant près d'un mois par une semblable brume hàleuse assez épaisse pour que presque chaque soir le soleil se couchât rougeâtre et apparût sous la forme d'un disque. Je crois que cette brume-là qui s'étend sur les terres chaudes aussi bien que sur le plateau, est incontestablement du hâle et ne doit pas être confondue avec les vapeurs rousses qui se voient en hiver sur le plateau par une grande sécheresse de l'air.
Terrain météorique.
Pour terminer l'étude de l'atmosphère du plateau, je dois ajouter quelques mots sur un fait qui résulte du transport aérien de la poussière du sol. Gomme ce phénomène se renouvelle constamment pendant la moitié de Tannée, l'air entraine au loin les particules dont il est chargé, et les laisse tomber sur d'autres points du plateau ou même fort en dehors de
ToMB m. 5
ses limites. Des dépôts très-appréciables se forment ainsi dans certaines localités qui, par leur situation, sont particulièrement propres à arrêter et à conser- . ver la poussière. Il s'est donc créé un terrain qui encroûte la surface des montagnes et que M. Virlet d'Âoust, qui le premier l'a signalé, a appelé terrain météorique K
Comme c'est principalement sur les parties les plus nues du plateau que les remoUnos et les vents enlèvent la poussière, c'est dans la contrée de Puebla et de Pérote que cette croûte est le plus évidente. Quoique nues ou revêtues seulement d'une végétation misérable, presque toutes les crêtes calcaires qui percent la mer de sable, sont tapissées d'une couche grisâtre ou blanchâtre d'assez faible épaisseur, qui offre souvent une certaine consistance tuffeuse. Supposer que cette couche ait été soulevée avec les calcaires est inadmissible, car elle suit partout exactement la surface de la montagne, dont elle encroûte les rugosités, et il est d'autant moins possible d'y voir une formation des eaux que bon nombre des éminences auxquelles je fais allusion ne sont que des collines isolées, en sorte que leurs flancs ne reçoivent aucun courant de plus haut. D'ailleurs c'est souvent au sommet que la couche est le plus épaisse, tandis que la dénudation est presque complète au pied, ce qui montre bien que le dépôt est dû à une pluie aérienne de matière terreuse, et que les eaux, loin de l'augmenter
* Bulletin de la Suc. Géol. de France, 4858.
ne font que le ronger. Il est, de plus^évidentque depuis longtemps les montagnes auraient été dénudées, si de nouvelles couches ne venaient sans cesse reformer celles qui se détruisent. Gomme la poussière du sol se compose en plus grande partie de cinérites ou, ce qui est à peu près la même chose, de débris pulvérisés déroches volcaniques, la couche météorique est composée de la même substance, et ne peut guère se distinguer des dépôts de cendres provenant des éruptions des volcans que par son extrême ténuité.
La pluie a sur ces éléments une action chimique très-marquée, comme le prouve l'alcalinité de tous les ruisseaux du plateau. Les eaux d'écoulement transforment donc peu à peu ces dépôts , tantôt en leur donnant une nature de plus en plus.argileuse^ par la décomposition des terres et l'ablation des portions légères, tantôt en les pénétrant de substances agglutinatives qui donnent au tout une certaine cohérence. Presque tous les dépôts meubles qui sont maintenant ensevelis à une certaine profondeur sont ainsi devenus durs et tuffeux. Je laisse aux géologues le soin de vérifier si cette explication de la couche d'encroûtement est exacte ou non, me bornant à indiquer ici ce qui m'a paru être le plus vraisemblable.
J'ai observé sur plusieurs coupes naturelles des
^ C*esl ce que Ton remarque dans toutes les parties volcaniques du Mexique. Partout on pourrait surprendre des transformations chimiques complexes. J'ai indi>jué celle qui s*opère sur la montagne de San Andrës (Mechoacanj où certaines terres passent à Tétatd'alun. (Bullet.Soc, géoLFr. février 1858.)
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terrains superficiels, des couches blanchâtres ou jaunâtres tout analogues à la couche aérienne, mais enchâssées entre d'autres couches récentes de débris ponceux, de conglomérats et de dépôts de cendre. J'en ai vu aussi qui sont recouvertes par la terre végétale, et l'on fera bien d'étudier si les couches minces des carbonates alcalins qui revêtent certaines collines de porphyre, à Pachuca par exemple, ne sont pas les restes d'un terrain météorique transformé par les eaux, plutôt qu'un dépôt lacustre.
On aperçoit presque partout sur le plateau de TAnahuac les traces de la couche météorique. Lorsque après avoir quitté Orizaba, on arrive au fond de la vallée de Maltrata S toutes les pentes et les contreforts qui tombent directement des bords du plateau apparaissent subitement tapissés de couches semblables à celles qui encroûtent les collines de cette sur^ face; mais ici elles sont mêlées à des cinérites et aux lapilli qui ont été lancés dans le fond de la vallée. Quoique je ne connusse pas encore le plateau, lorsque je visitai cette vallée, je fus néanmoins surpris de l'aspect singulier que la couche d'encroûtement donnait à ces montagnes. Le raisonnement indiquait que sur ces pentes roides la couche de cendre aurait dû être entraînée depuis longtemps par les eaux ou avoir disparu sous la végétation herbacée, tandis qu'elle apparaissait au contraire si fraîche qn'on au-
^ Située encore dans la Cordillère au-dessous du plateau. (Voyez la carte.)
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 69
rail pu la comparer à une épaisse poussière, répandue sur un maigre pâturage. Le même dépôt se voit presque partout sur le plateau, là où il ne se confond pas avec la terre du sol. Je l'ai observé très-distinct en particulier sur le Pizarro, sur les montagnes de la Preciosa, près Pérote, et en beaucoup d'autres lieux.
En suivant toujours la route qui de Maltrata conduit sur le plateau de Cholchicomula,au sommet delà montée \ je fis une observation qui commença à m'expliquer la cause de ce phénomène. Ori trouve ici un calcaire feuilleté, noir, très-tourmenté, dont les strates de deux ou trois pouces d'épaisseur, très-contournées et disloquées, sont partout séparées par des intervalles. Tous ces vides étaient remplis d'une poudre impalpable qui pénétrait aussi loin que ma canne pouvait les fouiller, et jusque dans les moindres replis. Il était donc évident quecedépôt provenait d'une poudre répandue dans l'air qui avait pénétré jusqu'au fond des crevasses, comme la poussière s'introduit dans les boites les mieux fermées, et qui avait fini par remplir les moindres interstices.
En parcourant le plateau, la grande influence des vents sur la géologie du Mexique me parut de plus en plus évidente. Elle explique l'encroûtement extérieur et intérieur de plusieurs roches, le remplissage des fentes, etc. Sur le sol de la plaine, le dépôt se fait comme autre part, mais il ne se fixe que dans les régions humides; partout ailleurs les vents du lende-
^ Un peu avant d'atteindre les plaines du plateau.
main remanient les dépôts de la veille qui ne sont pas protégés contre leur influence par les anfractuosités des rochers, la direction des collines ou la végétation herbacée. Grâce à cette action incessante , les lieux bas tendent de plus en plus à se combler, les lagunes à s'obstruer et la plaine à se niveler.
La formation continue de dépôts aériens parait être un fait très-général sur presque toute l'étendue du Mexique. Il se représente, m'a-t-on dit, dans le Durango, dans le nouveau Mexique et dans les prairies des Montagnes Rocheuses. Dernièrement M. W.
Blake a décrit des effets très-singuliers de cette espèce au col du Bernardino en Californie, dont la hauteur est de 2800 pieds. Ce col forme comme un canal qui conduit au désert et le vent de l'ouest, en s'y engouffrant, y charrie sans cesse du sable qu'il enlève aux pentes occidentales et qu'il transporte vers le désert situé à l'est. On peut se faire une idée de ce transport par le fait que les rochers de granit sont partout labourés comme par des glaciers, polis, creusés en gouttières, et découpés sur les crêtes par le seul effet du frottement des sables ^ Quelque petits que soient les effets d'un jour ou d'une saison, ils finissent par produire des résultats imposants quand ils se renouvellent pendant les périodes incommensurables des temps géologiques. Qu'on ne présente donc pas la faiblesse d'action des retnolinos et des vents comme un obstacle au transport de la masse de matière so-
^ Americ Joum of Se, a. Arts XX. 1855.
lide qu'il a fallu pour encroûter de si vastes surfaces. Nous n'hésitons pas à dire que, dans notre opinion, la plus grande quantité de la poussière déposée sur les montagnes, a été entraînée par les eaux et que les couches aériennes qu'on y remarque sont donc seulement les restes plus ou moins agglutinés que les eaux ont laissés en arrière. Dans la formation des dépôts, les remolinos ont évidemment une large part, car la plus grande partie de la poussière enlevée à la plaine par les vents ne s'élève pas à une grande hauteur, à moins d'un ouragan; ce sont donc surtout les trombes qui l'entraînent assez haut pour le transporter sur le sommet des montagnes ^
^ En lisant le mémoire de M. Virlet d^Aoust, dont je n'ai guère ou connaissance qu'au moment de mettre sous presse, on verra que la formation météorique dont je parle n*e$t pas exactement la même que celle qu*a décrite cet auteur. M. Virlet donne ce nom au terrain très-meuble qui revêt les flancs des grands volcans. Il n'y a pas de doute que la poussière tombée (lu ciel ne se dépose à Tombre.des forêts de ces montagnes comme ailleurs, mais je crois que la puissante couche dont parle M. Virlotest un mélange de poudre aérienne, de cendres et de terre argileuse entraînée par les eaux, dans lequel la poudre aérienne n'entre que pour une très-faible proportion. M. Virlei cherche une 'preuve à l'appui de l'origine météorique de ces grands dépôts des flancs des montagnes dans le fait que riztarcihuati et le Coffre de Pérote sont revêtus de cette même couche quoique n'étant pas des volcans. Il me serait impossible d'adopter cette manière df^ voir. Dans mon opinion, ces montagnes de trachyte sont aussi bien des volcans que le (lillaltepell cl le Popocatepell et j'espère réussir à le prouver dans un autre travail. Les puissants dépôts meublesqui coUNrenl le pied de ces masses (censées non volcaniques), sont sans nul doute
72 COUP DŒIL
Montagnes assises sur le Plateau.
Si la distribution que j'ai indiquée pour les météores des plaines élevées s'étendait aux montagnes du plateau, la limite des neiges éternelles se trouverait reculée à une grande hauteur, vu que la neige ne pourrait se déposer qu'en été, précisément à Tépoque où elle fond déjà en grande partie au moment même de
formés, aussi bien qu'au pic d*Orizaba, de déjections mêlées aux débris de leurs rochers. Du reste, j'ai observé ce même terrain dans la plaine , là où des ravins le mettent à nu et je lui ai vu souvent prendre une nature argileuse par la décomposition. Les innombrables blocs basaltiques et trachytiques qu'on y trouve enchâssés éprouvent que ces dépôts sont dus à des amas de cendres et de blocs volcaniques, lancés dans les éruptions et peut-être entraînés par les eaux sur de petites étendues.
Ce n'est pas seulement sur les cônes et sur les massifs volcaniques qu'il faut chercher la couche aérienne, mais avant tout sur les montagnes calcaires ou sur les nappes soulevées, sur l'origine non volcanique desquelles il ne peut y avoirde doute. C'est seulement ici,où aucune cheminée n'a jamais fonctionné, qu'on peut éviter la chance d'erreur qui gît dans la ressemblance qu'ofTrent entre elles les couches formées par des amas de déjections volcaniques de la montagne même et la couche aérienne. Or on ne trouve pas sur les montagnes calcaires ces puissants dépôts mêlés, si caractéristiques des flancs des volcans, à moins qu'on ne puisse les rapporter aux éruptions des cônes voisins. Je doute donc que cette épaisse couche dont pfirlo M. Virlet soit bien formée en plus grande partie par le transport aérien.
Du reste, je n'entendi rien retrancher par là au mérite du mémoire de M. Virlet, qui, le premier, a signalé l'existence de la formation météorique. Je puis moi-même me tromper dans mon opinion et je livre la question aux géologues.
SUR HYDROLOGIE DU MEXIQUE. 7à
sa chute. Il en résulterait aussi que la limite inférieure des neiges éternelles serait plus basse en automne qu'au printemps, car durant la longue période de sécheresse qui correspond à notre hiver, leur fusion s'avancerait rapidement, malgré la gelée de la nuit et l'action réfrigérante des vents du nord. C'est bien ce que Ton pourrait préjuger en efTet, mais tel n'est cependant point le cas, et l'observation prouve que les météores obéissent dans les hautes montagnes à des lois autres que sur la table du plateau.
Dans l'examen de cette question, il faut ^distinguer deux catégories de montagnes, savoir : les groupes étendus et non interrompus de hauteurs, ou massifs ; et les pics plus élevés encore, mais aussi plus isolés.
Groupes des lontapies.
Ces massifs dont j'ai déjà parlé, sont composés de pâtés arrondis multiples, creusés de vallées, bosselés de mamelons obtus, comme celui de Real del Monte, ou des chaînes hérissées de cônes et de débordements volcaniques divers, comme la Sierra de Guernavaca p. ex. Aucun d'eux ne conserve de neiges éternelles, quoiqu'ils s'élèvent à 10-12,000 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Les vapeurs atmosphériques amenées par le Norte subissent en hiver dans ces montagnes, la même influence que sur le versant du plateau ; elles se condensent contre ces barrières ou se précipitent dans les anfractuosités où s'opère le mélange des diverses
74 COUP d'œil
couches d'air. Il règne donc dans ces régions un brouillard continuel, accompagné d'averses et de giboulées de neige lorsque souffle le Norte. L'hiver y ressemble donc à l'été, si ce n'est qu'il est plus froid, que fréquemment la neige persiste quelques jours sur le sol et que les chutes d'eau ne sont pas orageuses, comme elles le sont souvent durant la saison des pluies.
Pics isolés.
Ceux-ci subissent presque la même loi que les massifs, mais à un degré moindre. Les chutes d'eau y sont moms fréquentes et probablement aussi moins abondantes, parce que les pics n'opposent pas au vent une barrière aussi efficace que les régions montagneuses plus ou moins étendues, comme nous l'avons vu en parlant des pluies estivales. Leur forme simple et convexe permet à Tair de s'écouler plus régulièrement à leur surface, souvent même sans s'y refroidir beaucoup et sans qu'il s'y produise ces mélanges qui sont la cause principale de la condensation. Cependant on voit fréquemment en hiver les volcans s'envelopper de brouillards . épais, tandis qu'un soleil radieux brille dans les plaines les plus voisines. Lors, que le voile brumeux se déchire, les montagnes apparaissent revêtues d'un manteau de neige fraîche qui s'étend très-bas, mais dont la limite inférieure remonte ensuite rapidement. Ce phénomène est surtout remarquable sur les volcans dits de Mexico, le Popocatepetl et l'Iztaccihuatl qui forment ensemble une
sorte de chaîne et qui sont à cause de cela plus aptes que les cônes isolés à provoquer la condensation^ En même temps on voit souvent les neiges éphémères s'étendre sur les montagnes beaucoup moins élevées d'Axusco', du Monte de las Cruzes,de Rio-frio, et y séjourner deux ou trois jours^ Il y a quelques années on vit même la neige tomber dans toute la vallée de Mexico, s'y déposer à dix centimètres d'épaisseur et s'y conserver ainsi pendant deux jours. Mais ce fait, tout exceptionnel, est très-rare et on prétendait à Mexico qu'il ne s'était pas présenté depuis près d*un demi -siècle. Cependant Humboldt nous apprend qu'on a vu neiger même à Morelia , à 400 mètres plus bas que Mexico.
Je crois la Malinche^ moins sujette aux fréquentes chutes de neiges hivernales que les volcans qui entourent la vallée de Mexico, soit à cause de son isolement
^ En hiver comme en été il se passe donc le même phénomène sur les pics isolés, à savoir que le vent y glisse sans être influencé comme dans les régions montagneuses, mais tandis qu'en été la température élevée empêche la condensation continue et assujettit les pics à la même loi que la plaine, en hiver le froid est suflisant pour permettre souvent aux brouillards de se former et de persister plus ou moins longtemps.
'Altitude 3675 mètres.
•^ Rio-friu 3000 ". — Les neiges éphémères tombent au Mexique selon Humboldt à 2100 °* plus bas que sur le plateau de Quito.
^ Ancien grand volcan traohytiqiie voisin de TIaxcala, formant une masse isolée assise au milieu de la plaine. Altitude 4096 mètres.
soit à cause de sa situation, au milieu des grandes plaines sablonneuses du plateau. Ces plaines s'échaufient beaucoup plus pendant le jour que les prairies et les marécages de la vallée qui borde au N-0. les volcans de Mexico et de la chaîne de montagnes qui s'étend à leur couchant. Quant au pic d'Orizaba, il occupe une position analogue à la Malinche, parle fait de son versant occidental qui vient s*épanouirdans la plaine sablonneusedeCholchicomula, mais son versant oriental plonge dans la cordillère d'Orizaba et s'étend jusqu'à mi-côte du versant du plateau. Si donc d'un côté il est soumis à de nombreuses causes de sécheresse, de Pautreildoit participer auxpluies hivernales de la Cordillère qui ne peuvent se déposer qu'en neige sur son cône. Aussi la face orientale de cette montagne est moins dégarnie de neige en été que celle du Popocatepetl ^ Toutefois au mois de mars j'ai vu le pic d'Orizaba rester libre de brouillards ou seulement oflFrir en général autour de sa cîme un petit nuage fixé à ses neiges.
En tout cas, la précipitation des vapeurs se fait moins souvent sur les pics isolés que sur les massifs
^ Tout ce qui tient aux neiges éternelles des volcans du Mpxique forme pour les voyageurs un sujet de recherches d'dutant plus intéressant,que chaque montagne a presque sa loi spéciale, influencée qu'elle est par la variété desméléores des zones physiques les plus voisines. Je crois que Humboidt a Gxé une dist.'ince trop considérable entre la limite des neiges perpétuelles et celle des neiges persistantes d*hiver, plaçant la première à 4600 m. d'altitude, et la seconde à 3700.
moins élevés mais plus étendus, parce que la petite couche d'air qui se rafraichit sur les neiges est facilement entraînée par le vent et rejetée dans l'atmosphère, où la faible quantité de vapeur vésiculaire qui s'est formée, se dissout sans en altérer la transparences
Le 9 mars 1855, étant assis tout près du sommet du pic d'Orizaba, je vis distinctement ce phénomène se produire sous mes pieds. Il soufflait le vent da nord et par places les champs de neige fumaient, c*està-direque la vapeur se condensait à leur extrême surface, et se dissolvait à quelque hauteur, tandis qae dans les anfractuosités ou sur les convexités où venaient converger des courants d'air, il se formait dé petits cumuli. Par moments ces brouillards se détachaient des anfractuosités où ils avaient pris naissance et s'élevaient en l'air ou s'avançaient vers moi en rasant les champs de neige. Au moment du départ ils ressemblaient à de grands ballons moutonnés, puis, tout en voyageant, ils se fondaient, diminuant
^ Il serait essentiel d'observer la fréquence des chiites de
neige, la quantité d'eau qui se précipite en hiver sur les pics et
la quantité qui tombe pendant chaque mois d'hiver, car le
moment où tombe la neige a une grande influence sur la limite
des neiges éternelles. Je crois que les mois de tnars et avril
sont ceux où il en tombe le moins par la raison que le Norté
souffle rarement dans celte saison et que la chaleur, ainsi que
la sécheresse de Tair* font alors reculer la ligne des neiges.
^ Pendant ces deux mois le plateau atteint son maximum de séclieresse. Lt mois de mnrs est partout au Mexique le plus sec de l'année.
! 78 COUP d'œil
1 de grandeur et d'intensité jusqu'au moment où ils
' devenaient transparents et s'évanouissaient. Ces va*
1 peurs devaient j de la plaine, paraître insignifiantes, et
i à ce moment la montagne vue de loin, se détachait
i sur un ciel pur ^
leiges perpétneUes.
Malgré toutes les causes qui diminuent la chute et l'entassement des neiges sur les hautes cimes, leur quantité augmente pourtant pendant l'hiver, grâce à une condensation périodique qui ne se produit point (ou seulement rarement) dans les plaines élevées qui les entourent. Néamoins le soleil toujours chaud les combat et les refoule graduellement, surtout pendant les mois de mars et d'avril. L'évaporation de la neige si considérable à ces altitudes par le ciel pur du printemps, et l'extrême sécheresse de l'atmosphère
* Un fait analogue se passe quelquefois à la cime du Mont- ^ Blanc. Lorsqu'il souffle une forte bise [vent du nord), par un ciel serein, on peut voir de Genève une traînée blanche, qui s'étend sous le vent à droite de la cime. Les bateliers du lac qui ont une grande habitude du temps, prédisent une bise de longue durée à la vue de ce signe qu'ils attribuent à un tourbillon de neige arrachée à la montagne par le vent. Mais il est évi-
à dent que cette traînée n'est qu'un brouillard. Le vent en passant
rapidement sur le Mont-Blanc, ne donne pas lieu à condensation, mais en aval de la cime il s'établit un conire-courantdans la partie de l'atmosphère qu'abrite la pyramide terminale. Dans cet espace, il s'opère un mélange de l'air qui s'est refroidi en glissant sur la neige avec l'air libre moins froid ; de là cette nuée allongée qui s'étend à droite de la cime et dont la limite supérieure est formée par une ligne horizontale qui part du sommet de la montagne.
contribuent aussi puissamment à leqr disparition
bien au-dessus des limites normales des neiges éternelles ^
La distribua on des météores aqueux sur les hautes montagnes du Mexique se lie sous tous les rapports à celle des neiges éternelles. De tout ce qui précède on peut œnclure que la limite de ces dernières est incontestablement plus haute que ne le voudrait le seul fait de la latitude et de la température moyenne des lieux ^ La plus forte condensation de beaucoup se faisant en été, la plus grande masse d'eau tombe en pluie qui s'écoule immédiatement, ou en neige qui fond presque aussitôt tombée. La proportion de neige
^ Voici un exemple frappant de Tinfluence que peuvent exercer les causes locales sur la limite des neiges. Selon Humboldt le volcan d'Aconcagua (Chili), quoique sous une latitude beaucoup plus élevée que les volcans du Mexique a été vu complètement privé de neige, et cependant sa hauteur dépasse de 450 m. celle du Chimborazo, (par conséquent de 1580 celle du Popocatepeltj.La limite des neiges perpétuelles est siloind'étre en rapport direct avec la latitude des lieux que sur la Cordillère du Chili, efle paraît être de 800 m. plus élevée que sous TEquateur.
^Humboldt estime que sous Téquateur la décroissance de la chaleur en altitude est de 1^ degré par 200 mètres. Bonguer place la limite des neiges sous le tropique à 4,444" et Humbold à 4,795. Les mesures de ce voyageur prises sur les quatre grandes montagnes du Mexique, montrent que dans ce pays elles s'arrêtent entre 4,500 et 4,600".
Entre les tropiques l'uniformité de la température entraine une grande uniformité dans la limite des neiges éternelles. Celles-ci ne se prolongent pas dans les ravins et la distance qui les sépare des neiges persistantes de l'hiver est faible.
qui tombe en hiver est relativement petite, et cette neige est loin de s'emmagasiner en totalité, parce que les nombreux jours de beau temps qui s'intercalent entre les chutes de neiges ne lui permettent pas de s'entasser rapidement à une grande épaisseur pour former une masse compacte et résistante dont la surface seule serait exposée à la chaleur atmosphérique. En faisant au printemps l'ascension du Popocatepetl j'ai trouvé la preuve de la continuation régulière de la fonte des neiges pendant l'hiver dans le fait que le cône terminal était tellement libre de neige au levant, qu'après avoir traversé quelques champs de neige au N.-E., j'ai pu atteindre le cratère par de grandes pentes de sable coulant. Dès la fin d'avril j'avais déjà remarqué de la Puebla que ces pentes étaient dégarnies de neige jusqu'au sommet^ mais j'ignore si en creusant dans les sables on n'aurait pas trouvé dessous des neiges anciennes ou de la glace. Cependant le fait me parait peu probable. Une autre remarque conduit à la même conclusion. On voit sur le versant nord du dôme neigeux une im-
Quoique l'uniformilé constante de la température tende à diminuer à mesure qu'on s*élëve au-dessus du niveau de la mer, les neiges ne varient sous Téquateur que de GO*" et leur limite est à 4,800'". Mats au Mexique où les variations de la température sont beaucoup plus sensibles, leur oscillation est déjà de 600°*. Au Popocatepetl Humboldt a trouvé en juillet la limite des neiges à 4,520" et en février à 3,820°*. Mais ce dernier chiffre ne peut se rapporter qu'à la limite inférieure des neiges de la face N. 0. où elles s'étendent plus bas que sur les autres faces.
SUR l'hydrologie du MEXIQUE. 81
meose aiguille de rocher, étroite d'un côté, élargie en paroi de Fautre, et que je considère comme le dernier reste fort dégradé des bords d'un ancien cratère. Au mois de mai, c'est-à dire à la fin de l'hiver, cette paroi était tapissée de magnifiques traînées de glace, étendues de haut en bas comme des stalactites gigantesques ; celles-ci n'avaient pu se former que par l'écoulement lent et très-longtemps prolongé des filets d'eau résultant de la fusion graduelle des neiges qui se déposent à chaque chute sur les tablettes de rochers de l'aiguille. Ni la pluie qui tombe à une température supérieure à zéro, et qui s'écoule immédiatement, ni des ruisseaux qui ne sauraient se former sur cette aiguille, n'ont pu produire ces immenses glaçons. Il a fallu pour les créer cette alternance entre la chaleur de la journée qui continue la fusion des neiges pendant tout l'hiver, et la gelée intense de la nuit qui surprend et fixe les eaux au moment même de leur écoulement.
Tout semble donc prouver qu'au Mexique durant le cours de l'hiver trois circonstances règlent et modèrent sans cesse l'entassement des neiges : 1® les chutes périodiques; 2o la diminution quotidienne par la chaleur de la journée; 3» la congélation pendant la nuit d'une partie de l'eau provenant de leur fusion. Ce dernier terme de Téquation des neiges éternelles crée un arrêt journalier du second, et il joue par conséquent, quant à la marche de la diminution