‹ Coups de plume sincèresChapitre 46 sur 53 · LA JUSTICE, LA LIBETÉ ET M. V. COUSIN · texte numérisé non relu

LA JUSTICE, LA LIBETÉ ET M. V. COUSIN

doute de cet effort de logique, se hâte de fausser compagnie.

Vous demandez à M. Cousin où est la limite de la liberté. — Dans la liberté même, répond-il.

Vous demandez encore à M. Cousin ce qu'on doit laisser faire à chacun. — On doit laisser faire à chacun ce qui lui plaira, à la condition que ce qui plaira à chacun ne portera pas atteinte à la liberté d'autrui. répond M. Cousin avec assurance.

Vous continuez à consulter l'oracle, et vous lui demandez maintenant quel est le gouvernement qui correspond le mieux à ces principes de liberté et de justice, et l'oracle éclectique, toujours avec la même assurance, vous répond : La monarchie avec deux cent mille électeurs et la législation de septembre.

Nous y voilà ! C'est la raison désintéressée qui a trouvé la théorie, et c'est l'ambition mesquine qui se charge de l'application; car, enfin, dans la pratique, on sait ce que valent les éclectiques comme on sait ce que valent les doctrinaires. Pour les uns pas plus que pour les autres, il ne s'agit de la liberté véritable : il ne s'agit que d'un peu plus ou d'un peu moins de liberté, selon leurs besoins du moment. Sous la Restauration, qui fermait les chaires de M. Cousin et de M. Guizot, il n'y avait pas assez de liberté; mais sous la monarchie de 1830, qui fermait les chaires de M, Edgar Quinet et de M. Michelet, il y en avait suflisamment. Après le 24 février, dont le souffle puissant balaya les idées doctrinaires et les idées éclectiques, il y en avait trop; et de nouveau, aujourd'hui, il n'y en a pas assez. Sur quoi donc vous appuyez-vous, maîtres

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