‹ Coup d'oeil sur quelques appareils prothétiques. Premier fasciculeChapitre 13 sur 16 · DESCRIPTION D'UN APPAREIL QUI FACILITE CET EXERCICE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION D'UN APPAREIL QUI FACILITE CET EXERCICE

Par M. le docteur Tiupibu.

Lorsqu’on voit un certain nombre de paralysies des membres, on constate bientôt que, presque constamment, les muscles extenseurs sont plus profondément lésés que les fléchisseurs, ou même qu’ils paraissent exclusivement affectés.

Bien que la faradisation des muscles, dont le fonctionnement est compromis, ait souvent donné des résultats avantageux, je pense que ce mode de traitement ne doit pas être employé exclusivement et que, dans le plus grand nombre des cas, un moment arrive où une gymnnastique bien dirigée devient la ressource la plus utile.

L’indication est ici de faire exécuter au malade un ensemble de mouvements volontaires qui mettent surtout en jeu l’activité des extenseurs. Or, aucun exercice ne satisfait à cette indication aussi bien que la natation.

Mais la natation n’est possible que dans un petit nombre de localités, et seulement pendant l’été.

La natation suppose le bain frais. Celui-ci peut être contre-indiqué ; dans tous les cas, sa durée est trop courte pour qu’il soit utile de le conseiller uniquement en vue de l’exercice qu’y prendra le malade.

L’état du malade peut être tel que les mouvements qu’exige la natation lui soient difficiles ou impossibles, dans un milieu où il ne se trouve que médiocrement à l’aise.

Enfin, le plus souvent, le malade ne sait pas nager. C’est le cas de tous les sujets atteints de la paralysie étudiée et décrite dans ces derniers temps par M . Duohenne, sous le nom de paralysie atrophique graisseuse de l’enfance.

Convaincu de l’utilité des mouvements de natation dans un grand nombre de cas de paralysie des membres, et n’ayant pu conseiller cet exercice à quelques malades qui en auraient eu besoin, je me suis trouvé conduit à prescrire un appareil qui rendît possible et même facile la natation à sec.

Voici la description de cet appareil :

Quatre cordes réunies à leur partie supérieure soutiennent dans une position horizontale le patient que leurs extrémités inférieures embrassent en dedans des épaules et au niveau des aines, au moyen de bourrelets annulaires aplatis.

Ces quatre cordes inextensibles figurent les arêtes d’une pyramide quadrangulaire dont la base est formée par un plastron de forte toile destiné à soutenir le tronc et à empêcher le trop grand écartement des bourrelets annulaires qui le supportent.

La partie moyenne du plastron doit être prolongée latéralement, de manière à former une ceinture lâche ollrant prise a un cordage vertical qui complète la sustentation du tronc.

Le patient étant ainsi commodément suspendu, il reste à soutenir les membres pour les empêcher de tomber, et à créer à leur extension des résistances qui reproduisent autant que possible celles d’un milieu liquide dans lequel on nagerait.

On y arrive en coiffant les mains et les pieds de guêtres auxquelles s’attachent des cordons élastiques fixés par leur autre extrémité à la partie moyenne d’échelons qui relient les deux cordes destinées aux aines ou aux épaules. Plusieurs ressorts à boudins contribuent à donner une élasticité suffisante à chacun de ces cordons résistants.

On attachera le chef supérieur des résistances élastiques à des échelons d’autant plus élevés que les membres du patient auront plus besoin d’être portés.

Les choses étant ainsi disposées, les mouvements de natation peuvent facilement s’exécuter. Les efforts du malade seront dépensés uniquement à produire les mouvements d’extension, mouvements utiles ; le retrait des ressorts opérera ceux de flexion.

Indépendamment des services que cet appareil est appelé à rendre dans le traitement de la plupart des paralysies des membres, son usage dans les gymnases, les collèges et même dans les familles, permettrait d’apprendre à nager aux enfants en tr'es-peu de temps.

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