PREMIÈRE OBSERVATION
Afjaiblissèmeni de la sensibilité et de la motiliié du côté gauche, céphalalgie du colé droit. Fièvre rémittente , symptômes gastriques, mort. Ramollissement de l hémisphère droit., rougeur gastrointestinale.
Marie Sandinopolo, d'une constitution nerveuse, âge'e de seize ans, entra à Thopital de Leucade le }G septembre 1817. Elle était atteinte d'une fièvre rémittente. Elle offrait un dérangement notable dans le système nerveux. Dès l'âge de i4 ans elle avait eu une paralysie du côté gauche de la face. Elle fut attaquée de cetle maladie avant la première apparition des menstrues. Celte attaque de paralysie fut précédée de pesanteur de tétc, <'e céphalalgie, de vertiges et d'éblouissemens.La sensibilité du côté gauche de la face était engourdie, ainsi que la molilité. Depuis cette époque elle ressentit dans les membres du côté gauche, dans le bras surtout, des fourmillemens; les mouvcmens de ces parties devenaient de plus en plus difficiles; leur sensibilité diminuait. Il y avait à l'époque où nous l'observâmes, affaissement du côté gauche delà face. Lorsqu'elle riait ou qu'elle éternuait , ce côté restait impassible, et elle ne pouvait fermer exactement les paupières du même côté. Il y avait diminution des fonctions sensoriales du côté gauche. Les membres affectés of-
fraient une diminution remarquable dans leur motilité; la sensibilité de toute la moitié gauche du corps était affaiblie.
A trois heures du même jour elle eut un accès de fièvre avec frisson, suivi de chaleur; pendant le paroxysme nous remarquâmes que le côté paralysé était devenu plus affecté ; en même temps la malade était tourmentée par une céphalalgie intense du côté droit. Elle était dans un abattement extrême, offrant des signes de stupeur, décubilus sur le dos, avec une apparence manifeste de prostration générale. La prunelle du côté gauche était un peu dilatée , la peau chaude , le pouls fréquent , la langue rouge et sèche; il y avait constipation, la respiration était un peu gênée. Ce paroxysme fut de longue durée, et il n'était pas encore fini, lorsqu'un nouvel accès fébrile plus intense que le précédent, apparut le 17. Les symptômes de celui-ci furent plus alarmans qu'ils n'avaient été jusqu'alors, et la malade succomba le 18 septembre à une heure du matin.
Autopsie 26 heures après la mort : Abdomen y la muqueuse gastro-intestinale était légèrement rosée; le colon et la vessie étaient sains. Poitrine : les organes thoraciques n'offraient rien de remarquable. 2ete : après avoir ouvert le crâne et incise la duremère , on remarqua de la sérosité un peu opaque entre l'arachnoïde et la pie-mère de l'hémisphère droit. Les circonvolutions de la partie supérieure de cet hémisphère étaient un peu affaissés et plus
épaisses que les circonvolutions environnantes. Le cerveau cédait à la pression des doigts plus facilement que partout ailleurs. L'endroit ramolli avait deux pouces environ de circonférence. Ce ramollissement s'étendait à peu près à un pouce de profondeur, et offrait une couleur verdàtre. 11 y avait peu de sérosité dans le ventricule droit ; partout ailleurs dans l'encéphale il n'y avait rien de remarquable,
REMARQUES
La nature des symptômes , ainsi que la progression de la maladie , indiquaient l'affection chronique du cerveau avec ramollissement : le côté affecté et la céphalalgie du côté droit faisaient soupçonner une affeciion du cerveau de ce côté , ce que l'autopsie a confirmé. INous ne dirons pas que la rougeur et la sécheresse de la langue pendant les paroxysmes fébriles , étaient un indice de gastro-entérite ; et Fautopsie a fait voir une légère phlogose de la muqueuse digestive. Il est à remarquer que [larmi tous les symptômes de l'affection chronique, c'était la paralysie de la portion dure de la septième paire qui était la plus intense. Enfin, on a vu que l'affection chronique est devenue plus grave pendant les paroxysmes fébriles , et c'est à l'exaspération aigu'c de cette affection que nous attribuons la mort de la malade.