LA BRETONNE
Ne porte plus de proche en proche
Tes refrains triomphants :
Tais-toi, tais-toi, vieille cloche !
Prières, restez en suspens !
Ne bougez plus, petits enfants!
LES BRETONS
Bretons, chrétiens, tendez l'oreille Et toi, sceptique, éteins ton sourire moqueur : De Du Guesclin qui se réveille Nous allons, sans doute, ô merveille !
Entendre parler le grand cœur!
le Cœur
Oui, c'est moi qui veille, dans l'ombre Du sépulcre lugubre et sombre Où, tout vivant, je suis muré ; Oui c'est moi, c'est bien moi, poète, Le cœur joyeux, aux jours de fête... Aux jours de défaite, navré !
Que de fois ai-je, de la sorte, Pleuré sur la Victoire morte, Et de joie ensuite bondi Lorsque s'en revenaient, joyeuses, Les phalanges victorieuses Sous les palmes que l'on brandit!
Oui, c'est moi qui forgeai des épées Pour vos anciennes Épopées...
Mais qui m'endormirai, joyeux, Quand, libre enfin de toute étreinte, Mon Pays n'aura plus en son âme une crainte,
Plus une larme dans ses yeux!
D'ici là, chaque fois, Bretons, que sur la France Fondra quelque Ennemi méditant son déclin, Moi, le cœur de Guesclin ressuscité soudain, Je lancerai mon cri de Guerre et d'Espérance : « Notre-Dame-Guesclin ! »
LES BRETONS
Orgues, chantez vos hymnes solennelles!
Cloches de Saint-Sauveur, de vos battants épais Rythmez, rythmez vos Chansons fraternelles! C'est aujourd'hui la fête de la Paix !
Mais, un jour s'il venait à fondre sur la France Quelque lâche Ennemi méditant son déclin, Le cœur de Du Guesclin, ressuscité soudain, Nous jetterait son cri de Guerre et d'Espérance
le Cœur Notre-Dame-Gucsclin !
LES BRETONS
Notre-Dame-Gucsclin ! ! !
(Dinan, le 20 juillet /902.}