‹ Coup d'oeil sur le libéralisme européen et sur le libéralisme canadien [microforme]Chapitre 12 sur 20 · DENT · texte numérisé non relu

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tant ils semblent les avoir en horreur, supposent des dogmes et une morale, et e2s dogmes et cette morale ne peuvent être d’invention humaine, La raison est impuissante à les fabriquer, à leur imprimer surtout le moindre cachet d'autorité : les lois, que l’homme voudrait s'imposer à lui-même, ne sont pas susceptibles de produire d'obligation. Ne voulant pas de religion en politique, ils en bannissent par à même l'œil qui permet de distinguer entre le bien et le mal, le juste et l'injuste ; l'autorité qui commande de s'attacher à l’un et de fuir l'autre ou de rompre avec lui. Ils sont done souverainement ridicules et surtout souverainement perver: de tant s'exclamer sur le compte de leurs adversaires et d

qualifier leurs act:s de mauvais. S'ils étaient conséquents et de bonne foi, ils admettraient qu'il n’y a ni bien ni mal en politique, et que l'urs adversaires, aussi estimables qu'eux-mêmes, sont exempts de tout blâme dans leurs actes, quoiqu'ils fassent,

S'ils persistent à soutenir qu'en politique, il y a des actes blämables et coupables, il faut de toute nécessité qu'ils reconnaissen: des dogmes et une morale existant indépendamment de leur raison, et, par suit, strictement obligatoires. Or, comme il n'y à ni dozim » ni morale sans religion, ils doivent de plus reconnaîtr. que la religion à sa place en politique aussi bien que parto: : ailleurs. Et comment pourra-t-elle y jouer le rôle qui lui appartient, si ce n'est pas le ministire de ceux qu'ils ont entrer is d'éliminer en les accusant d'exercer une influence indue ?

Nulle part, dans les enseignements divins, nous ne trou vous que la volonté d: l'homme soit affranchie de toute loi ou qu'’el'e soit à elle-même sa propre loi, lorsqu'elle se meut dans le domaine des affaires publiques. Loin de là, Dieu veut, au contraire, que cette volonté lui reste parfaitement soumise, et il avertit les nommes publics qu'il leur demandera un compte sévère de leurs actes

politiques. « Prôtez l'oreille, nous dit l’auteur du livre de la

« Sagesse, prètez l'oreille vous qui gouvernez les peuples..…...Con- « sidérez que vous avez reçu cette puissance du Seigneur et cette « dom nation du Très-haut, qui interrogera vos œuvres, et qui « sondera le fond de vos pensées, parce qu'étant les ministres de «“ son royaume, vous n'avez pas jugé équitablement, que vous « n'avez point gardé la loi de la justice et que vous n’avez point

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« marché selon lu volonté de Dieu. Il se fera voir à vous d'une « manière effroyable et en peu de temps, parceque ceux qui sont « établis pour gouverner les autres seront jugés avec catrême ri- (« queur, »

D'après ces paroles, qui n'ont besoin ni d'explications ni de commentaires, pour être comprises, les hommes auront à répondre au tribunal de Dieu de leurs actes politiques aussi bien que des actes de leur vie privée, c'est-à-dire que Dieu les jugera non-

eulement comme simples particuliers, mais aussi comme hommes

publics et gouvernants, et à ce titre ils subiront un jugement trèsrivoureux à cause de grandes et nombreuses conséquences de leurs actes, Dieu, qui est la justice même, n'interrogerait pas avec sévérité les œuvres politiques, si elles ne devaient pas être conformes à des lois qu'il à portées. Or, ces lois qu'il a portées pour révir et diriger la politique, il en a confié le dépit à son Eglise, et et c'est elle aussi, et elle seule, qu'il a chargée de les interprêter et de les faire exécuter. Il suit de là qu'à elle seule appartient Île droit de déclarer quel est le sens de ces lois, quand et comment elles doivent être appliquées. Tout cela est clair, évident comme deux et deux font quatre.

Quand donc l'Ezlise, qui parle par là bouche de ses pasteurs, intervient en politique, c'est qu'elle a droit d'intervenir. Etant continuellement éclairée et dirigée par l'Esprit Saint, elle ne peut aussi intervenir qu'en temps opportun. De même, quand elle

lâme et condamne, c’est qu'on s'écarte de la vérité et de la justice, et lorsqu'elle donne une direction, c'est que la voie qu’elle indique est la seule à suivre pour rester dans le devoir.

D'où il faut conclure que les politiques, qui déclarent la guerre aux prêtres en les accusant d'empiéter sur leur domaine par ce que ces derniers prêchent des vérités qui Îles touchent, sont des hommes on ne peut plus mal inspirés ; ils font un travail vraiment impie. Ils méconnaissent par là les droits du Souverain Lévislateur. et ils leur substituent les droits de l’homme. Ils s'efforcent de faire tomber ses lois dans l'oubli ou dans le mépris, afin de n'être point gênés dans leurs ébats par l'obligation de les observer.

Qu'ils s'en rendent compte ou non, ils travaillent ainsi À amener la séparation de l'Eglise et de l'Etat, c'est-à-dire à chasser Dieu

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