CONCLUSION
D'après tout ce que nous avons exposé, nous sommes donc en droit de conclure que le libéralisme en général, c’est la liberté du mal et de l'erreur, affirmé, surtout en politique, comme nécessaire au complet développement de la vie sociale, ou favorisée d'une façon quelconque et dans une mesure quelconque, comme étant un bien pour l'Eglise et pour l'Etat dans notre monde moderne:
Quant au libéralisme catholique en particulier, si l'on n’en veut une définition plus développée, nous dirons que c’est l'erreur de ceux qui prétendent que le citoyen ou l'homme d'Etat peut, dans le but de faire régner la concorde, la charité et la paix, et de mieux favoriser par là les progrès de la société moderne et les intérêts de l'Eglise, sacrifier en tout ou en partie, sur le terrain politique, les droits de la vérité et de la justice, lorsqu'ils sont contestés par l’iniquité ou par l'erreur.
Il suit de là que l'erreur libérale est à la fois religieuse et politique. Considérée dans les circonstances qui l’ont fait naître, dans ses moyens d'action, dans le milieu ou elle vit et se meut, ælle est politique ; mais, considérée dans ses principes et sa doctrine, elle est religieuse, en ce sens qu'elle s'attaque à des vérités que l'Eglise nous enseigne et nous ordonne de croire.
De même que la société est en même temps civile et religieuse, ‘sans néanmoins cesser d'être une seule et même société ; civile, si on l’envisage sous un rapport ; religieuse, si on l’envisage sous un autre ; de même aussi, le libéralisme ne cesse pas d'être un parcequ'il a deux faces, l’une politique, l’autre religieuse, lesquelles vont toujours ensemble et ne peuvent être séparées que par une pure abstraction de l'esprit.
En d’autres termes, le libéralisme n’est pas purement politique, puisqu'il est condamné par l'Eglise, et que l'Eglise ne condamne que ce qui attaque la religion de près ou de loin, d’une façon ou d'une autre ; il n’est pas purement religieux non plus, puisqu'il travaille à changer les conditions d'existence de l'ordre social et politique, la nature des rapports qui doivent exister entre l'Eglise