‹ Coup d'oeil sur le libéralisme européen et sur le libéralisme canadien [microforme]Chapitre 13 sur 20 · GS · texte numérisé non relu

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de la politique ct à professer librement l'athéisnie sur ce terrain. La lésèreté de leur esprit, l'ignorance ou la sottise peut les rendre moins criminels que ne l’est leur erreur ; mais cette erreur, tout en étant profe:sée par des Lkommes qui n'en comprennent pas la Lrofonde malice, ne laisse pas d'exercer les plus funestes ravages, car l'erreur, même accueillie de bonne foi, tue tout comme le poison pris par mévarde,

Les libéraux, qui persécutent le prêtre au nom de l'influence indue, réclameront peut-être ici, se prétendant calommiés. Ils objecteront qu'ils veulent bien de la religion en politique, mais non pas du prêtre abusant d2 son ministère en faveur de tel ou tel parti. Ne «:-cu', de cette façon ne fait que mettre en relief une autre ruse de l'impiété. Que signifie, en effet, cette manière de

justification ?

Elle sienifie que les pasteurs de l'Eglise et l'Eglise elle-même n'ont pas le droit d'enseigner toute vérité aux fidèles, mais qu> c'est à ces derniers qu'il appaitient d'indiquer aux pasteurs les vérités à traiter devant eux et la man'ère de les traiter D'après ce système, les prêtres et les évêques ne sont autorisés à ne prêcher que ce qui ne gênera pas, ne contrariera pas, ne

on

choquera pas leurs auditeurs ; S'ils se permettent de franchir ces limites, il y aura abus de leur part et l'autorité séculière pourra sévir contre eux. En face d'un pareil délire, on croit se retrouver au temps de Julien l’'Apostat.

Yes messieurs ont beau dire et protester, ils rejettent l'autorité relivieusé enseignante, Ils ne veulent du ministère de la prédication Que pour la forme, puisqu'ils le soumettnt au contrôle du pouvoir civil, qui ne manquera jamais de décréter qu'il y a abus s on le reprend de ses écarts. L'Eglise est ainsi absorbée par l'État et disparaît anéantie ; l'Etat seul reste, exerçant à la fois la double autorité civile et religieuse,

Donc, combattre l'influence du prêtre en polit‘que, de quelque manière qu’en s'y prenne pour justifier ce procédé, est un acte de libéralisme impie, et de tous les actes qui en procèdent, il est de la pire espèce. Gambetta, qui flaire si bien toutes les grosses impiétés, n'a pas laissé passer celle-là sans la gratifier d’une cordiale hospitalité. A l'exemple de nos libéraux-canadiens, il déclare la guerre au clergé français donnant des instructions aux fidèles sur

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la politique et leurs devoirs à remplir en temps d'élection ; il juge que les prêtres exercent alors une influence insolite.

Ce fait vient heurter d'une. manière un peu brutale les thèses de nos libéraux, qui depuis si longtemps s'enrouent à nous répéter qu'ils n’ont rien de commun avec les libéraux d'Europe. N'ils veulent réfléchir un peu, ilscomprendront qu'elle se vérifie toujours cette parole de la Nainte Ecriture: L'iniguité s'est mentie à elle-même.

Si un prêtre, ce qui est possible, s'abandonne à quelques écarts dans la chaire, l'autorité civile n'a pas compétence pour les réprimer, Qu'on se borne alors à dénoncer le coupable à son supérieur ecclésiastique, qui est le seul autorisé à prendre connaissance de ces sortes de cas et à les juger: Si c'est un évêque qui se trompe, que l'on porte plainte à Rome, et Rome ne manquera pas d'opposer une barrière au mal. Telle est la liune de conduite à suivre, si l'on veut être dans l’ordre. On ne se fait pas scrupule de s’en écarter cepcadant et la raison en est toute simple. Comme on accuse avec et par passion, à tort et à travers, poussé que l'on est par affection pour l'erreur ou par amour du mal, il est nécessaire que l’on azisse sans tenir conipte d’aneune loi, L'erreur et le mal sont le désordre par essence ; ils cesscraient d'être ce qu’ils sont s'ils pouvaient être disciplinés et soumis à une règle quelconque.

Nous le répéterons donc encore une fois comme conclusion de tout ce chapitre : les hommes qui s’ingénient à restreindre la liberté de la parole évangélique à propos de politique et d'élections, professent le libéralisme impie dans l’une de ses plus brutales manifestations, Ils veulent la sécularisation de la politique, l’athéisme légal, la ruine de l'autorité spirituelle de 1’ Eglise et le despotisme de l'Etat, qui devient omnipotert par l'absorption de tous les pouvoirs.

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