‹ Coup d'oeil sur le libéralisme européen et sur le libéralisme canadien [microforme]Chapitre 17 sur 20 · QUELLE EST LA MALICE DES OPINIONS CATHOLIQUES LIBÉRALES · texte numérisé non relu

QUELLE EST LA MALICE DES OPINIONS CATHOLIQUES LIBÉRALES

Que le libéralisme catholique soit une erreur, il n’est pas permis d'en douter, puisqu'il est condamné comme tel par le Pape.

Que cette erreur soit grave, il n’est pas permis d’en douter non plus, car, pour la qualifier, le Pape emploie des expressions trèssévères ; et, pour en inspirer de l’horreur, il nor: dit que les conséquences qu’elle entraîne sont des plus funestes, Or, une ecreur qui est sévèrement qualifiée par le Saint-Siége, et qui, de plus, nous est signalée comme très-funeste dans ses conséquences, ne peut-être que d’une extrême gravité.

Pour mieux convaincre les lecteurs de cette importante vérité, nous allons leur remettre sous les yeux les paroles de Pie IX.

‘ Les opinions catholiques libérales sont des opinions équivoques et captieuses, introduites par une fausse philosophie et propagées par les charmes trompeurs de la liberté.” (Bref aux rédacteurs du Catholique, 4 nov. 1868.)

‘ L'erreur des catholiques libéraux est pleine d’embûches.’ (Bref à M. de Cannart d'Hamale, 8 mai 1873.)

“ Les opinions catholiques libérales sont très-pernicieuses.” (Bref à Mgr. de Quimper, 28 juillet 1873.)

‘“ Vous avez moins à redouter de l’impiété que d'un groupe ami, composé d'hommes imbus de cette doctrine équivoque.” (Bref au comité d'Orléans, 9 juin 1873.)

“ Les opinions catholiques libérales ont ouvert à l'impiété et à la révolte une large voie.” (Bref aux rédacteurs du Catholique, 4 nov. 1868.)

‘ L'erreur des catholiques libéraux est plus dangereuse qu'une inimitié ouverte, parcequ'elle se recouvre du voile spécieux du zèle et de la charité.” (Bref à M. de Cannart d'Hamale, 8 mai 1.873.

“ Les principes libéraux sont les semences de ces révolutions dont le monde est depuis longtemps ébranlé,” (Bref à Mr. Evêque de Quimper, 28 juillet 1873.)

‘ Les très-funestes embûches du catholicisme libéral rendent inutiles nos fatigues et notre zèle, diminuent notre vigueur ou rendent inutiles nos efforts.” (Bref au Congrès catholique italien de Florence, 9 sept. 1875.)

‘“ Les catholiques libéraux répandent les dissensions parmi les frères, (surtout en prêchant une fausse paix, une fausse modéra. tion) affaiblissent l'énergie de l’unité que les ennemis cherchent vainement à entamer, et favorisent du mieux qu'ils peuvent la ause des adversaires, (Même bref.)

‘ Ce que je crains, c’est cette malheureuse politique, le libéralisme politique, qui détruirait la religion... Il faut sans doute pratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramener ceux qui sont égarés ; mais pour cela, il n’est pas besoin de partager leurs opinions.” (Réponse à la députation française, juillet 1871.)

“ Les catholiques libéraux sont bien plus dangereux et mènent à une ruine plus inévitable que des ennemis déclarés...Ils secondent les efforts des impies et se présentent sous des dehors de probité et d’orthodoxie, qui séduisent les amateurs imprudents de la conciliation et qui trompent les hommes hounêtes..…. Ils dévisent les esprits, brisent les liens de l’unité et affaiblissent les forces qui devraient s’unir dans des efforts communs pour repousser les attaques des adversaires, (Réponse aux Catholiques du cercle de St. Ambroise, à Milan, 6 mars 1873.)

Qui oserait dire, après avoir entendu des paroles aussi graves, aussi sévères et signalant de tels dangers, qu'il n’y a pas de mal ou qu'il n’y a que faute légère, tout au plus, à professer le libéralisme catholique ? Non, le mal qu’il y a à professer le libéralisme catholique n’est pas léger ; il est excessivement grave, et, comme le dit si bien Mgr. Gaume dans son Petit Cutéchisme du Syllabus, “les catholiques libéraux, hypocrites qui veulent, comme les Jansénistes, demeurer dans le sein de l'Eglise SANS LUI APPAR- TENIR, ne peuvent pas plus être absous que la peste.

Maintenant, une question se présente ; avec les documents que pous avons en mâin, il est bien permis d’essayer de la résoudre. A quelle catégorie d’erreurs se rattachent les opinions catholiques libérales ? Faut-il les regarder comme hérétiques ou bien les ranger parmi les erreurs qui approchent de l'hérésie, qui sentent

l'hérésie,"qui sont suspectes d'hérésie, ou bien parmi les opinions qui sont dites impies, téméraires, mal sonnantes ?

Dans sa réponse au Cercle de St. Ambroise, à Milan, réponse qui fait autorité, pour sûr, puisque copie en a été transmise à tous les évêques du monde catholique pour leur servir d'enseignement, le Saint Père s'exprime ainsi : “ Les opinions catholiques libérales sont un moyen par lequel on s'efforce de faire régner l'union entre la lumière et les ténèbres,-entre la justice et l’iniquité...….. par lequel on veut servir deux maîtres. Von desunt qui...societatem nectere conantur inter lucem et tenebras ac participa. tionem inter justitiam et iniquitatem per doctrinas quas dicunt catholico-liberales, quaeque pernisississimis fretæ principès.… animos in obsequium, ant saltem tolerontiam iniquissimarum lequm perinde inclinant, ac si scriptum non esset : Nemo potest duobus dominis servire.”

Les doctrines libérales contredisent donc formellement, d'après une très-claire déclaration du Pape, les vérités contenues dans ces passages de nos Saintes Ecritures : Nolite jugum ducere cum infidelibus. Quæ enim participatio justitiæ cum iniquitate ? ant quæ societas luci ad tencbras ?...... Nemo potest duobus dominis servire. Ne vous attachez point à un même joug avec les infidèles ; car quelle union peut-il y avoir entre la justice et l'iniquité ? quel commerce peut exister entre la lumière et les ténèbres ?...... Personne ne peut servir deux maîtres,

Or, toute doctrine, qui contredit certainement, directement et immédiatement une vérité ou des vérités révélées que l'Eglise propose de croire, est une doctrine hérétique. Donc les doctrines catholiques libérales, que Pie IX nous montre en opposition certaine, directe et immédiate avec des vérités révélées, que l'Eglise nous ordonne de croire, sont vraiment hérétiques.

I] est vrai que le Pape ne s'est pas servi du mot même hérétique pour les noter ; mais il a fait l'équivalent, en mettant en relief leur manière d'être par rapport à des vérités très-elairement contenues dans le dêpôt de la révélation. Cette manière d'être n'est autre qu'une contradiction formelle,

Le Père commun des fidèles, qui procède toujours avec une

extrême mansuétude, à l'exemple du divin Sauveur qu'il repré-

sente, uous signale d'abord la perversité des doctrines libérales. \ Il ne condamne pas encore les catholiques libéraux comme hérétiques, quoiqu'ils aient des opinions véritablement entachées d’hérésie. Comme plusieurs peuvent être et sont réellement de bonne foi, il leur donne le temps de reconnaître leur erreur et de a répudier. Mais lorsqu'il jugera qu’ils ont été suffisamment avertis, il prononcera l'anathème contre eux, s'ils s’opiniâtrent à ne pas vouloir appartenir à l'Eglise, et les déclarera ouvertement rebelles et séparés de la communion des saints.

Si on le consi lère attentivement, le libéralisme catholique appàrait à nos yeux comme une des formes multiples du protestantisme, ni plus ni moins. Et un fait qui démontre bien la grande affinité de cette erreur avec le protestantisme, c’est que les catholiques-libéraux, là où ils sont en contact journalier avec les protestants, comme au Canada, par exemple, sont tout de feu quand il s'agit de prendre les intérêts de ces derniers ; ils préviennent même leurs objections et vont au-devant de leurs désirs. Réciproquement, les protestants éprouvent une grande tendresse de cœur pour les catholiques libéraux ; ils les regardent comme des alliés précieux, comme des frères ; ils les défendent contre les condamnations de l'Eglise et leur proposent de faire cause commune avec eux pour la combattre.

Bien aveugles ceux qui ne verraient dans ces faits qu'une signification sans importance, Qui se ressemble, s'assemble, dit le proverbe. Si les libéraux n'avaient rien de commun avec les protestants, il n’y aurait pas entre les uns et les autres la bonne intelligence que l’on remarque.

Pour nous conformer aux recommandations de Pie IX, soyons plus que jamais sur nos gardes. Défions-nous des faux frères qui vont partout criant le mot PAIX. ls répandent les dissensions parmi nous, affaiblissent et même brisent les liens de l'unité, et favorisent la cause des adversaires. Telles sont les instructions que nous donne le Chef de l'Eglise ; il faut s’y conformer, et si quelqu'un, fut-ce même un ange, venait nous prêcher le contraire, nous devrions lui dire anathème.

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