‹ Coup d'oeil sur le libéralisme européen et sur le libéralisme canadien [microforme]Chapitre 9 sur 20 · DAT ER EE SEE · texte numérisé non relu

DAT ER EE SEE

voir que la volonté de l’homme qui élabore des lois dans les assemblées délibérantes et les promulgue ensuite. Ils n’admettent point que l'Eglise, qui est la voix de Dieu même en ce monde, puisse exercer quelque influence en politique ; ils soutiennent que son rôle consiste à prier loin du bruit et des affaires de ce monde, puis à administrer des sacrements. Ils disent qu’elle doit s'occuper des. âmes et qu'à eux seuls appartient le soin des corps.

Si parfois ils jugent prudent de voiler un peu le trop cru de leur doctrine, ils admettront que l'Eglise a le droit d'intervenir, il est vrai, dans les questions politiques, mais seulement dans les circonstances extygordinaires, Par là, ils nient très-adroitement ce qu'ils ont d’abord semblé concéder. En effet, ils dépouillent ainsi l'Eglise du droit de prendre l'initiative dans ces questions, du droit de décider elle-même et elle seule s’il est nécessaire ou non qu'elle intervienne. et ils se constituent ses supérieurs et ses: juges. Si l'Eglise, par ses ministres, intervient en politique et que cette intervention leur déplaise, ils objecteront de suite qu'il y a abus de sa part, parceque les circonstances ne sont pas de la nature de celles qui réclament son intervention.

Que d'hommes, même fort recommandables dans leur vie privée, nous réptent tous les jours qne la politique est un domaine où la religion n’a absolument rien à voir. Parcequ'on s'occupe dans les assemblées parlementaires de questions de l’ordre purement matériel, par exemple, du commerce, du tarif, des chemins et des canaux, ils voudraient qu'on fermât les yeux sur les principes qui servent de base à toute question politique, et que rien ne vint les contrarier dans l'exercice d’une omnipotence usurpée. Comme ils trouvent fort commode d’agir sans plus s’occuper de l'Eglise que si elle n'existait pas, ils désireraient que l'Eglise fit de même à leur égard. Séparer ainsi l'Eglise de l'Etat pour n'avoir d’autres règles en politique que les calculs de l'intérêt, les rêves de l'ambition et les caprices de leur volonté, telle est l’idée qu'ils se forment de l'accord qui doit régner entre les deux puissances spirituelle et temporelle. Dieu a voulu que cet aecord consistôt dans la subordination de l’une à l’autre, eux prétendent. qu'il doit être le fruit du divorce.

VIIT.

Comme pièces justificatives de ce que nous avons affirmé dans le chapître précédent, si toutefois il est besoin de telles pièces, nous citerons les paroles mêmes de nos libéraux avancés. Leurs principes il est facile de les connaître. Il les ont enrégistrés dans leurs jour, naux, et dès 1858, le mal avait fait tant de progrès que le vénérable évêque de Montréal, Mgr. Bourget, le premier qui ait sérieusement engagé la lutte au Canada contre le libéralisme, crut devoir les signaler dans un mandement et leur imprimer une juste flétrissure. Les voici tels qu’il les reproduisit : il est facile de voir que ce sont les principes mêmes de 89, le credo de la Révolution :

“1o La conscience de | homme est inviolable, et il ne peut être appelé à rendre compte que de ses actes extérieurs, quand ils sont nuisibles au bien-être de la société ;

“ 20 La tolérance pratique est un progrès inestimable, et une conquête de la raison sur le fanatisme le plus cruel et le plus dégoûtant ;

“ 30 L'esprit d'une institution délibérante doit être libre. Ses inspirations sont dégagées de tout contrôle, autre que celui du bon sens et de la morale de ses membres;

“ 4o Toute opinion... , pourvu qu’elle se rattache à une question sérieuse, est érigée en principe, en dogme ;

“ 5o L'Eglise et l'Etat doivent avoir une existence séparée, vivre chacun de leur propre vie, et non s'identifier dans une action commune... Une telle opinion est bien fondée, et nous ne serons sûrs de voir régner la paix, l'harmonie, la prospérité dans cette Province du Canada, que lorsque ce principe aura reçu sa pleine consécration... Des hommes libres répudieront toujours cette prétention absurde, sacrilége, de faire de la Religion la servante d'une mauvaise cause politique (la cause défendue Le les catholiques contre les rouges) ; Ne

“ 6o Il est à regretter que la religion soit introduite sur le terrain de la politique ; rien -n’est plus préjudiciable à nos propres ”

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intérêts... C’est le comble de la folie que de risquer l'avenir du pays pour le plaisir de faire triompher telle ou telle doctrine religieuse ; |

“ 7o Nous ne voulons pas en politique de l'influence religieuse ni de l'intervention cléricale ; les prêtres laissent l'autel pour le husting, la chaire pour la tribune ; ils oublient les intérêts du peuple et inventent de nouveaux péchés.”

Et il n’y a pas encore trois ans, l’un des chefs avoués de nos libéraux avancés, le docteur, la lumière, le grand-pontife du parti, disait aux applaudissements de toute la bande : ‘“ Les gouvernenements, que le clergé a si longtemps maintenus dans l'ignorance, savent aujourd'hui enfin revendiquer leur pleine indépendance vis-à-vis de ce même corps qui les contrôlait autrefois avec tant d’arrogance et d’ambition. |

“ Si l'on ne met pas une barrière à l’esprit de domination du clergé, il n'y a pas de liberté possible... Il abuse odieusement des choses saintes pour dominer les simples et les faibles ; il ne respecte plus les institutions et les lois, et il se sert de son influence sur les masses pour broyer sans piété quand il le peut tout ce qui n’est pas à genoux devant lui.”

Ces idées des chefs libéraux, les subalternes les promènent clandestinement dans nos campagnes en temps de lutte électorale, et elles prennent si bien que beaucoup de nos gens, paisibles d’ailleurs, s'insurgent ouvertement contre les prêtres et les évêques qui leur rappellent leurs devoirs en matière politique. Ils ne reconnaissent à d'autre autorité que la leur.

Le même homme continue : ‘ a suprématie du prêtre signifiant toujours et partout l’esclava:e Ce la pensée, elle signifie par là même le servage politique......Qu'était devenue la nationalité

italienne sous le régime papal ? Qu'est devenue l'intelligence romaine sous la censure papale ? Pourquoi le domaine de l'esprit était-il devenu un désert comme la campagne de Rome ? Stérilité partout ! L’humanité repousse de plus en plus énergiquement ces entraves à son progrès et son mot d'ordre est aujourd’hui :

‘ RESPECT AU SACERDOCE VRAIMENT HUMBLE, ÉCLAIRÉ, CHARITABLE, BIT CHRÉTIEN, MAIS RÉSISTANCE. ÉNERGIQUE ET GURBRS, S'IL LR FAUT, AUSAUERDOCE DOMINATAUR | |

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