L'INFLUENCE INDUE DU CLERGÉ
De os jours, nous, Canadiens-Français, fils de martyrs et de héros catholiques ; nous qui devons à la bénigne influence du clergé la jouissance de nos libertés et de nos franchises ; la reconnaissance par la mère-patrie de tous nos droits civils, politiques et r2ligieux ; notre existence comme peuple enfin, nous en sommes rendus à voir des nôtres, combattre l'influence religieuse du prêtre en politique, et cela, sous prétexte que cette influence est indue, c'est-à-dire inconvenante, déplacée, illicite et pourtant condam-
nuble, Les raisons que l’on allègue pour combattre cette influence, se
résument en ces quelques mots : ‘ le prêtre, comme ministre et d spensateur de la parole évangélique, outrepasse ses droits et méconnait ses devoirs, dans l'exercice de ses saintes fonctions.” On trouve qu'il prêche hors de propos ; qu'il fait retentir certaines vérités du haut de la chaire en temps inopportun ; qu’il intimide par là les consciences, et donne aux fidèles une direction fausse en matière politique, Girection qui ne saurait ê‘e obligatoire et qui devient même vexatoire.
Nous avons déjà signalé ce mal dans l'an des chapîtres qui précèdent, mais cela ne suffit point. Pour le combattre avec efficicité, il est nécessaire Ge développer et de compléter ce que nus avons dit.
Que voyons-nous d'abord actuellement à la tête de ceux qui dét urnent le sens de la loi pour persécuter le clerzé au nom de l'influsnce indue ? Nous voyons, comme on l'écrivait au Canadien en avril dernier, ‘“ un homme qui doit au clergé ce qu'il est socialeraent. C'est du clergé que cet homme tient sa place de professeur dans une institution entièrement sous le contrôle de l’épiscopat : c'est le clergé qui un jour lui a procuré la facilité d'aller se perfecsionner en Europe ; c’est dans le clergé qu’il compte aujourd’hui, par alliance, des parents qui ne lui veulent certainement aucun
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mal, et dont il n'a reçu, au contraire. que des preuves de bon vouioir ; bref, c'est du clergé qu'il a subi la plus salutaire et la plus bénigne influence, et alors comment expliquer qu'un tel homme soit du nombre de ces pervers qui attaquent le clersé, veulent le bannir de la politique et tentent de le reléouer, de le confiner au fond de la sacristie ? ” Mystère de la malice ou de la sottise humaine !
Le grand principe sur lequel ce Monsieur et ses nombreux a Thérents s appuient pour qualifier d'indue l'influence qu'exerce le prêtre sur ses administrés, par ses prédications, en t:mps de latt: électorale principalement, c'est que la politique est un terraïn neutre, essentiellement indépendant, où les croyances religieuses n> peuvent être mises en cause et n'ont point d'intérêts en jeu par conséquent ; où les règles de la morale chrétienne n'ont pas et ne sauraient avoir d'application,
Ce principe est faux et pernicieux ; un moment de réflexion nous en convaincra. Si les actes politiques sont des actes humains. c'est-à-dire s'ils procè lent de l'inteliiwence et de la volonté : s'ils ont de plus une grande importancr, soit qu'on les considère dans ur objet et dans leur fin, soit qu'on en pèse toutes les conséquences, ils doivent être sous le contrôle de la volonté divine, comme tous les autres actes humains. L'homme. qui agit dans la vie politique, a zit dans une vie qni a ses principes, ses règles ct ses devoirs, puisque la politique a pour but de proeurer le bien-être. la paix et la sécurité des Etats, et que Dien veut ce bien-être «tte paix et cette sécurité comme moyens de sanctification pour ses élus, Onnia propter electos.
Is nient cependant cette vérité les hommes qui refusent À la religion le droit de mettre le pied sur le terrain politique, et, eontradiction flagrante ! ces mêmes hommes, à propos de la conduite politique de leurs adversaires, crient sans cesse À la malhonnéteté, à la corruption, à l'hypocrisie, au scandale, à la fraude et À la rapine.. Pour crier ainsi, sur quoi s'appuient-ils, eux qui ne veulent pas de religion en politique, si ce n'est peut-être dans quelques cas exceptionnels, e> qui revient à dire jamais, pratiquement parlant ? On est bien embarrassé de le dire. Les méfaits qu'ils prétend:nt signaler et pour lesquels ils demandent répression,
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