SOUVERAINETÉ DU PEUPLE ET ÉTABLISSEMENT DÉFINITIF DE LA LIBERTÉ
‘ Malheur à qui ne comprend pas ! ”
Cette citation prouve que les principes impies, que condamnait. Mgr. de Montréal en 1858, et d’autres encore sont aussi vivaces aujourd'hui dans notre société qu'ils l'étaient alors Depuis cette: époque, ils ont peut-être acquis plus de force <5 un plus grand nombre d’adhérents. (Ce qui perce par-ci par-là nous donne à croire, et avec raison, qu’il y & beaucoup de feu caché sous la cendre. Lorsque l'incendie éclatera, rien ne pourra l’éteindre que le sang et encore ! :
Il n’est pas surprenant qu'il en soit ainsi et pour plusieurs raisons, Nous avons d’abord uue constitution où sont reconnues en droit la liberté des cultes, la liberté de conscience, la liberté de la presse et la souveraineté du peuple.
Nous avons ensuite un centre, un foyer d’impiété parmi nous : c'est le trop fameux Institut-Canadien de Montréal. Beaucoup n'ont de doctrines que celles qu'ils ont puisées à cette source empoisonnée et maudite. Une fois gorgés de ce venin, ils s'emploient à le distiller partout et mettent à cette besogne un zèle que rien ne saurait ralentir ni rebuter.
Nous avons de plus nos mauvais journaux qui, sous une forme ou sous une autre, tantôt avec un semblant de respect pour la religion, tant avec désinvolture, vivent du travail qu’ils s’imposené pour préconiser, commenter et rebâcher ces funestes doctrines, Ils. plient les faits, les arrangent, les adaptent à leurs manières de voir, et par ce moyen ils donnent beaucoup plus d'efficacité à leur. pré. dication. Ils dénaturent tout ce qu'il touchent dans le but de prouver que l'Eglise et ses ministres sont la cause dé tout le mal en ce monde, et qu'il n’est possible d'y faire régner le bien-être, résultant des lumières et du progrès, que par un ordre de choses établi sur les doctrines qu’ils professent. Lorsqu'ils sont euxmêmes à bout de resssuroes. et d'arguments, 0e qui n’est pas rare, ils se font les complaisants échos de tous les. libres-penseurs d'Eu-
rope, et nous donnent une nouvelle édition des impiétés que vomissent ces Messieurs. .
Grâûces à une active propagande, qui se dissimuk sous une apparence purement politique, l'on peut dire de bien des endroits ce qne disait de St. Hyacinthe, Mgr. Chs. Laroque, en septembre 1868 : ‘ Il existe à St. Hyacinthe des préjugés, des erreurs... Ces préjugés, ces erreurs sont identiquement les mêmes qui ont infiltré dans une trop célèbre Institution de Montréal l'esprit anticatholique, qui a causé au digne et vénérable Evêque de cotte ville tant de sollicitudes, tant d'alarmes et d'angoisses.”
Nous avons enfin certains journaux qui prennent le tître de catholiques, que plusieurs aussi regardent comme catholiques; tels, par exemple, que l'Evénement, le Bien Public, le Journal de Québec, êt qui pai ignorance et par bêtise quelquefois, mais assez souvent par malice, rendent d'importants services à la cause révolutionnaire. L'ignorance leur permet de reproduire une foule d’écrits saturés de principes irreligieux, mais habilement déguisés ; l'orgueil, l'ambition et la cupidité, qui conseillent toujours mal, les déterminen: à acceptez des doctrines propres à satisfaire la passion du moment, mais qui finissent toujours par ensanglanter les routes qu'elles suivent et les couvrir de ruines.
Si nous tenons compte maintenant, comme nous le devons, du travail de la presse protestante, qui se donne la mission de combattre les idées catholiques et dont on ne se défie pas assez, nous serons forcés d'admettre que nous vivons dans un milieu empesté. L’habitude d'entendre des énormités nous a familiarisés avec elles, au point que nous n'y prenons plus garde etque nous les traitons de bagatelles. Il y a plus : nous les acceptons parfois. (Combien de catholiques sont dans le cas de celui qui, parlant des espérances que faisait concevoir le Concile du Vatican, écrivait ce qui suit dans un de nos bons journaux et le défendit avec chaleur :
‘# De grands malentendus se sont élevés sur toutes les questions qui concernent l'Eglise, depuis cette révolution de 1789 qui emporta l'Eglise dans sa tempête, et L'EGLISE NE SUT PAS DIs- ‘TINGUER alors ce qui tenait à un état de choses légitime sans être nécessaire, et ce qui constituait les EE ou euection et l'esprit
. immuable du christianisme.” g : ; ï
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Les causes étant ainsi posées, il est impossible que nous n’en ressentions point les effets. Il n’est que trop vrai, hélas ! le libéralisme impie a des adeptes parmi nus, et ces adeptes, tant conscients qu’inconscients, sont plus nombreux qu'on ne l’imagine. Ce qui achève de le prouver, c'est que l’idée de combattre l'influence indue du clergé dans les affaires politiques, et notamment dans les
- élections, est assez bien accueillie et parait devoir faire facilement -80n Ch:min.
ob maire
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