‹ Coups d'aile et coups de bec [microforme]Chapitre 26 sur 118 · LE DRAPEAU DU Î14ME GI · texte numérisé non relu

LE DRAPEAU DU Î14ME GI

Des arbres s'abattaient, Ce vacarme eftroyable De nos blessés couvrant les cris désespérés Se rapprochait toujours. Nous voyant entourés, Nous nous sentions perdus.

Soudain une estafette

‘irausmit au commandant l’ordre de la retraite. Une heure avant cela, par un autre courrier, Le général avait fait dire à ce guerrier :

“ Retraitez à l'instant.” Mais le courrier, sans doute, Sous les coups des vainqueurs dut succomber en route : On ne le revit plus. Ainsi le mouvement De recul s'opéra sans notre régiment.

Des lignard;: réguliers c'était le quatorziéme ; Un brave régiment trempé dans le baptême Du feu dès le début de la guerre. Plus tard, Vingt batailles avaient orné son étendard De nombreux coups de feu reçus dans la mêlée. Ce glorieux chiffon de bannière étoilée Était chez nous l’objet d’un culte bien fervent. [1 flottait ce jour-là, caressé par le vent, Et fièrement porté par le sergent Labelle, Lequel malgré le feu d’un peloton rebelle Sut nous le conserver.

Notre porte-drapeau Ne songeait pas du tout à ménager sa peau.

[ n'avait pas vingt ans, ce vétéran imberbe, Mais de son sang français il avait rougi l'herbe Des champs virginiens bien avant Cold Harbor.

On nous avait tué notre dernier major

Et notre bataillon, depuis une semaine,

Avait pour commandant un simple capitaine :

Le brave MeGibbon, un héros écloppé,

Qui, des prisons du Su récemment échappé, Nous était revenu plein d’ardeur et d'audace.

Il nous dit : “# Nous avons des rebelles en face, Tandis que, sur nos flancs, en arrière surtout,

On entend crépiter des coups de feu partout,

II nous faut cependant rejoindre notre armée.

La route en est reut-être en ce moment fermée. Nous allons déployer et marcher prudemment Afin d'arriver tous dans le retranchement

Où le reste du corps combat depuis une heure. Pour tirer il faudrait une raison majeure,

Des partis ennemis patrouillent la forêt, (J'admets que, pour ma part, je n'ai nul intérêt

A me ‘aire pircer, Si leur ligne d'attaque

Se dresse devant nous, il faudra qu'on bivouaque Entre deux feux, comptant qu’un hardi coup de main De nos soldats viendra nous dégager demain,

E:, si nous rencontrons une simple patrouille, Laissons-là doucement s’en retourner bredouille, Ne tirons pas un coup, car ilne faudrait pas

Avoir tous les maudits rebelles sur les bras.

“ Nous aurons, dispersés,;une chance plus sûre

D'échapper au péril; mais, à toute aventure,

Il faut prévoir le cas où l’on serait surpris.

Page 1