‹ Coups de plume sincèresChapitre 30 sur 53 · LA LECTURE E\ WAGON · texte numérisé non relu

LA LECTURE E\ WAGON

Avez-vons entendu parler, cher lecteur, de ces temps reculés où l'on vv:)yageait encore dans le coupé ou dans l'intérieur d'une de ces lourdes voitures qu'on appelait des diligences? A peine était-on installé dans un coin de ces véhicules du bon vieux temps, à peine le cornet à piston du conducteur avait-il donné le signal du départ, que la conversation commençait entre les voyageurs. Au premier relai, la glace était rompue; au déjeuner, on était de vieilles connaissances, et au dîner, presque de vieux amis. Le déjeuner durait une heure ; le dîner au moins autant , et lorsque le bonhomme de conducteur venait prévenir que les chevaux étaient à la voiture, on se récriait, on tempêtait si bien, — ô aveuglement et injustice des hommes !— que le despotisme sans pitié ni merci des conducteurs de diligence était passé en proverbe. On montait et on descendait les côtes à pied; mais qu'on montât ou qu'on descendît une côte , on causait toujours. La conversation était l'âme naturelle du voyage, et celui qui eût voulu échapper à la conversation pour se réfugier dans la lecture

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