‹ Coup d'oeil sur quelques appareils prothétiques. Premier fasciculeChapitre 3 sur 16 · DU MASSAGE · texte numérisé non relu

DU MASSAGE

Par M. le docteur Le Bret, inspecteur adjoint des eaux d’Uriage.

La pratique du massage ou massement, aussi ancienne et aussi répandue que celle du bain, est représentée par diverses manœuvres de pression et de traction graduellement et alternativement exercées sur les parties musculaires accessibles du corps et sur les articulations. Apres être restée pendant longtemps à peu

0) ^ans notre derni'erc livraison, nous avons appelé l’attention de nos conefieres sur les bons effets de l’usage des appareils prothétiques dans le traitement des paralysies partielles. Pour compléter notre enseignement, il nous resterait a dire un mot de l’emploi des bains stimulants et du massage. Notre mstinguo confrère, M. Le Bret, vient nous offrir l’article qu’il a composé pour le iJictionnairc des eaux minérales , édité par J. -B. Baillière. Nous nous empressons de publier cette note ; elle donnera une juste idée de la valeur pratique < e l œuvre importante entreprise par MM. Le Bret, Durand-Fardel et Lefort pour la partie chimique.

pi cs confinée dans les coutumes de l’Orient et de l’Inde, ou dans les programmes d écoles gymnastiques, elle occupe déjà un certain rang en médecine thermale. Il est même des établissements, comme celui d ’Aix-en-Savoic, où le massage est l’objet d’une application spéciale; des stations renommées en France ont suivi cet exemple ( Luchon , (Jriage, Plombières, etc.); les médecins allemands commencent à le préconiser. Nul doute que cet utile auxiliaire de la médication des eaux minérales ne soit bientôt eu vigueur dans lq plupart des bains de l’Europe.

On sait, d une maniéré générale, que le massage a pour but, en provoquant des alternatives de pression et de dilatation sur la peau et sur les muscles, d imprimer plus d activité à la circulation capillaire et aux organes émonctoires, plus d énergie aux fibres et aux plans musculaires, de dissiper les commencements d’infiltration et d’engorgement, de rendre aux jointures leur souplesse et toutes leurs conditions normales. De plus, il résulte de cette pratique un bien-être assez marqué chez beaucoup de, sujets pour modifier, en se répétant, les conditions de l’économie entière. On aurait beaucoup d’intérêt à en connaître les réglés et les indications formelles.

Jusqu’à ce jour, l’exercice du massage a été abandonné à la direction empirique de gens plus ou moins habiles, mais dépourvus des moyens ou du désir d en transmettre l'enseignement. 11 est vrai de dire que l’habitude aide singulièrement à perfectionner la main du masseur, et que tel acquiert les plus merveilleux talents en ce genre sans pouvoir s’en rendre compte. Chez quelques-uns, la manipulation devient un véritable art. On comprend qu’alors l’imitation et en quelque sorte des aptitudes naturelles fassent plus que des préceptes généraux, d’ailleurs assez difficiles à poser.

Les écrits publiés sur la gymnastique, tant en France qu’à l’étranger, ne font que mentionner le rôle passif du massage et le prescrivent à l’égal des frictions et de la percussion, dans les cas oii les mouvements volontaires ne peuvent avoir lieu. Les traités d’hygiène en parlent comme d’un détail de mœurs particulier à certaines nations du Levant et qui trouverait parfois son utilité dans notre genre de vie. Les relations de voyages seules fournissent des renseignements sur la manière dont on masse en diverses contrées. Chez un grand nombre de peuples, vivant sous des climats différents, les Turcs, les Egyptiens, les Indiens, les Irlandais, les Russes, les Chinois, les habitants des îles de la mer du Sud, on rencontre cet usage; mais il ne se pratique pas chez tous de la même façon ni avec les mêmes soins. Il parait vraisemblable que les Iraclalores, dans le bain des anciens, avaient aussi leur procédé particulier.

• Ce n’est pas le lieu de reprendre un exposé descriptif qui n’aurait qu’un mérite de pure curiosité et qu’on lit en maint ouvrage. Mais le docteur Epp, de Durkheim, après un séjour et une pratique médicale d’une vingtaine d’années aux Indes orientales, a publié sur les pratiques balnéaires de ce pays des notions qui, sous une forme aphoristique, caractérisent très-bien les temps et le but du massage. Nous reproduisons ce qui, dans son résumé, a trait à la manipulation successive des membres et du tronc par le serviteur du bain :

« Après qu’il a fait exécuter à la tête et au cou des évolutions méthodiques, il saisit à pleine main la masse du deltoïde, la presse et la pétrit profondément, et étend les fibres musculaires dans tous les sens. Ensuite il masse le bras, pinçant les muscles de cette région, comme ferait un musicien sur la longueur des cordes d’un violon, jusqu’à l’origine de l’avant-bras ; même répétition sur le membre antérieur. Arrivé’ au poignet, il le soumet à plusieurs mouvements

de rotation sur lui môme; puis, il suit le trajet de chaque muscle tant dans h* paume de la main que sur la région dorsale, et sur la continuité des doigts, dont aucune articulation n’échappe aux flexions forcées et portées jusqu’au craquement le plus retentissant. »

L’auteur exprime cette dernière manœuvre en la comparant à la traction du pis de la vache nécessaire pour recueillir le lait. 11 fait remarquer auss que, pour mieux opérer, la main du masseur doit être solide et ne transpirer jamais. Les manipulations des membres inférieurs se suivent d’une façon analogue, en procédant de la région ischiatique pour presser et étirer successivement les muscles et les articulations de la cuisse, de la jambe et du pied. Les mouvements de flexion sont surtout calculés pour cette partie du corps; c’est ce que M. Epp entend par faire exécuter de nombreux huit de chiffre aux jointures mobiles; En dernier lieu vient le maniement du tronc lui-même. Les muscles des gouttières vertébrales, de chaque coté, sont refoulés et pétris sur leurs attaches et dans leur trajet, et immédiatement après c’est le tour des parois abdominales, que le masseur malaxe fortement jusque dans les moindres replis, s’attachant spécialement au massage de la région des reins. Parfois, lorsque le patient est couché sur le ventre, son masseur presse de tout son poids entre les épaules et agit à l’aide des genoux et des mains sur les articulations des vertèbres spinales qu’il parvient à relâcher et même à faire craquer. C’est là le dernier acte d’un ensemble de manœuvres qu’on assimilerait volontiers à des tortures et qui, néanmoins, si elles abattent momentanément celui qui les subit, lui communiquent, au bout de quelques instants de repos, une vigueur nouvelle et un équilibre parfait dans ses fonctions. On sait d’ailleurs quelle volupté les Asiatiques trouvent à ce complément du bain, indispensable pour eux, dans les deux sexes.

Le docteur Epp ajoute que le massage demande beaucoup d’adresse de la part de ses exécutants et qu’il est administré diversement, selon l’habileté du masseur et en raison de l’impressionnabilité des sujets. Il insiste surtout, et avec justesse, sur l’importance qu’il y a à s’adresser à un servant déjà expérimenté dans le métier et dont la main exercée procure les sensations les plus agréables, en dépit de puissantes pressions et des pratiques les plus extraordinaires. Aux Indes, comme nous le remarquons dans nos propres établissements, les femmes atteignent difficilement au degré de force et-dc dextérité que le massage réclame à la fois. M. Epp enjoint aux gens préposés à ces manœuvres de 11e jamais perdre de vue les yeux mêmes de leur patient et de respecter la prostration des forces lorsqu’elle se prononce. Une longue expérience lui avait permis de constater les meilleurs résultats du massage méthodique, pour le rétablissement de la santé générale, autant que pour le rappel de beaucoup de fondions frappées de torpeur, et il n’hésite pas à en recommander l’application dans les stations thermales de l'Allemagne.

Un seul opérateur suffit d’ordinaire pour le massage. A Aix-cn -Savoie, les frotteurs, ainsi qu’on les appelleront au nombre de deux, et, en même temps qu’ils dirigent l’eau d’une douche sur le corps, ils frictionnent la peau, massent les chairs, plient les jointures. En général, il y a avantage à commencer par les extrémités inférieures, contrairement à ce qui se passe en Orient, et à suivre pour ces opérations le trajet du sang, de la périphérie vers le cœur.

Le massage peut être pratiqué sans qu’on ait d’abord été soumis à l’action de 1 eau ; mais on le combine presque toujours avec les bains, les étuves et surtout avec les douches à percussion, soit simples, soit écossaises. La peau,

innneclée par l’eau ou par la vapeur, est d’autant plus souple et se prête davantage à un maniement graduel et prolongé. Les parties ligamenteuses des articulations participent à celte laxité. Pour peu que la position du sujet laisse ses muscles en relâchement, et c’est à quoi l’on doit toujours tendre, tout concourt à favoriser les effets du massement, tel que nous venons d’eu donner l’esquisse. 11 n’est pas nécessaire de démontrer la triple influence qu’il exerce sur la peau, sur les articulations et sur les muscles. Elle s’indique d'elle-même, et l’on ne s’étonnera pas qu’une pratique de cette valeur ait pu passer des habitudes orientales dans le domaine thérapeutique.

Le massage est conseillé dans toutes les affections dépendant du lymphatisme, dans celles qui se rattachent à la diathèse scrofuleuse, ou que caractérise un affaiblissement de l’organisme, à la suite des convalescences pénibles, dans certaines cachexies, à condition toutefois qu’aucun mouvement congeslionnel ne soit à redouter vers les organes. C’est en quelque sorte à titre d’exercice passif qu’il agit alors et qu’il complète efficacement l’emploi du traitement soit thermal, soit marin. Il est favorable également dans les affections rhumatismales chroniques, les contractures spasmodiques, les crampes et les névroses musculaires, ainsi que dans la roideur des articulations, les menaces d’ankylose. On a cité des engorgements de viscères abdominaux cédant aux manipulations décrites plus haut. Mais c’est surtout dans les cas de paralysie, avec imminence ou confirmation d’atrophie des muscles, qu’il deviendra utile de provoquer la contractilité de ceux-ci par un maniement intelligent. Ce que l’action du galvanisme réalise, pourquoi ne l’obliendrait-on pas en entretenant dans la fibre musculaire des propriétés de dynamisme et de nutrition que l’inaction contribuait à lui faire perdre? Les expériences de M. Brown-Séquard (Comptes rendus de la Société de biologie, 1849) ont démontré que les membres paralysés déjà atrophiés peuvent regagner leur volume normal et leur degré ordinaire de contractilité, malgré l’absence de l’action nerveuse. Le massage devra prendre place parmi les agents d’excitation recherchés pour ces circonstances, et il est un des moyens opportuns, sinon pour combattre la cause de la paralysie, du moins pour mettre les muscles en état d’obéir à l’innervation motrice le jour où celle-ci aurait repris son cours. Ce que l’on sait de l’électricité d’induction et de ses usages médicaux ne peut certainement pas être en conformité absolue avec les procédés de massement; mais ces deux modes de maintenir l’état physiologique des muscles se rapprochent sur plus d’un point. Ils concourront, l’un comme l’autre, dans beaucoup d'hémiplégies ou de paraplégies, et même de lésions des troncs nerveux, à préparer le retour d’un influx qui a besoin, pour déterminer des contractions, de se répandre dans des tissus sains et capables d’animation . Nous appelons l’attention des praticiens sur le parti à tirer du massage, d’après ces considérations sommaires, non-seulement eu égard aux changements qui s’opéreraient dans l’économie sous son influence répétée et ajoutée à celle des bains et des douches, mais encore au point de vqc d’une action locale qui paraît véritablement fondée.

destinés à prévenir la production des spasmes pendant l’exercice de la main, et spécialement la crampe des écrivains.

Parmi les lésions du système musculaire appartenant à la vie de relation, les moins vulgarisées, sans contredit, sont celles que notre collaborateur, M. Duchcnne, propose de désigner sous le nom de spasmes fonctionnels. La difficulté d’en fournir une explication physiologique, plus encore que la rareté du fait morbide (nous citerons pour preuve le bégayement, la crampe des écrivains, le strabisme intermittent, etc.î,a été la cause du silence des auteurs classiques. Nous pourrions ajouter à ce motif l’impossibilité où, jusqu’ici, l’on s’est trouvé de formuler un traitement efficace de ces accidents.

L'étude du fait pathologique que M. Duchenne vient de mettre sous les yeux de nos lecteurs nous dispense de nous arrêter de nouveau sur le côté dogmatique de la question; il n’en est pas de même du point de vue pratique, dont notre collaborateur a dit seulement quelques mots. Il attend que ses études spéciales lui aient suggéré la construction de nouvelles ressources prothétiques. Quant à celles que l'instinct des malades, ou la sagacité de ceux de nos confrères qui se sont occupés de venir en aide à ces infirmités, ont inventées, il n’en dit mot. Notre rôle de vulgarisateur nous porte à compléter son œuvre en exposant ici l’état de la pratique courante à l’égard de la construction des instruments destinés à prévenir la production du phénomène morbide, surtout pendant l’exercice de la main.

Parmi les divers spasmes musculaires provoqués par l’exercice de l’une des fonctions de la vie de relation, si le bégayement est le plus fréquent, par contre, 4 plus incommode est celui que nos confrères d’outre-Rhin ont désigné sous le nom de Screibe-krampf. Ce mot allemand que, par une élision, nous avons traduit par crampe des écrivains, signifie crampe de l’écriture, ou mieux crampe qui survient en écrivant. C’est également pour éviter une périphrase queM. Duchenne propose la dénomination de spasme fonctionnel au lieu de spasme pro voqué par l'exercice d’une fonction. Quoi qu’il en soit de la valeur de ces diverses dénominations, le fait pathologique qu’elles expriment ne peut laisser aucun doute dans l’esprit et" permettra aux praticiens d’indiquer, à ceux de leurs clients qui les consulteront désormais, les quelques secours consacrés par l’expérience, puisqu’on les leur aura fait connaître.

Là où la thérapeutique échoue encore, la science ne fait pas défaut à sa mission en signalant le moyen de prévenir la production d’un phénomène morbide, en attendant le moment où il lui sera possible de triompher de la cause qui le provoque.

Dans cette note il sera exclusivement question des accidents provoqués par l’action d’écrire, puisque les seuls modèles d’appareils prothétiques, destinés à prévenir les spasmes musculaires, ont pour but d’assurer cette fonction de la main. Le phénomène morbide qui vient l’interrompre n’est pas toujours le même. Tantôt c’est un spasme, simple contraction indolente affectant brusquement l’un des muscles qui maintiennent l'attitude du membre; d’autres fois une contraction continue, douloureuse même, qui a donné son nom à l’infirmité, la crampe, ou

bien une série de contractions cloniques que M. Cazenave a désignée sous le nom de tremblement oscillatoire, enfin la paralysie. A ces formes diverses on doit en joindre une autre, celle qui résulte de la rupture de la synergie musculaire qui préside à la fonction d’écrire, que l’on pourrait dénommer le bégayement des muscles de la main, pour employer une expression qui rende compte de suite du phénomène morbide.

Au point de vue des ressources de la prothèse, le spasme et la crampe peuvent être réunis ; les mêmes appareils préviendront la production de l’une aussi bien que celle de l’autre.

La fonction d’écrire est le résultat de deux actes musculaires, la préhension et le maintien de la plume par le pouce opposé à l’index et au médius, puis les mouvements successifs de ces doigts ou de la main, puis celui du membre entier. Le premier de ces actes, le maintien de la plume, qui exige la continuité de la contraction musculaire, paraît, dans la plupart des cas, être surtout la cause qui provoque la crampe. De là, l’idée venue à toutes les personnes affectées de cette forme de crampe de donner à leur plume des dimensions considérables, en la fichant tantôt dans un bouchon, tantôt dans une pomme de terre, ou d’écrire avec un paquet de plumes. Mais ces artifices grossiers permettent de signer ou d’écrire quelques lignes, rien de plus. Ils sont précieux cependant : l’art en est encore à sa première période, l’empirisme le guide, et ses meilleurs enseignements lui sont fournis par les patients eux-mêmes. Il met ensuite à profit ces notions pour la construction des appareils prothétiqnes.

Ces appareils doivent remplir deux indications principales : immobiliser les , doigts et donner à la main une attitude qui fasse appel à une synergie de muscles, autre que celle à laquelle sont confiés la tenue de la plume et les mouvements des divers segments du membre supérieur.

M. le docteur Cazenave (de Bordeaux), qui s’est occupé avec un zèle des plus louables de parer aux effets de cette infirmité, a eu tout d’abord l'idée d'immobiliser les doigts à l’aide de liens constricteurs en caoutchouc. Ainsi, nous lisons dans son premier mémoire, publié en 1846, l’observation d’un employé, âgé de trente ans, qui était affecté d’un tremblement oscillatoire de la main droite, compliqué de crampes des muscles de l’éminence thénar, de sorte que le pouce ne pouvait tenir la plume. Comme le patient était obligé d’écrire assez longtemps chaque jour, sous peine de perdre son emploi, il y parvenait en plaçant sa plume entre l’index et le médius, à l’instar des personnes qui ont perdu le pouce tout entier ou la phalange unguéale seulement (')• « Je résolus, dit M. Cazenave, de recourir à un autre moyen qui me semblait devoir réunir deux avantages, l’un de permettre à M. X“* d'écrire sans fatigue et sans préoccupation, l’autre de combattre les tendances vicieuses du pouce en le contraignant à garder longtemps une position donnée, mais seulement en écrivant. » Nous reproduisons ci-contre la figure de ce petit appareil contentif. Il consiste en un porte-plume armé de deux vis de pression et en

(') Dans un cas de mutilation semblable, il est facile de parer à la perte de substance subie par le doigt, et de lui permettre de faire opposition aux premières phalanges de l’index et du médius; on bourre avec du coton cardé la partie supérieure du pouce d'un gant que l’on adapte au doigt mutilé. Si la peau du gant est un peu ferme, il sera possible de tenir la plume, sinon on adapterait à cette extrémité du pouce un tendon artificiel destiné à maintenir l’opposition : ce tendon serait constitué par un ruban en tissu élastique fixé à l’extrémité interne et supérieure du doigt, puis contourné sur le côté externe du pouce et de son métacarpien, pour venir s’attacher à la manchette.

deux cercles de caoutchouc vulcanisé, pourvus cl^cun d'une vis de rappel. « Cet

appareil s’adapta très-facilement aux trois premiers doigts de la main deM. X“\ et, apres quelques jours d’exercice, il écrivait aussi facilement que lorsqu’il avait l’entière liberté de ses doigts. Après s’être servi pendant trois mois de ce procédé, une amélioration telle eut lieu, que le malade se crut guéri, et il écrivit sans le secours de son appareil. La cure ne fut pas de longue durée, il vit son infirmité se reproduire, et force lui fut de se soumettre à ne plus écrire qu’en recourant à l’expédient qui lui avait si bien réussi une première fois. » On le voit, M. Cazenave ne voulait pas seulement venir en aide à une infirmité, il tentait de la guérir en cherchant à rompre l’habitude morbide. Son essai thérapeutique n’a pas été couronné de succès, mais il n’en a pas été de même de l’usage de cet appareil au point de vue de la restauration de la fonction. Notre confrère cite un second cas dans lequel l’application de ces cercles contentifs a eu les mêmes résultats.

On connaît les bons effets de la compression directe des muscles comme moyen de prévenir et faire cesser les crampes. M. Cazenave a expérimenté ce moyen, et raconte plusieurs essais de l’emploi d'un brassard destiné à comprimer l’avant-bras au niveau du ventre des extenseurs du pouce ou de l’index, selon celui de ces muscles affectés. Un fait plus intéressant encore, à l’égard des effets de la compression, est celui d’un négociant de Bordeaux. Cet individu, âgé de cinquante-neuf ans, d’une constitution nerveuse, un peu bègue, subit des revers de fortune à la suite de la révolution de 1830. Trois années après, il commença à éprouver de la difficulté pour écrire. « Dès qu’il tenait sa plume, le pouce se portait involontairement en arrière, puis en dehors, et lâchait prise. Recommençant ainsi plusieurs fois de suite, il finissait par écrire assez mal et avec de si pénibles efforts qu’il en était malade. Dans certains moments le muscle n’obéissait pas à la volonté, lâchait la plume ou la tenait si peu serrée qu’elle tournait sur son axe et ne traçait que des lettres informes. Fait singulier, dès que quelque chose préoccupait M. X’“ ouïe distrayait, le pouce obéissait ; scs mouvements étaient normaux, s’harmonisaient avec ceux des autres doigts , l’écriture était facile, nette et courante ; la compression méthodique et modérée de l’avant-bras rendit les mouvements du pouce plus fa-

(idg. i.)

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