‹ Coups d'oeil et coups de plumeChapitre 18 sur 44 · UN CHRONIQUEUR HURON · texte numérisé non relu

UN CHRONIQUEUR HURON

Je sais fort bien que ce sont les sauyoges qui découvrent les enfants dans les bois et les viennent vendre aux parents, lesquels les paient avec leurs économies. Je m'étonne même toujours que les mamans — seulement les mamans — se laissent casser bras ou jambe et tiennent le lit pendant des semaines, sans que les gardiens de la loi tentent le moindre effort pour rechercher et punir les sauvages ; et je me demande où était le père pour n'avoir pas défendu sa femme.

Dans les pays où la civilisation a supprimé les sauvages, ce sont, je n'ignore pas cela, tout bonnement les papas qui trouvent les petits dans le potager, sous les feuilles d'un chou géant, et les rapportent à la maison sans battre leurs épouses. Celles-ci n'en sont pas moins malades, c'est vrai ; mais c'est la surprise, l'émotion, qui les cloue au lit : cela fait moins mal. On voit qu'il y a i^rogrès dans la méthode de peuplement.

En G-rèce, la méthode est aussi douce et plus poétique. Ce sont les cigognes, ces grands oiseaux voyageurs, qui apportent à travers les airs, dans leur long bec, l'enfant qui vient de naître. Où le trouvent-elles? c'est la seule chose que j'ignore.

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